BORDE U
aussi ne les ignorait-il pas ; cl après avoir inlitiilé son chapitre : Des deux espèces de sensibilité, (inimale et organique, il finit ce même chapitre par déclarer qu'il n'y a pas deux sensibilités, qu'il n'y en a qu'une, que, « quoique (c'est lui qui parle) « les deux sensihilités, animale et oiganique, pi'é- « sentent, au premier coup d'œii, une différence « notable, cependant leur nature parait être essen- « tiellement la même , et que l'une n'est probac( blement que le maximum de l'autre. C'est tou- « jours la môme force qui, plus ou moins intense, « se présente sous divers caractères '. »
Et il ajoute : « ce qui varie la dose de scnsiljia lité ^, c'est tantôt l'ordre naturel : ainsi la peau, « les nerfs sont supérieurs, sous ce rapport, aux « tendons, aux cartilages, etc. ; tantôt ce sont les « maladies ; ainsi, en doublant la dose de sensibilité
1. Recherches p/njsiologiqups ski- lu eie et In mort, p. 101.
2. Voilà donc les sensibilités propres de Bordeu réduites à n'être que des doses diverses de la même sensibilité {xoyez, ci-devant, la note de la page 55); mais le fond du système n'y perd guère; Bicliat fait, avec les doses diverses de sensibilité, tout ce que Bordeu faisait avec les sensibilités propres. « C'est cette somme « de sensibilité déterminée pour chaque organe, dit Bichat , qui « compose spécialement sa vie propre, c'est elle qui fixe la nature « de ses rapports avec les corps qui lui sont étrangers, » p. 103. Le mot vie propre est substitué à celui de sensibilité propre ; et tout le changement est là. « Voilà, dit encore Bichat, comment « les bouches des lactés, ouvertes dans les intestins, n'y puisent
58 BORDF.U.
a des seconds, l'inflammation les égale, les rend « môme supérieurs aux premiers '. »
Le chapitre sur la contractUité commence par un titre tout pareil à celui sur la seiisibilité: Des deux espèces de contractUité, animale et organique^; mais il ne finit pas de même. L'auteur y reste plus conséquent avec lui-même, et la conclusion avec les prémisses. « Nous avons vu, dit Bicliat, que les « limites qui distinguent les deux modes de sensi- « bilité ne paraissent tenir qu'à la proportion plus « ou moins grande de cette force ;... il n'en est pas « ainsi des deux grandes divisions de la contrac- « tilité , considérée en général. L'organique ne « peut jamais se transformer en animale : quels « que soient son exaltation , son accroissement, « elle reste toujours de même nature ^ ; » c'est-àdire, car c'est là ce qu'entend Bichat, que les muscles de la vie organique restent toujours indépendants de la volonté \ et que les muscles de la vie animale y restent toujours soumis.
« que le chyle , et n'absoihent point les fluides qui se trouvent « mêlés à luij fluides avec lesquels leur sensibilité n'est point « en rapport, » p. lOC ; et Bordeu n'aurait pas mieux dit.
1. Recherches phijsiolofjiqiws sur lu vie et la mort, p. 104.