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DE LA

DE LA MÉTHODE PARTICULIÈRE QUE j'aI EMPLOYEE POUR MES EXPÉRIENCES SUR LE CERVEAU.

Dans mes expériences sur le cerveau, je me suis proposé deux problèmes : l'un physiologiqm y et l'autre philosophique.

§ I. — Problème physiologique.

Le problème physiologique était de localiser les fonctions de l'encéphale, c'est-à-dire de voir si chaque partie de cet organe avait sa fonction propre, et quelle était cette fonction.

Il a fallu, pour cela, me donner une méthode d'expérimentation, car jusque-là on n'avait point de méthode. On se bornait à faire un trou dans

le crâne, au moyen d'un trépan, et à enfoncer un stylet, par ce trou, dans l'encéphale* On blessait, par là, tantôt une partie, tantôt Tautre, tantôt plusieurs ensemble ; et de celte méthode aveugle on ne tirait que des résultais confus. •

Ma méthode consiste : l^ à mettre tout Tencéphale à découvert; i^ à voir ainsi les limites de chaque partie, à guider toujours la main par l'œil, et à ne dépasser jamais, dans mes blessures, les limites propres de chaque partie distincte ; en un mot, à

les examiner, à les éprouver, à les interroger toutes Tune après l'autre, et toujours Tune séparément

de l'autre.

Voilà mon procédé : par ce procédé les parties sont séparées ; la séparation des parties me donne la séparation des fonctions : toute fonction qui a un siège,, un organe distinct, est une fonction propre et distincte de celle qui a un autre siège ou un autre organe.

En procédant ainsi, j'ai des résultats certains.

En ne blessant que le cerveau, j'ai la fonction propre du cerveau, qui est Y intelligence.

En rie blessant que. le cervelet, j'ai la fonction propre du cervelet, qui est la coordination ou équilibration des mouvements de locomotion; en ne blessant que la moelle allongée, et, dans cette moelle

allongée, que le point précis que j'appelle le nœud vital, j'ai Yextinction soudaine de la vie, et je ne l'ai que par ce point seul.

§ n. — Problème philosophique.

Le problème philosophique ne m'a pas moins occupé que le problème physiologique.

On a cherché, de tout temps, quels étaient les rapports :

1** Du mouvement et de la volonté;

2° De la sensibilité et de Y intelligence ;

3® De la sensation et de la perceptioti;

4° De Vintelligence et de la vie.

Tout cela est résolu.

1<* Il y a indépendance complète du mouvemsnt et de la volonté; car, le cerveau enlevé, toute volonté est éteinte, et tous les mouvements subsistent;

2® La sensibilité n'est pas Y intelligence, car, le cerveau enlevé, toute l'intelligence est perdue, et toute la sensibilité, qui réside ailleurs (c'est-à-dire dans la moelle épinière et les nerfs), subsiste;

3° La sensation n'est pas la perception, quoi qu'on en ait dit, car, la sensation de la vision, par exemple, se perd par un organe, les tubercules, et la perception de la vision par un autre organe, le cerveau;

4^ Enfin^ Y intelligence esl complètement distincte de la vie, et la vie complètement indépendante de rintelligence, car, le cerveau enlevé, toute Tintelligence est perdue, absolument perdue, et cependant toute la vie subsiste.

Le problème philosophique n'est donc pas moins résolu, et non moins sûrement résolu, que le problème physiologique.

De la méthode en général.

Tout, dans les recherches expérimentales, dépend de la méthode ; car c'est la méthode qui donne les résultats. Une méthode neuve conduit à des résultats nouveaux; une méthode rigoureuse a des résultats précis; une méthode vague n*a jamais conduit qu'il des résultats confus.

Ce qui fait le caractère de ma nouvelle méthode expérimentale pour le cerveau, est, comme on vient de le voir, Visolement des parties.

Le but de rexpérimentaleur étant, en effet, de parvenir à la détermination précise de la fonction propre de chaque partie, il est évident qu'il ne

peut obtenir celte fonction propre, et l'obtenir dégagée de toute autre, qu'autant qu'il a d'abord isolé ou dégagé de toute autre la partie même de laquelle cette fonction dépend.

Or, je le répèle, c'est là ce qui ne pouvait être fait par aucune des méthodes d'expérimentation employées avant moi.

Haller dit : a Je plongeai, ou ce fut «M. Zinn qui

< le plongea, un trois-quarls dans le cerveau. Le a chien ne parut pas fort malade d'abord ; mais peu a à peu un assoupissement le gagna, il perdit le a sentiment et le mouvement ^ »

Il dit : a M. Zinn blessa le cerveau d'un troisa quarts, et peut-être ce fut moi qui le conduisis. Il a n'en arriva aucune suite funeste ^. »

Il dit : c< La dure-mère ayant été irritée sans au-

< cun accident, je plongeai le scalpel dans le cer- « veau. Des convulsions universelles parurent dans « le moment'. »

N'allons pas plus loin.

Ainsi, on plonge, on plonge à l'aveugle, dans le

1. Mémoires sur les parties sensibles et irritables, etc. T. I, p. 198 (traduction française)^ Lausanne 1756.

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