‹ De la vie et de l'intteligenceChapitre 30 sur 163 · V. — Unité de rintelligence · texte numérisé non relu

V. — Unité de rintelligence

L'intelligence tout entière est-ce une faculté une ? Réside-t-elledans tout le cerveau? Le cerveau tout entier (le cerveau proprement dit,, bien entendu), est-ce un organe un?

Ou bien Tintelligence n'est-elle que la collection de différentes facultés? Le cerveau n'est-il qu'une collection de différents organes?

Remarquez que si l'intelligence est une faculté une, est une faculté, l'intelligence est un fait et non un nom ; elle doit avoir son siège, son organe.

Au contraire, si elle n'est qu'une collection de facultés, ce n'est pas elle qui est le fait ; ce sont les facultés ; efàlors il ne faut plus chercher le siège de l'intelligence en général, mais le siège particulier de chaque faculté*.

Voyons d'abord l'expérience. Le cerveau propre-

1. C'est ce que fait la Phrénologie. — Voyez mon litre intitulé : Examen de la Phrénologie,

ment dit est le siège de l'intelligence : en l'enlevant tout entier, toute intelligence est perdue ; mais cela peut tenir à ce qu'on a enlevé un organe collectif, l'organe multiple d'une collection de facultés.

Or, on peut enlever, sur un animal, soit par devant, soit par derrière, soit par côtés, une portion assez étendue des lobes ou hémisphères cérébraux, sans qu'aucune faculté intellectuelle soit perdue : toute l'intelligence subsiste.

Mais, passé une certaine limite, dès qu'une faculté disparaît, toutes disparaissent.

Et il y a plus. On peut conduire l'expérience de manière que la lésion puisse guérir, et les fonctions renaître. Eh bien encore, dès qu'une faculté renaît, toutes renaissent. Tout se perd, tout renaît donc à la fois, tout n'est donc qu'un ; l'intelligence est donc essentiellement une faculté une.

Voilà la preuve physiologique de l'unité de l'intelligence; la preuve philosophique est bien plus forte sans doute ; mais il fautparler à chacun son langage, et aux mauvaises philosophies qui prétendent appui sur la physiologie, il faut montrer que cet appui n'est pas, et que la physiologie ne dément pas le sens intime.

Le cri le plus fort du sens intime est celui de

Yunité de Vintelligencôy de Yu/nité du moi.

YI. — Impassibilité da cerreau et da cenrelet.

Celle impassibilité est absolue.

On peut percer, de part en part, le cerveau proprement dit {lobes ou hémisphères)^ et Tanimal ne sent rien, absolument rien.

On peut le brûler, et Tanimal encore ne sent rien.

Il en est de même du cervelet : on peut le piquer, le percer, le brûler, le déchirer: l'animal reste profondément insensible.

Rien ne montre mieux ce que j'appelle spécialité de fonction.

Le cerveau perçoU^ et il ne sent point : il est impassible.

Le cervelet coordonne les mouvements, et il ne sent point : il est impassible.

La sensibilité, qu'on avait mise partout, est si bien, elle aussi, une propriété spéciale^ une fonction propre y une propriété ayant sa localisaxion^ ses bornes, qu'elle manque aux deux organes les plus élevés du système nerveux : Tôrgane de Yintelligence et l'organe de la coordination des mouvements de locomotion, le cerveau et le cervelet.

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