‹ De la vie et de l'intteligenceChapitre 55 sur 163 · I. — De la sensibilité récurrente · texte numérisé non relu

I. — De la sensibilité récurrente

J'ai reproduit, avec le plus grand soin, la belle expérience, encore aujourd'hui contestée, de M. Magendie sur la sensibilité récurrente. »

Si l'on coupe la racine antérieure d'un nerf, cette racine^ qui donnait auparavant des signes de sensibilité dans toute son étendue, n'en donne plus que par son bout périphérique : le bout médullaire est devenu insensible.

La sensibilité de la racine antérieure lui vient donc de la racine postérieure et non de la moelle.

Ce n'est pas tout. Si, laissant la racine antérieure in^ tacte, on coupe la postérieure^ la sensibilité de la racine antérieure est aussitôt perdue.

C'est donc, encore une fois, de la racine postérieure que vient la sensibilité de la racine antérieure,

\. Voyez le volume que je viens de publier sous ce titre : Éloge historique de F. Magendie, suivi d'une Discussion sur les titres respectifs de MM. Bell et Magendie à la découverte des fonctions distinctes des racines des nerfs, Paris, 1856.

Mais comment en vient-elle? Évidemment par retour, par circuit, ou du moins par demi-circuit. Et ce retour, ce demi-circuit ne se fait pas immédiatement.

On peut couper le nerf total, le nerf mixte, le nerf résultant de la jonction des deux racines, après le point de jonc^ tion ; M. Magendie Ta coupé 4 lignes, 6 lignes après ce point, et la sensibilité de la racine antérieure a été également perdue. '

Le retour ne se fait donc pas immédiatement ; il ne se fait que loin, très-loin, et par les extrémités mômes des nerfs, comme le retour du sang des artères aux veines ne se fait qu'aux extrémités mômes des veines et des artères.

IL — De la perméabilité de la moelle épinière à tous les sens de l'irritation.

Avant moi , on croyait que les irritations de la moelle épinière allaient toujours de haut en bas et ne remontaient jamais. C'était l'opinion d'Haller', de Bichat', de tous les physiologistes.

Voici l'expérience que je fis pour démontrer le contraire.

Je mis à nu, sur un pigeon, toute l'étendue de moelle épinière comprise entre les deux renflements (antérieur et postérieur).

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