‹ De la vie et de l'intteligenceChapitre 57 sur 163 · III. — De l'action réflexe considérée comme cas · texte numérisé non relu

III. — De l'action réflexe considérée comme cas

général.

En 1822, dès mon premier mémoire lu à l'Académie, je fis connaître les effets singuliers de l'ablation du cerveau proprement dit {lobes ou hémisphères cérébraux).

L'animal qui a perdu ses lobes a perdu aussitôt toute perception, toute faculté intellectuelle, toute volition.

Il a perdu toute volition, toute volonté, et il n'en conserve pas moins la régularité la plus parfaite de ses mouvements; il marche, il vole quand on l'y pousse; il s'agite quand on l'irrite ; si lui on pince une patte, il la retire; la queue, il Tagite, etc. En un mot, il a tousses mouvements et n'a plus sa volonté. *

Je dis que voilà le premier exemple du grand mouvement réflexe.

A la vérité, je n'employai pas ces mots : mouvement réflexe; je me contentai du mot reçu de sympathie nerveuse.

Voici comment je m'exprimai :

« En interceptant, par des sections transversales, deux ou « plusieurs portions de moelle épinière, on établit inconti-

1. Voyez mon livre intitulé Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux. Paris, 1824, p. 29 et suivantes. — Voyez aussi, ci-devant, p. 78. #

NOTES. i\b

<r nent deux ou plusieurs centres d'irritation. Pareillement, « en détachant un nerf de la moelle épinière, on localise « incontinent les irritations aux seuls nerfs unis avec lui.

« C'est donc par la moelle épinière que s'effectue la dis- « persion, ou, si l'on veut, la généralisation des irrita- « tions : généralisation qui constitue précisément ce que les ff physiologistes ont appelé sympathies nerveuses.

a Communément on attribue ces sympathies au cerveau. . (( Leur siège réel est la moelle épinière ; le cerveau ne fait « que les percevoir.

a La moelle épinière est donc l'organe ou l'instrument « des sympathies générales; les nerfs ne sont que des « instruments de sympathies partielles. * »

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