Tome II, p
lopper tout cela, le ranger, le diviser, le classer mélhodlquement, et transformer, par un travail de détail et de suite, une donnée de génie en un corps de doctrine posilif et précis.
n. — Caractères des deux vies.
Les deux vies étant posées, ce qui importe d'abord c'est de chercher les caractères qui les distinguent. Il y en a d'anatomiques et de physiologiques. Bichat n'en omet aucun.
Le premier des caractères anatomiques est la symétrie des organes de la vie animale et Virrègur larité de ceux de la vie organique ; le premier des caractères physiologiques est la continuité d'action de la vie organique et V intermittence d'action de la vie animale (et ceci nous rappelle tout à fait Buffon) ; puis viennent les différences des deux vies par rapport au mode d'action propre de leurs organes, Yharmonie dans les organes de la vie animale , et la discordance (c'est Bichat qui parle) dans ceux de la vie organique; puis les différences de l'habitude sur les deux vies, la vie animale qui se modifie par l'habitude^ et la vie organique qui (selon Bichat) ne se modifie point; puis les différences des deux vies par rapport au mo7^al , la vie animale ,
source de tout ce qui appartient à V entendement y la vie organique, source (suivant Bichat) de tout ce qui appartient à la passion ; puis les différences des deux vies par rapport aux forces vitales, sujet bien autrement important que tous ceux qui précèdent, et qui méritera, à lui seul, un examen trèsapprofondi.
Je ne veux, en ce moment, que jeter un coup d'œil rapide sur les quatre ou cinq autres caractères distinctifs qui viennent d'êlre indiqués, et voir si chacun, pris à part, se rapporte aussi exclusivement que le croit Bichat, soit à Tune, soit à l'autre de ses deux vies.
Il est impossible, d'abord, de n'être pas frappé de l'effort que fciit Bichat pour trouver des caractères qui tranchent et qui contrastent ; et comme ils contrasteront d'autant phis qu'ils seront plus absolus, Bichat les pose toujours absolus : tout est symétrique dans la vie animale, et tout irrègulier d^ns la vie organique; tout est intermittent dans la vie animale, et tout continu dans la vie organique; tout est harmonique dans la vie animale, et tout discordant dans la vie organique; tout est soumis à Yhabitude dans la vie animale, et tout y est rebelle dans la vie organique; et ainsi du reste.
Cependant, si nous en*venons à une appréciation
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sérieuse et un peu étendue, nous trouverons, dans tout cela, bien des mécomptes.
Je prends le premier des caractères difféirjitiels posés par Bichal : la symétrie des organes de la vie animale et Yirrègularité de ceux de la vie organique.
a La plus essentielle des différences qui distin- « guent, dit Bichat, les organes de la vie animale « de ceux de la vie organique, c'est la symétrie des « uns et rirrégularité des autres \ »
Et en effet, à ne considérer que la vie animale^ rien de plus vrai ; tout y est par paires ou symétrique, tout y est double : il y a deux yeux, deux oreilles, deux nez ou deux narines séparées par une cloison moyenne, etc.; il y a deux mains, deux pieds, deux bras, deux jambes, etc.; il y a deux cerveaux ou deux hémisphères, Thémisphcre droit et l'hémisphère gauche; deux moelles épinières ou deux moitiés de moelle, la moitié droite et la moitié gauche ; tous les nerfs de la vie animale naissent par paires, ou sont symétriques, sont doubles, etc.
Les anciens phjsiologisles savaient toutes ces choses, et les savaient bien : ils tiraient, de la tète aux pieds, une ligne médiane* qui séparait le corps