‹ De la vie et de l'intteligenceChapitre 86 sur 163 · Tome I, p · texte numérisé non relu

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t. Tome I, p. 203.

dire^ du ton de Bordeu. Je dois seulement constater un fail, c'est qu'à compter de cette moquerie spirituelle et vive, les esprits animaux et Vâme, j'entends remploi mal entendu de Vâme pensante, n'ont plus reparu dans l'école.

3° Du mécanisme de Boerhaave, — Pour en finir avec le système des esprits et celui de-l'ame, il avait suffi à Bordeu de quelques traits d'une ironie fine et judicieuse : pour venir à bout du mécanisme de Boerhaave, il lui fallait d'autres armes et un terrain plus sûr.

Bordeu le comprit; et c'est alors que, se fiant au sentiment qu'il a de ses forces, il entreprend cette longue et difficile suite d'expériences sur Vaotion des glandes, qui constitue son plus beau travail physiologique, comme ses études sur le tissu muqueux constituent son. plus remarquable travail anatomique.

Quand on demandait à un partisan de Boerhaave quelle est la force qui fait sortir la salive des parotides^ ou les larmes des glandes lacrymales, ou le suc pancréatique dn pancréas, etc., etc., il répondait : La compression des parties voisines, et il croyait avoir tout dit. Les parotides étaient comprimées par la mâchoire inférieure, les glandes lacrymales par le globe de l'œil, ie pancréas par l'estomac, etc», etc.

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Bordeu fait voir, non-seulement qu'à considérer les choses en elles-mêmes il n*est aucune glande qui soit comprimée, mais encore quil n'en est aucune où, à considérer sa position particulière et déterminée, la compression ne soit impossible.

On disait que la parotide se trouve comprimée quand la mâchoire inférieure s'abaisse, quand la bouche s'ouvre ; et Bordeu fait voir que c'est précisément alors que l'espace, compris entre les branches montantes de la mâchoire inférieure et la base du crâne, espace qui sert de loge à la parotide, est le plus grand*; et il ajoute, très -sensément que a la compression ne pourrait que nuire, au « lieu d'aider ^. »

1. <f La glande, disent les partisans de l'opinion que nonscom- « battons, est dans une cavité bornée par des os : cette cavité « diminue, puisque la mâchoire est portée vers la base du crâne, « la glande est dans un pressoir presque totalement osseux; il « est donc nécessaire qu'elle soit exprimée : en faut-il davantage « pour soutenir Topinion ordinaire?... Faites mouvoir la mâchoire « inférieure, ouvrez la bouche : qn'arrive-t-il? L'espace, formé « par les branches montantes de la mâchoire inférieure et par « la base du crâne, augmente bien loin de diminuer : la glande <( qui est nichée dans cet espace ou dans cette fosse, n'est donc « pas dans un pressoir... » Page 54.

2. « Nous concluons qu'on ne peut pas soutenir que la paro- « tide soit comprimée dans les mouvements de la mâchoire, et « que la compression pourrait nuire à la sécrétion et à l'excré- « tion ; de sorte qu'il faut surtout admirer comment cette glande « est placée merveilleusement entre des parties qui paraissent

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On disait que les glandes lacrymales sont pressées par le globe de l'œil ; et Bordeu fait voir qu'elles sont placées, ou, pour parler comme lui, nichées dans une cavité de l'orbite, à l'abri de toute compression ^

On disait que le pancréas était comprimé par l'estomac ; et Bordeu fait voir que l'estomac n'appuie pas môme sur le pancréas ^,

Et d'ailleurs, combien de glandes qui ne sont évidemment soumises à aucune compression , qui ne peuvent être soumises à aucune , qui sont isolées, libres, sur lesquelles rien ne porte et que rien ne gène : les reins ^, le foie*^

« devoir la gêner, sans que cependant elle soit comprimée. » Page 63,

1. « La fossette, qui est creusée dans la portion de la voûte « orbitaire du frontal , et qu'on sent évidemment vers Tangle « externe de Torbite, a été faite pour loger la glande qui se niche « dans cette cavité... Cette glande n'a été nichée dans une cavité « osseuse que pour n'être pas exposée aux efforts des parties du « voisinage... » Page 94.

2. « Est- il vrai que le ventricule appuie sur le pancréas? « Cela ne paraît pas possible... Plus le ventricule se remplit, et « plus il s'éloigne du pancréas... Le ventricule n'agit pas plus « sur le pancréas, lorsqu'il est plein que lorsqu'il est vide... » Page 113.

3. « Les reins paraissent être de tous les corps glanduleux les (c plus en liberté... » Page 116.

4. « Le foie doit être regardé comme une glande de celles que « nous avons appelées actives, ou qui ont un mouvement parti- « culier pour la sécrétion. » Page 179.

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les mamelles *, les organes générateurs ^, etc.!

La sécrétion ne dépend donc pas de la compression ^ : elle dépend d'une cause très-différente, et d'un ordre beaucoup plus élevé; et cette cause supérieure, générale, la même pour toutes les glandes, èsi Y irritation*^ Yexcitation^ : pour dire tout d'un seul mot, la semibilité^ ou Vaction nerveuse '.

Ici Bordeu accumule les preuves, et les plus décisives, les plus frappantes.

« Lorsqu'on sent quelque bon mets, dit Bordeu, « la salive vient à la bouche *. » Une émotion tendre

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