‹ De la vie et de la mort des nations, par l'abbé GabrielChapitre 13 sur 23 · DE LA SCIENCE, DE L^RT · texte numérisé non relu

DE LA SCIENCE, DE L^RT

pourras produire. Si, au cootraire^ de coopérant plus par ton action à mon action divine, tu abandonnes la matière à ellemême, elledeviendra aussi destructive etmortelle qu'elle peut être féconde et productive en tes mains. Les eaux stagnantes se changeront en miasmes impurs, en maladies, en poisons; les fleuves et les mers en inondations ; le feu du ciel en in* cendies ; les marais du Gange en peste ; l'air même eu véhicule de la contagion. Telle est la sanction de mou oeuvre. Mais, garde-toi de Toublier, tous ces biens et cette magnifia que souveraineté sur la nature entière, tu n'en jouiras qu'en t'élevant sans cesse vers moi par Tamour : autrement tous ces trésors se changeront en malédictions, et l'humanité se brisera de douleurs et d'angoisses au sein même de toutes ces conquêtes, qui lut deviendront d'autant plus fatales, qu'elle périra de misère et d'abjection par Tégoîsme même que ces puissances de la terre auront développé en elle.

L'arrêt s'est accompli. L'homme erre aujourd'hui au milieu de toutes ces merveilles de l'industrie, manquant de pain, enhaillous, et l'anatbème aux lèvres. La misère s'étend plus rapidement encore que le génie des inventions industrielles ; les convoitises ^'élargissent à mesure que manquent de plus en plus les moyens de les satisfaire ; l'abîme entre les hommes se creuse à proportion que s'universalise davantage le culte du veau d'or ; la société est arrivée à une crise suprême, elle se sent mourir par l'apogée même de sa civilisation matérielle. Ce n'est plus qu'un cadavre sans âme, parce qu'il est sans amour et sans Dieu.

Comprenez enfin cette mission sublime , cette grandeur incomparable de l'homme, appelé à être le coopérateur de Dieu, et à le manifester dans toute la création. Artistes, savants, industriels, hommes du sentiment, de la pensée et1de

TactivUé, à Tœuvre donct reprenez votre marche ascendante vers Dieu, et allez puiser en lui la triple vie dont vous êtes les manifestateurs I Vous avez voulu forcer Dieu à agir avec TOUS pour le mal, vous l'avez fait servir à vos iniquités : û^ dèle à sa loi souveraine, sans laquelle la création ne saurait exister, il a laissé sa force générale agir pour votre oeuvre de ténèbres et de mort. Mais la sanction de cette loi s'est bientôt fait sentir ; vous vous êtes entre-dévorés les uns les autres; là société s'est trouvée dissoute jusqu'au fond de ses entrailles ; pâles et stupéfaits, vous attendez l'heure qui sonnera la dernière catastrophe, et emportera jusqu'au souvenir de tout ce qui est encore debout.

Hélas I nos paroles elles^nêmes vous arriveront peut-être trop tard ; mais si elles ne peuvent prévenir cet universel déluge, qu'elles soient du moins le rameau de l'arche nouvelle; qu'elles vous rappellent, après les terribles leçons de Texpérience, à manifester Dieu, amour, vérité, puissance infinis, par Tart, la science et l'industrie renouvelés, qui succéderont , laissez-nous l'espérer, aux épreuves de ces grands déchirements. Artistes, savants, industriels, Sem, Cham et Japhet de cette autre rénovation du monde, préparez-vous, Theure vient, la voici, où, triples coopérateurs de Dieu, vous serez appelés à reprendre Tœuvre créatrice de l'amour, qui remplacera l'art , la science et Tindustrie actuels , ces trois foyers de la corruption universelle qui nous ont précipités dans Tablme.

Prophète d'un meilleur avenir, ah! fermons, fermons vite ces pages brûlantes, où, esclave de la vérité, nous avons dû, malgré nous-même, épandre en gémissements amers les tristesses de notre âme à ces désolants spectacles, et tracer avec une douleur profonde ce tableau d'une société

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