TROISIÈME PARTIE
JSm% aton^ inauguré la philosophie d« l'amour^ qui devi^nUtti-mémeune science spontanée.universelle, infaillible, et UM institution, un organisme social ; montrant en même temps que Tart actuel est une négation de Tart réel ou du beau, la science actuelle une négation de la science réelle ou du vrai, Tindustrie actuelle une négation de la société fBi'eile prétend constituer, ou du juste et du bien. Laissons maintenant ce monde» où s'agite la feule égarée dans toutes les voies du mensonge et de Tiniquité. Laissons-le se briser contre toutes tes limités de cette science qui tue, contre toutes lès corruptions de cet art qui dissout, contre ce pau<* périsme que l'industrie a fait aux sociétés modernes. Au milieu de ces ruines si grosses de tempêtes, laissons-le finir dans sa demière orgie les quelques heures qui lui restent. Ataai va rhumanité qui a perdu Dieu. Ainsi s'engloutit le vâisâetti cpii, sans mâts, sans boussole, a vonlu^ malgré le
signal des pilotes, naviguer sous un ciel sans étoiles et sur une mer furieuse» qui le précipite contre les écueils.
Mais, crions-le bien haut, ce n'est pas là le monde de rhomme dans sa nature vraie» c'est le monde que le Christ a foudroyé de ses incessants amathèmes, et dont il a dit : « Je ne suis pas du monde» le monde me hait» j'ai vaincu le monde ; » celui dont TApôtre dit : « Nous n'avons pas reçu l'esprit du monde. » Il y a donc un autre monde, celui du Christ» de l'Église, et de ceux qui ont vaincu l'égoïsme» l'orgueil et toutes les convoitises. Ce monde est Tiuverse du précédent. Là, chacun écrit la théodicée pratique avec la charité. C'est là qu'il faut chercher les vrais philosophes» amants passionnés, jusqu'au martyre» de la sagesse, fille de Dieu et de son amour.
Vous ne croyez pas à ce monde» vous qui ne voyez que la matière» ne connaissez et n'aimez qu'elle. Ekpourtaat l'histoire tout entière n'a qu'un fait, raison dernière de tous les événements accomplis en ce monde, c'est le parallélisme de ces deux cités qui commencent dès le premier jour de l'ha^ manité : Jérusalem etBabylone» Depuis Cain» ce premier des philosophes» Jubal, le premier des artistes, et Tuba^Caïo» le premier des industriels, jusqu'à ceux de nos jours, nous pouvons marquer siècle par siècle» génération par génération, jour par jour» che;; tous les peuples» en tous les lieux» dans tous les temps» chaci|n des anneaux de cette chaîne dont le premier» soudé à la parole de l'esprit tentateur en Édea, se rive indissolublement par un courant électrique oontinu aux lèvres du dernier des philosophes modernes. De m4me nous pouvpns suivre de Seth àNoé par Abraham, Isaac, Jacob» les patriarches» Moise, l'Église judaïque. et les prophètes jusqu'au Christ, et de Jésus-Christ à nous par k h-
gnée iDmterrompue des apôtres, des confesseurs, des inar<tyrs, des vierges^ des ordres monastiques et des saiuts ; nous pouvons suivre siècle à siècle, jour à jour, dans tous les lieux, dans tous les temps et dans tous les hommes, chacun des anneaux de cette chaîne du l)ien, dont le premier est dans la main de Dieu même, et dont le dernier ne s'arrêtera qu'avec la dernière des créatures qui naîtra pour aimer, bénir et servir Dieu et ses frères. Dans cette double filiation, dont la lutte constitue toute la trame de Fhistoire, fils d'Adam, voulez-vous être de la lignée d'Abel ou de celle de Caîn? compagnons des anges, voulez-vous être du camp des esprits fidèles ou de celui des esprits tombés? sous la baunière de Michel ou sous celle de Satan ? Fils de Dieu, cohéritiers du Christ , voulez-vous être avec saint Pierre ou avec Judas? Choisissez ; mais entre les deux, je vous le dis , point de milieu. « Personne ne peut servir deux maîtres. »
Qu'est-ce donc, ô mon Dieu ! que cet univers visible, pour que rhomme s'y attache avec tant d'amour? C'est un pont jeté sur le vide, un phénomène qui passe, une apparence qui meurt* Ombre fugitive des réalités éternelles, dont il est le syiid>oIe et la figure, il n'est point l'être quoiqu'il ne soit pas le ûéanty il n'est point la vie quoiqu'il ne soit pas la mort. Milieu des créatures en puissance de développement ou qui finiront demain, vaste réceptacle des germes dont l'essence est en vous, il n'est point l'existence vraie, mais seulement le chemin qu'elle traverse pour retourner à sa source. C'est la route dont nous sommes les pèlerins : mais confondrons-nous la route avec le voyageur? C'est le berceau de notire édosioa dans le temps : mais l'enfant devenu
grand confondra-t4l son berceau avec lai«méme, et prea-
dra-t-il pour sa mère les laoges dooi elle reaveloppA^ afin de soutenir sa faiblesse?
Nous sommes cet enfant^ ô mon Dieu, et notre père, c'est vous. Est-ce dans ce monde fini que nous étancberons neutre soif de l'infini ? Edt-ce à la matière ^ue nous demandederons la lumière de l'écrit et Tonctioa du cœur? fiftt-^ee à ce qui meurt que nous demanderons là vie, à ce qui passe que nous demanderons rétenûté ?
Qu'est-ce que les biens que la terre promet^ joies de ranimai^ esclavage de Ja chair et du sang, limite en tout., ombre et figure à la place de la vie, pour y lirer Son eieilr comme un captif à sa, chaîne ?
Sans doute, toutes les choses de ce monde ont été faites pour l'homme, qui est la raison deniière de 4^ettefliâiiifestation, dans le temps» de vos idées éternelles, la clef de vo Ate de la créatiotti et son pontife^foi» Mais oe sont les degrés de Téchelle de Jacob qu'il doit gravir pour s'élever à yohs. C'est l'ombre de Téteriielle réalité vers laquelle il s'aVaUce, la route qu'il traverse, pour s'élever de oe monde des figures et des symboles au monde des essences et de l'éterndle trie.
Gomment donc attacherait^il son cour et sa vie à œtte nature aveugle et muette, qui n'a conscience ni d» sM pmcipe ni de son but? Comment pourrait-il appU^er iMtes les puissauces et les facultés de son être i la p<»ssaa8Mtt de ces faux biens qiû dégradent l'âme, lorsqu'ils la détournant de son essor vers Dieu? Comment expliquer tet égaiMuat de Thomme et eette toange d^ravatîon 2
Dualisme vivant dans la nature mabériéUe qui kd sert d'enveloppe, que l'homme^ en un flimneiit d'ouiili de Sa grandeur, se laisse séduire en passant fêt les imafm Agitives des réalités suprême^ c'est là le sceau de aa lu^
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blesse et de son néant. Mais que notre cœur, que rien de créé ne mesure, s'arrête et s'enferme dans les limites de la matière; que l'essor illimité de notre âme prenne pour ses derniers horizons les bornes de l'espace et du temps ; que l'esprit, au lieu de conmanddr en maître, subisse Taveugle impulsion des sens; qu'il ne regarde plus en lui-même ni audessus de lui, et que, perdant jusqu'à la conscience de son abjection, il s'endorme dans ce hideux esclavage d'un som» meil sans réveil ; qu'aucune voix ne monte plus des profon^ deiprs de sa vie pour lui rappeler la honte de sa majesté outragée de ses propres mains, c'est là un prodige de dégra** dation et d'aveuglem€9it, que peut seul expliquer l'ignorance profoQd^ de nousrmémes et du but que Dieu nous a assigné .
Ge n'est pas seulument un crime contre voub> 6 mon Dieu, vms Uii crime contre nous-mêmes. C'est l'abdieatiofl^ le suicide de rame, qui s'est arrachée de vos mains, Sei«gneiir, pour se livrera réteruelie mort. Étoile éteinte aw cieux, astre égaré dans les déserts du vide, ombre dans la nuit, fantdme errant à la recherche de la vie dont elle a brisé la <;oupe, qu'est-ce que cette âme sans avenir, sans passé-, ^ans Di^u? Ce n'est pas l'animal qui mourra demain, car son être k elle est immortel comme sa sooffraaee ; ce n'esi pas l'homme qui sent l'éternité le soulever de la terre pour l'immerger au ciel ; c'est un être sans nom et sans but, c'est un spectre qui n'a plus d'autre demeure que les régions ter nébreuse^ de la m^rt.
Seigneur, Seij^eiir, arracha l'âme de l'homme à ces sér duction^ de la terre^ à ct$ limites du (emj^s qui nous eiiserreotde toutes parts oomme les pierres d'un sépulcre, iSi nous tiennent saisie de vertige sur le bord d'an iMme sans fond 1
{M JÉSUS-CHRIST ET L>ÊaLISE.
lilen «i le Yerbe.
La vie de rhumanité n'est guère qu'un flux et reflux continuel, une oscillation incessante entre deux erreurs. L'une, voulant embrasser directement Tinfini et absorbant ainsi tout en Dieu, mène au panthéisme, et de là au nihilisme, parce que Tiufini lui échappe toujours; l'autre, ne concevant, n'embrassant que la création, et absorbant tout dans l'univers visible ou la matière, conduit au matérialisme et à Tathéisme. C'est qu'en effet, en dehors du dogme chrétien de rincarnation, ou de l'union indissoluble du fini et de Tin* fini dans le Christ, il n'y a plus de communion, plus de lien , plus de rapport réellement senti entre ces deux termes, l'incréé et le créé, Dieu et l'homme.
Gomment en serait-il autrement? Ce qui constitue Thomme, c'est Tunion indissoluble de l'esprit et du corps. Or, l'être qui viole les lois de sa nature et de ses destinées aboutit nécessairement au mal, à l'erreur, au néant. L'homme ne touche pas seulement au fini, dont il partage la nature, il touche aussi à rinfitti par tous les besoins, par toutes les aspirations de son être. La presque totalité des hommes ne croit plus qu'au fini, et ne vit plus que de la vie de Té- .goïsme, de l'orgueil et des sens. Là est la raison de toutes les erreurs et de toutes les soufirances de notre époque. La vraie philosophie est donc celle qui rend à l'âme humaine toute l'ampleur de son essor vers l'infini, toute Penvergare de ses ailes pour monter à Dieu ; celle qui l'affranchit du
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joug de la matière, et la rend maîtresse et non plus esclave de cette limite du corps, qui ne doit être que Tinstrument de son œuvre ; celle qui l'arrache aux ténèbres dan$ lesquelles elle s'est endormie, etTillumine des splendeurs de la lumière divine* Ce n'est ni vous, princes de Fabstraction, faux savants noyés dans le vide de votre raispn solitaire, ni vous, fauteurs de passions égoïstes et charnelles avec votre ciseau, votre palette et vos pinceaux, rois d'un art qui ne reflète aucun rayon divin ; ni vous, manipulateurs exclusifs de la matière, avec votre industrie paupérifiante et votre paganisme de Futile. Ce sera Dieu, Dieu seul. Mais ce Dieu, où est-il? Il est partout, il est en tout. Vous ne le voyez pas : mais il est présent, il vit et agit partout» dans Funivers, dans Findividu, dans l'humanité. Mettez la main sur votre cœur, et si vous le sentez battre d'un amour saint, dites : Le voUà. Mettez la main sur le cœur de Fhumanité, et là où vous sentirez palpiter Fesprit vivant d'amour dans l'Église et les saints, dites : Le voilà. Contemplez les beautés de la création, prêtez l'oreille à toutes ses harmonies mystérieuses, et lorsque vous entreverrez au fond de toutes ces voix Fuoité de leur rhythme, dites : Le voilà. Lorsque vous le touchez et le sentez à tous les points de Funivers, de votre cœur et de la société^ comment pourriez-vous dire encore : Je ne le connais pas? Vos philosophes vous Font dit : Dieu en luimême ou FInfini est trop haut, trop profond pour les limites étroites de notre être. Voilà pourquoi, dit saint Augustin après saint Jean, il s'est abaissé jusqu'à nous ; « Et le Verbe s'est fait chair. x>
En effet Dieu, inaccessible à l'homme dans Fabime de son infinité, serait pour nous, brisés dans notre vraie vie, comme s'il n'existait pas, s'il n'avait pris notre propre na-
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lurè, 86 révélant de nôtre faiblesse ^our nous unir à sa puissance, de notre infirmité pour nous couvrir de sa gloire» de notre vie pour la faire participer à sa vie étemelle, se rendant responsable et solidaire pour rhumanité, afin qu*à son tour chacun de nous se itt responsable et solidaire pour tons ses flrères. Ce Dieu, ne le connaissez-voiis pas? Son nom dans l'histoire c'est Jésus-Christ ; la date de son âge terrestre, dix-huit cent cinquante-sept ans ; son corps visible c'est rËgiise, sainte société des âmes ; son livre écrit, rÉvangile ; la communion de sa vie, le culte et les sacrements.
' Voilà la réalité. A côté d'elle que signifie le vide de vos abstractions? Avec vos mailres vous glorifiez le Verbe, et vous avez été jusqu'à dire qu'il est votre raison. Mais depuis dix-huit siècles votre raison a-t-elle créé une société des Ames, une solidarité des homines? Cette prétendue raison n'est*elle pas au contraire ce qui divise et désolidarise? La raison c'est la limite dans l'être, dans râmour, dans la vie. Le Christ au contraire c'est l'amour, c'est le sacrifice, c^èst là croix, c'est le Thâbor inauguré par le Calvaire, la résurreiètion par la mort, l'ascension par l'holocauste. Le Christ c'est l'Église, cité des saints, société éternelle des âmes, solidarité universelle des hommes entre eux et avec Dieu. Voilà Dieu partoutprésent, partout vivant, partout agissant au milieu de nous. Voilà l'homme rendu à toutes les lois de ta véritable nature et de ses destinées iûimortelles.
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ai.
IMMCM d« (MU et é* VlnftiL
Où Ht-il cd Dieu rendu visible h Phunâmtét II est étm rÉgtise, dans eette seeiété universelle qui se ééveleppe k travers tous les lieux et les siècles, depuis le bepeesu du genre humain, patriarcale, nationale, puis universelle en eattolique. La présence vivante de Dieu s'y manifeste par la permanenoe de cette société des âmes, cpil subsiste sans itttçrruptinn h travers tous les siècles. Bile s^y manifeste par cette solidarité continue des saints, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges, des Pères et des docteurs, et par les feits aussi éclatants qu^innombrables qui revêtent l'action de son esprit vivant de sacrifice et d'à* mouv. Attendu quatre mille ans avec une inébranlable espé* rance Jusqu'à la crèche de Bethléem, réalisé depuis bientét deux mille k partir du Calvah^e, ce fliit universel domine toute rhistoire, et la résume. C'est là seulement que vous trouvez l^omme dans Tharmonie de sa double nature, tou^ jours brisant les bornes du créé pour s'élever de plus en plus vers IMneréé. Là seulement se trouv^ élevée à sa plus haute puissance l'union du fini et de l'infini dans le Christ, Dieu et homme. Tandis que l'Inde s^abtme comme en un long rêve dans nnfini, et que la Grèce et Rome vont se perdre en une longue saturnale dans le fini, greffé sur l'Élobim de la ^u« dée, le Christ apparaît, terme médiateur de l'un à l'autre, et unissant à leur centre divin TOrient et l'Occident, point de départ d^un mouvement ascensionnel qui désormais ne
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doit plus s'arrêter. Sublimes et ravissantes barmoaies» je vous contemplerai dans votre Type idéal, dans le fils de Marie, qui est aussi le Fils de Dieu !
Ce mystère est le dernier mot de Tbomme, de la création et des rapports de l'bomme avec Dieu et avec ses frères. L'Église vient qui me dit : Au jour marqué par les prophètes apparut Jésus^Christ, Fils de Dieu et fils d'une Vierge, Dieu et homme tout ensemble, dans Tunion des deux natures en Tunité de la seconde personne de la Trinité. Sa voix de dix* huit cents ans, que tous les échos du monde chrétien répètent encore aujourd'hui, mesuf&t.Gommenten effet supposerions^ nous notre raison isolée et individuelle supérieure à cette raison commune de l'histoire et des siècles, qui compte par centaines de millions des intelligences humaines ? Ne se* rait-ce pas le combFe de l'orgueil et de la folie, surtout quand cette croyance de l'union des deux natures dans le Christ, ou Dieu fait homme, est la solution unique et complète de tous le^ problèmes de la vie et de la destinée humaine? Si cette raison ne vous suffit pas» laquelle admettrez-vous donc ? Car enfin de quoi s'agit-il ? De former la société des âmes, et leur solidarité universelle. Or, si vous commencez par vous séparer de cette société déjà existante, en oppo«< sant votre raison individuelle à sa raison collective, si chacun part ainsi de soi pour aboutir à soi , où voulez-vous que puissent trouver] place la société des esprits et leur mutuelle solidarité ? Savez-vous quel est cet acte que vous faîtes vis-à-vis de nous, cité vivante desimes qui sommes depuis six mille ans, qui étions hier et à chaque génération comme aujourd'hui, qui étions avec tous ceux qui ont attendu le Christ quarante siècles? C'e^ un acte pur d'égoïsmeet d'orgueil, suicide spirituel de vovs-^mêmes, cm*
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c'est nier la raison individuelle elle-même que de vouloir la mettre en contradiction avec la raison collective et sociale de dix-huit cents ans. Et comme une idée solitaire absolument individuelle, permanente, et opposée à Tidée de tous constitue la folie, l'acte par lequel vous dites : c( J'ai raison contre TÉglise, » n*est-il pas Facte d'un fou ? permettez- Bous de le dire, si déjà la raison ne vous Ta dit elle-même. L'étrangeté, et, si Ton peut ainsi dire, la surnaturalité de ce dogme, qui vous choque, est précisément ce qui en dé* montre la divine origine. Savez-vous en quoi consiste rigoa« reusement le mystère que nous venons d'énoncer? D'abord la nature divine, que nous n'avons pas à définir ici, puis la nature humaine , c'est-à-dire une âme et un corps comme les nôU'es. Dans cette âme, un amour, une intelligence, une activité, en un mot ce qui constitue un homme, une personnalité, tandis que ces trois choses dans le C!hrist y sont sans personnalité humaine. Or, une semblable conception, en opposition absolue avec Texpérience de tous les jours et de tous les siècles, pouvait-elle sortir de l'esprit de Thomme? Évidemment non. Lors même qu'elle en fût jamais sortie, pouvait-elle devenir la croyance commune de Thumanité, et le dogme qui la régit depuis dix-neuf siècles? Non, mille fois non. Et parce que Vidée a une réalité objective, la logique, que vous invoquez si souvent, vous force à conclure à la réalité du dogme chrétien, sous peine de dire que Thomme a imaginé ou créé un être en dehors de tous les êtres connus, et fait ce que Dieu lui-même n'a pas fait» et que dix-huit cents ans durant le genre humain a vécu, prospéré, grandi, en se nourrissant d'une chimère, d'une iippossibilité.
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