‹ De la vie future au point de vue socialisteChapitre 5 sur 5 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Une consolation est cachée dans l'espérance d'une autre vie, nous avons voulu poser cette consolation sur une base philosophique. Nous avons appelé la science en témoignage de nos destinées futures, et la science a dit à l'homme : « Tu revivras ! »

Nous avons écarté le point de vue mystique ; nos preuves ont été tirées de l'ordre naturel des choses. Quand même le principe des matérialistes serait vrai , ils ne seraient pas en droit de conclure contre nous à la destruction complète de l'être ; car des germes de renaissance peuvent aussi bien être déposés dans la matière que^dans l'esprit.

Jusqu'ici la science a été le privilège des riches. Eux seuls ont le temps , l'éducation et les instruments nécessaires pour pénétrer dans les secrets de la nature. Et encore , à part quelques exceptions honorables, que savent-ils ces savants titrés , reconnus par l'Etat , qui dévorent dans leur grave oisiveté le tribut de la veuve et du prolétaire? Couvrir sous un air sentencieux et doctoral leur fastueuse ignorance.

Le moment est venu ou la science va revêtir les caractères d'une révélation publique.

Je dédie ce livre aux pauvres. Il y a les pauvres de l'esprit et les pauvres du cœur, ceux qu'écrase le sentiment de leur impuissance en face des maux d'une so-

ciété injuste, ceux qui soufirent dans leurs affections , dans leurs rêves et dans leurs espérances froissées. Il y a les pauvres du travail et lespauvres de la maladie , ceux qui succombent sous le poids du jour ou de la fatigue morale pour distribuer le pain matériel à leur femme , à leurs enfants en bas âge ; ceux qui portent dans leurs organes affaiblis la trace d'une vie tout entière de privations et de labeurs. Il y a encore les pauvres de la conscience , ceux qui , sollicités par le besoin ou par des influences coupables , ont aliéné leur honneur, leur liberté. Je m'adresse à tous ceux-là ; je les embrasse tous dans la charité de la science. C'est un bonheur et une consolation que de se soulever les.uns les autres vers la connaissance des lois éternelles qui régissent le monde , l'humanité ; c'est un bonheur que de se dire les uns aux autres : « Nous revivrons ! »

Travailleurs , mes frères , ce que vos ravisseurs , les usuriers et les exploiteurs du travail , ne vous enlèveront pas , c'est ce que vous aurez acquis au-delà du temps. Vous êtes dans la meilleure disposition d'esprit pour atteindre à la véritable intuition philosophique , pour découvrir la théorie de vos destinées et la formule de vos droits. La souffrance est une initiation à la lumière : comme T enfant qui pleure en fixant le soleil , r humanité voit Dieu à travers ses larmes.

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