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l a dè nt comme du bon pain ] ; m, • re de I anti iennent pas on.
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la journée j'ai i'aim.
Oncle meunier ne s'étonne pas de me savoir à Paris; il croit que j'y suis momentanément avec Valère pour les affaires de la maison de Nice. Marine paraît le croire aussi, mais ses lettres contiennent toujours des phrases qui ressemblent a des
q Tvèc n Firmin j'ai retrouvé des dimanches de fêtes. Sa ville de garnison, peu éloignée de Pans. h permet de faire l'aller et le retour dans la même journée. Nous aimons à revoir les endroits ou s est passée notre enfance et nous faisons de longues stations au Jardin des plantes.
J'évite de passer auprès des carnassiers; leur vue me cause un malaise long à se dissiper; j ai pitié de ces bêtes à l'affût de tout ce qui remue et de tout ce qui vole et toujours prêtes à bondir pour une proie possible. Firmin qui connaît mes préférences dit en riant : « Fuyons les bêtes qui guet-
tent, allons voir celles qui broutent. » Lui-même préf< i les bêtes inoffensives, mais il se plaît surbout auprès des fleurs qui lui rappellent le nom de fiancée. Assis près de moi, à l'ombre d'un marronnier, il me parle longuement de son mariage qui doit avoir lieu au printemps prochain. Et comme il n'a plus à tenir compte de la volonté du grandpère de Rose, il compte bien quitter l'armée à la tin de son rengagement. Je m'inquiète de son avedr. Il n'est pas adroit au commerce comme Valère, et sorti de la caserne, il lui faudra bien reprendre sa vie de petit commis dont il n'était guère satisfait.
Mais Firmin se fâche : « Pas un jour de plus je ne resterai à la caserne, tu m'entends? » Il rit soudain et se moque :
— On n'y manque de rien cependant.
Il passe les mains à rebrousse poil sur son vêtement :
— Vois comme je suis vêtu de drap fin. Clémence n'en exigerait pas de plus beau pour son
manteau des dimanches.
Dans ce jardin où des groupes d'enfants nous entourent, nous nous plaisons à parler de la venue prochaine du mien. Firmin ne reçoit pas de réponses aux lettres affectueuses qu'il ne cesse d'écrire à son ami. Malgré cela il est certain que Valère ne me tiendra pas rigueur de mon éloignement lorsqu'il verra son fils beau et bien portant. Il sait, par un camarade dont les parents demeurent à Nice, que le magasin de chaussures est de mieux en mieux achalandé. Il espère que Valère est maintenant assagi et sobre, et sur cet espoir
I \ VILLE) AU Moi ;
il bâti! pour moi des joies doue t durables.
Je ne >is | ttant que ! rmin ;< la .
i-\ enue de Valî n\ iaais je ae p<;u.\ en cher rua p.:, e 'li' s'en aller à tout m< it la vieilli
i\ de la Crapaude. Et parf i m sir d'y
toun isl si ; ind qui me sens capable de tout bravt pour cela.
Court h bord du bs □ ou sur le Vingt j'ai rappi un à un les souvi * ",; Qq oes trois années qui viennent de passer. Un à w
lussi, les r rets sont venus; ils se sont groupés dans mon cœur et l'ont empli d'une a insupportable. J'ai cédé sous leur poids et e suii accablée de reproches : « Sotte Annette Beaubois! il fallait vaincre ta répugnance du vin et en endre le goût au contraire, ainsi Valère Chatellier n'aurait pas eu à feindre, et c'est avec toi qu'il se serait enivré et non avec Bambou. S'enivrer n'est rien, c'est un vice qui ne fait tort à personne, et lorsqu'on aime un être par dessus tout, mieux vaut partager son abjection que de s'en séparer. »
Pour me donner raison, j'avais l'exemple de mes voisins de palier, un vieux ménage d'ivrognes habitant la même chambre depuis plus de vingt ans. Ces deux là ne possédaient que leur bonne entente; la fête commençait pour eux le samedi soir et durait toute la journée du dimanche. Il fallait entendre la voix toute fléchissante de tendresse de l'homme, lorsque rapportant une nouvelle provision de vin et incapable de retrouver sa porte il appelait : « Caroline! Caroline! » Il fallait entendre aussi le pas trébuchant et les bégayements de Caroline s'empressant au secours de son mari. Ce
couple était la risée des autres locataires. Qu'importait! cps deux ivrognes étaient sourds et aveugles aux moqueries ot vivaient heur- s l'un >rès
le l'autre. Pourquoi n'en serait-il pas de môme pour nous.
Brusquement ma détermination fut prise; j'allais tout de suite commencer à boire du vin et, d^ l'alcool et, ma répugnance vaincue, j'irais retrouver Valère qui ne pourrait plus douter de ma grossesse devenue parfaitement visible. Mais comme je me mettais à la recherche d'une bouteille, mon enfant a frappé à la cloison. Il frappait à petits coups répétés comme pour me dire de prendre garde, et aussitôt j'ai revu les gestes stupides et maladroits du vieux ménage, j'ai revu les yeux éteints et comme noyés de Caroline, ces yeux qui ne s'animaient que le samedi soir lorsqu'elle surveillait comme des jumeaux chéris les deux litres de vin qu'elle rapportait dans son panier. J'ai entendu le rire mêlé du mari et de la femme, ce rire sans profondeur ni joie et qui me faisait toujours penser au gargouillis d'eau sale de la buanderie.
De mes deux mains bien appuyées j'ai apais<
l'enfant :
— Cher petit! C'est toi qui es sage, et tu peux être tranquille, jamais ta mère ne se rendra pareille à ces gens-là.
] sage-femmo haussa le petit dans la lumière
lit : ,,.
— C'est un beau garçon, mais grand Dieu qu il
est m ,Te.
Et sévèrement elle me demanda :
— Vous n'avez donc pas mangé à votre faim pendant votre grossesse?
C'était vrai, je n'avais pas toujours mangé à ma faim, et la pensée que mon enfant était maigre par ma faute me fut si pénible que je ne pus retenir
mes larmes.
. La sage-femme s'adoucit :
— Allons, ne vous tracassez pas, vous allez y remédier ici, et. tournée comme vous l'êtes, vous ne manquerez pas de lait pour nourrir ce petit
homme-là.
Oh! non, il ne fallait pas que je manque de lait! Je n'avais pas manqué de courage pour élever les enfants de mes parents, pourquoi manquerais-je de lait pour nourrir le mien?
I «l'aperçus très vite que je n'aurais aucun souci de ce côté-là et ma joie fut grande. Cette joie
i DE LA VIU,E AU MOULT \
diminuait cependant lorsqi je regardais téter mon petit. Il tétait goulûment, mais après quelques go] ses, il semblait étouffer, et rejetait d'un seul coup tout le lait qu'il venait de prendre.
Dans cette salle d'hôpital où nous étions une quinzaine de jeunes mères, l'infirmière ne pouvait s'attarder longtemps auprès de chaque berceau. Elle me dit sans s'inquiéter :
— Beaucoup de nouveau-nés rejettent le lait.
Je remarquai bientôt que les autres nouveaunés s'endormaient après chaque tétée, tandis que le mien pleurait presque sans arrêt. Ma voisine de iit qui en était à son troisième enfant me dit tout bas :
— Il pleure la faim, votre petit, donnez-lui à téter en cachette.
Je parvins à suivre ce conseil. L'enfant ne gardait pas mieux le lait mais il arrêtait un peu son cri plaintif. Après quelques jours, tous les autres bébés avaient augmenté de poids alors que le mien pesait moins qu'à sa naissance.
La sage-femme eut vers moi un regard soupçonneux :
— Qu'est-ce que vous faites donc, vous, avec votre enfant, vous faite semblant de lui donner à téter?
Ce n'était pas ce reproche-là que j'attendais et je n'y fus pas sensible.
Elle reprit, mécontente et s'adressant à l'infirmière :
— Surveillez cela, n'est-ce pas!
Je ne sais si l'infirmière tint compte de cet ordre mais à partir de ce moment, je surveillai attenti-
DM LA VILLE ATJ MOULIN 1
vement chaque tétée de mon enfant, et très vif i iquis la certitude q i rien ou presque i n i ce qu'il ] b n bait dans son estom; . Non
.•ni, 'm, ut il ri il l« l.'ni. mais tandis i ill , le lait lui échappait et coulait en deux fines rigole aux coins de sa petite bouche! Au lorsque la sage-femme entra de nouveau dans la salit je i .-
pelai :
- Madame! mon petit .1 quelque cho dans h ' r ge qui le gêne pour- téter.
Elle ne me laissa pas dire autre ch< rit
l'enfant qu'elle mit adroitement à mon sein. Et, comme il le prenait goulûment, selon son habitude, olle haussa les épaules et voulut s'éloigner.
Je la saisis par le bras :
— Attendez!
Mon accent avait été si impérieux qu'il me surprit et me fît rougir. Cependant je continuais à tenir si serré le bras de la sage-femme qu'il lui
fallut bien attendre et constater que je disais vrai.
Des médecins vinrent examiner l'enfant; l'un d'eux qui l'avait emporté et gardé un long moment, me le rendit en me conseillant de l'allaiter aussi souvent que possible.
Il y eut des chuchotements autour de moi. Les autres jeunes mères me regardaient avec pitié, et comme je prêtais attention à leur moindre propos, j'entendis :
— Pardi! c'est un enfant qui a trop pâti dans le sein de sa mère.
Ces mots m' arrivèrent comme un soufflet en plein visage. Trop pâti!
Ainsi en m'éloignant de Valère j'avais sauvé
mon enfant d'un mal pour le jeter dans un aui Était-ce ionc parce qn j'avais eu faim moi-n que mon petit ne pouvait plus s* alimenter maintenant ?
La sage-femme d'un ton bourru, m'assura du contraire :
— Vous n'y êtes pour rien, l'enfant a une malformation de l'estomac.
Disait-elle la vérité?
Je ne pouvais oublier sa remarque sur la maigreur du nouveau-né.
Mon remords vint augmenter un malaise que j'éprouvais depuis mon accouchement et dont je ne parlais pas. C'était comme un ralentissement du cœur qui me faisait craindre de m'évanouir à tout moment. C'était surtout des nausées qui me donnaient la répugnance de toute nourriture. Je luttais contre cela, je ne voulais pas être malade, je voulais manger pour avoir du lait. Il me fallait beaucoup de lait afin que mon petit put eu prendre à tout instant sans risquer d'en manquer jamais.
Ma volonté ne put tenir contre le mal qui progressait, et bientôt une forte fièvre vint m'enlever en même temps que le remords le souvenir du lieu où je me trouvais. Pourtant, dans cet espèce d'oubli, la crainte de perdre mon lait persiste, car malgré la barre de fer qui me défonce le crâne, malgr les milliers de guêpes enragées qui bourdonnent à mes oreilles, j'entends mon petit pleurer la faim. J'entends aussi ce que disent les médecins : « Si l'enfant peut résister quelques mois on pourra tenter une opération. Dommage que la mère ait
cette i mvaise fièvi accomplirait peut
Je t) quand il est quatre heures du
tin. U onne quelque part et je vois
h • as clairement que je I ids. C'est
moi qu »uii d inoées dans l'espace
et qui se iui mt en se rencontrant. A q ttre
m i i je prends corn mon xt.
J ■ iaii que je ai très cas , j< b que je suis
l une cii; ibre a nf. iont
l : i seulement lorsque l'infirmière
il', sur Le bei au avec un biberon. Je le voi. bibi i. C si une toute petite fiole qui n b ,a a demi-pleine. Je voudrais parier i ;ette infirmière, m elle s'éloigne toujours avant que j'ai réussi à fixer les mots qui tournoient dans ma i e. L'autre nuit, après son départ, une grande force m ist venue; je me suis levée, et, avec des précautions infinies, j'ai pris mon petit et l'ai couche à coté de 11101,11 s'est apaise tout de suite sous mes caresses.
Oii ! chères menottes, plus douces et plus soyeuses à mes i res que les plus uouces et les plus soyeuses des Heurs. Et \ ous neaux yeux, qui parliez si clairement aux miens qu'il n'était pas besoin de paroles pour vous comprendre. Je souriais à mon enfant. Ma pensée lui parlait de ma guenson proche, et d m" écoutait, .via pensée lui annonçait mille choses à venir, et il me regardait. Longtemps il m'a écoutée et regardée, puis, sous mes baisers, ses lines paupières se soni, fermées et il s est endormi.
L'infirmière nous a surpris ainsi, elle a levé les i>ras avec épouvante : Uni malheureuse 1
Et doucement, très doucement, elle a remis l'enfant dans son berceau.
Chaque nuit, maintenant, j'ai mon petit au long de moi pendant un moment. L'infirmière me le donne d'elle-même :
Tenez, pauvre femme, gardez-le là pendant que je vais le faire boire.
Et tandis que le biberon se vide goutte à goutte entre les petites lèvres avides, je lisse un front tiède et doux, pins grand à lui seul que tout le reste du visage.
Mais voici ma fièvre qui revient. Elle revient ournoisement et se glisse d'abord en léger frisson autour de mes épaules, puis elle s'enhardit, gagne les flancs et enveloppe tout mon corps d'une couverture de glace; je sais que cette couverture de glace deviendra tout à l'heure un brasier dont les charbons ardents se poseront au creux de mes mains et sur ma tête, et qu'ils auront tôt fait de consumer ce qui me reste de forces et de pensée.
Ce matin, à l'appel des quatre boules d'or, ma fièvre s'est enfuie comme à l'ordinaire; je me suis dressée en réclamant mon petit, mais l'infirmière m'a dit :
— Voyez ! il dort, et cela lui arrive si rarement qu'il vaut mieux ne pas le réveiller.
Et tout en s'asseyant auprès du berceau, elle mit négligemment le biberon dans la poche de son tablier.
Ce sommeil de mon enfant me donne un grand calme. Ce calme paraît s'étendre aux choses, car de près comme de loin on n'entend aucun bruit.
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nfant dort, il Si tble qi la teiT<
util it t'ait sileni
I i, je i et m";idosse à mon
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au | i l. de mal upport la veilleus* | u pli idqu plus loi ■ cependant qu'uj
.,,,, ir de lu" Uni i ado e j'essay de réflé Me pensée a de suite, et je rn'cfïorc
i dirij . Depuis c< \bv temps suis-j
malade? El : nin, sait-il seulenii tquejesuia
\ fouiller dans le passé, je me lasse vite; les .mis et les visages que je cherche à évoquer, l'échappent et se changent en couleurs mouvant ! mêlées, les murs mêmes de la pièce ainsi que la veilleuse se mêlent à ces couleurs et prennent des formes qui s'effacent et renaissent. La seule chose que je continue à voir distinctement c'est le berceau. Tout auprès l'infirmière s'est endormie; le dos bien appuyé et les jambes allongées, elle incline la tête tantôt à droite tantôt à gauche. Est-ce elle qui ronfle si fort? Non, ce sont les guêpes, je les croyais toutes parties, il en restait sans doute, et voici qu'elles recommencent à bourdonner.
Pourvu qu'elles n'éveillent pas l'enfant. Pourvu aussi que ma fièvre reste longtemps absente.
Oh! cette lièvre, elle n'est pas lasse de moi encore. On dirait même qu'elle est jalouse de voir mon petit auprès de moi. Hier, tandis que je le regardais boire, au lieu de venir en sournoise, elle a montré brusquement sa face dure et colorée, puis, à pleine bouche, elle a soufflé sur moi son haleine chaude, et tout de suite elle m'a ntrainée dans nu endroil dont j'ai peur de garder le souvenir.