ANATOMIE
CAVITÉ PRÉAURICULAIRE.
Nous désignons par ce terme l’espace très restreint qui s’étend-entre le conduit auditif cartilagineux ou osseux et le condyle du maxillaire inférieur.
Limites. — Nous fixerons d’abord.ses limites sur le crâne osseux :
La cavité préauriculaire examinée sur le squelette présente extérieurement la forme d’un petit triangle
Due à l’obligeance de M. le Di de Jolinière. D’après nature,
à sommet supérieur limité : en haut, par l’arcade ZYgOmatique (racine longitudinale et branche descendante); en avant, par le condyle du maxillaire inférieur, son col, et une petite portion de la branche montante; en arrière, par le tubercule zygomatique postérieur, la paroi antérieure du conduit auditif osseux et de l’apophyse mastoïde. En bas, ses limites sont purement conventionnelles ; nous les étendrons un peu au dessous du conduit auditif osseux et nousles fixerons idéalement paruneligne transversale tirée de la pointe de la mastoïde à la branche montante du maxillaire inférieur.
Sur le crâne, dépourvu de ses parties molles, la région préauriculaire constitue une véritable cavité haute de 3 à 4 centimètres, large de 1 centimètre et profonde de 1 à 2 centimètres en moyenne. Profondément, c’est-à-dire en dedans, cette cavité, comblée sur le vivant par l’interposition de parties molles, a pour limites la partie postérieure de la cavité glénoïde, l’apophyse styloïde et sa gaîne ou apophyse vaginale.
Sur un sujet revêtu des parties molles, la cavité disparaît ou est à peine marquée par une légère dépression correspondant au sillon préauriculaire. Cette cavité reparaît si l'on a soin de produire la propulsion de la mâchoire inférieure ; le déplacement du condyle a pour résultat d'élargir la fente à peine sensible qui devient alors visible sous l’aspect d’une véritable dépression bien marquée au devant du tragus et pouvant admettre l'extrémité du petit doigt.
Pour étudier la disposition des parties molles et les divers organes qui comblent la cavité, on pratique une
incision presque verticale parallèle à la direction du grand exe de l'oreille de 4 à 5 centimètres commençant un peu au-dessus de l’arcade zygomatique pour se terminer au niveau d’une ligne horizontale menée par la pointe mastoïdienne. Cette incision doit exactement passer par le sillon anté-auriculaire ou raser de près le tragus. On peut faire en haut et en bas aux deux extrémités de l’incision verticale deux petites incisions de décharge, transversales, de un à deux centimètres,
Ainsi comprise, la région préauriculaire présente les plans suivants :
1° La peau et le tissu cellulaire sous-cutané. — Les téguments appartiennent à la fois, par leur situation et leurs caractères anatomiques, à ceux de la joue et de l'oreille ; du côté de la joue, la peau est recouverte de poils plus ou moins nombreux chez l’homme ; ils disparaissent immédiatement en avant du tragus où la peau fine et glabre présente de petits sillons ou des plis verticaux, plus ou moins accusés et de nombre variable. Ces plis peuvent servir à dissimuler la cicatrice produite par le bistouri.
Le tissu cellulaire sous-cutané et un feuillet aponévrotique superficiel, extrêmement mince, recouvrent immédiatement la glande parotide. L’aponévrose est formée par l’aponévrose cervicale superficielle fixée en haut au bord inférieur de l’arcade zygomatique « tendue comme un pont entre le bord postérieur du masséter et le bord antérieur du sterno-mastoïdien et percée de trous qui livrent passage de la parotide vers la peau à des vaisseaux et à des nerfs ». (Sébileau (1.)
(1) Démonstrations d'anatomie. Paris, 1892.