CHAPITRE V
RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR L'ABSORPTION COMPARÉE DE L’ESTOMAC ET DU RECTUM. si
M. le D' Dujardin-Beaumetz a bien voulu nous permettre de choisir dans son service des malades sur lesquels il nous serait possible d'établir des expériences sérieusement contrôlées. Notre cher et éminent maître nous engageait vivement en même temps à prendre les conseils de l’expérience toute particulière de M. le D' Main qui m'a offert avec une très aimable bienveillance, dont je ne saurais trop le remercier, de me guider dans les délicats travaux de laboratoire.
M. le Dr Main et moi, nous avons alors pris un certain nombre de médicaments dont nous voulions reconnaître la rapidité d'absorption relative par le rectum et par la bouche. Le salicylate de soude, le salol, l’antipyrine, l’iodure de potassium, la térébenthine et le bleu de méthylène ont été ainsi choisis, et voici les expériences que nous avons instituées.
Chaque malade prend d’abord par la bouche une quantité de médicament rigoureusement dosée par
ae nous-mêmes, constatation une fois faite de l’état d’intégrité parfaite de l’estomac et du rein des malades mis en observation. Quand toute trace du médicament a disparu dans les urines de l'individu en expérience après ingestion stomacale, nous plaçons 2 où 3 jouts après dans le rectum du même sujet une dose identique du même médicament pris antérieurement par la bouche. Nous allons donc reproduire ici avec toute la sécheresse d’un procès-verbal et la brutalité des faits les résultats auxquels nous som-
mes parvenus.
A. — Médicaments absorbés par la bouche.
Les médicaments que nous avons choisis sont les suivants :
| Salol.
Antipyrine.
Iodure de potasssium.
Salicylate de soude. Bleu de méthylène. |
Térébenthine.
Nous avons pris ces médicaments parce qu'il était assez facile de les retrouver dans les urines. En. effet, on dénote le passage du salol dans les urines au moyen de quelques gouttes de perchlorure de fer qui donne une coloration vfolacée.
L’antipyrine également avec la solution officinale de perchlorure de fer à 30 degrés donne une coloration brun acajou.
Nous avons décelé l’iodure de potassium de la façon
ut suivante : en ajoutant à un liquide (urine ou salive) renfermant de l'iodure de potassium, de l’amidon, puis quelques gouttes d’acide nitrique-nitreux, on obtient de l’iodure d’amidon reconnaissable à sa coloration bleue-violaceée.
Le salicylate de soude, comme le salol, est décelé dans les urines par l'addition de quelques gouttes de la solution de perchlorure de fer officinale qui donne une coloration violocee.
Le bleu de méthylène se reconnaît facilement par la coloration verte qu’il communique aux urines:
Quant à la térébenthine, son odeur caractéristique de violette dans les urines témoigne de son élimination.
Dans les deux cas, voie stomacale et rectale, nous nous sommes servis de ces réactions pour constater l’élimination des médicaments employés.
SALOL. — Le malade ingère 1 gramme de salol à 10 h. 10. |
On analyse les urines.
À 10 h- 15. — Rien.
À 10 h. 30.— Le malade n’a pas pu donner d’urine.
À 10h. 35. — Rien.
A 10 h. 40. — Traces. Le médicament fait son apparition et sa présence est sensible au réactif.
À 10 h. 45. — Apparition très nette.
A 11h. — On fait uriner le malade et l’analyse
confirme la présence du salol dans l'urine.