‹ De la Voix Eunuchoïde son TraitementChapitre 10 sur 19 · RR · texte numérisé non relu

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C'était l’anche intelligente qui se mettait d'elle-même au degré de tension nécessaire pour produire le nombre de vibrations voulu. « L’anche vivante se tend en s’épaississant, a dit Béclard, ce qui la distingue de toutes les anches possibles,.même des anches membraneuses élastiques qui ne se tendent qu’en s ’amincissant. » à

Mais il faut en rabattre DSi de ces fonctions qui tiennent du merveilleux.

Aujourd’hui, le plus grand nombre admet que le ile thyro-aryténoïdien détermine en se contractant le relàchement des cordes vocales.

Déjà en 1874, cbr enseignait que. Le foie thyro aryténoïdien détendait les cordes vocales. Gruetzmer 1879, Jellenfy 1880 étaient du même avis. En 1875, Martel montre que ce muscle se raccourcit en se contractant, qu'il rapproche les aryténoïdes de l'angle rentrant du thyroïde; en même temps la corde vocale se détend, la glotte prend un aspect fusiforme.Et Lermoyez, dans sa thèse inaugurale, conclut que : « le muscle thyroaryténoïdien interne en se contractant porté en avant les aryténoïdes et les rapproche de l'angle rentrant du thyroïde; il raccourcit les cordes vocales ligamenteuses et les met Le un état de relâchement d’autant plus accentué que sa contraction est plus forte : et comme conséquence amène un abaissement de tonalité de la voix ».

. Son action est donc ‘bien différente de celui du crico thyroïdien, car l’un tend les cordes vocales et l’autre les relâche. Ces deux muscles auxquels on attribüait jadis la même action sont au contraire antagonistes et en opposition perpétuelle dans l'acte de la phonation. ii

Ces considérations sur la physiologie. des muscles du

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Jarynx étant données, nous pouvons aborder l’étude de la phonation proprement dite et celle des registres de tête et de poitrine qui serviront de base à la pathogénie de la voix eunuchoïde.

Un registre peut être défini : Une série de sons que peut fournir la glotte par un mode de contraction donné.

Les deux registres Les plus universellement admis sont : le registre de poitrine et le registre de tête ou de fausset.

Le registre de poitrine est celui dans lequel l’homme parle habituellement; le registre de tête est employé par l’enfant, souvent par Ja femme et quelquefois par l’homme quand il veut émettre des sons aigus.

Faut-iladmettre un troisième registre, celui de la voix mixte, imaginé par Garcia, adopté par Fournié. Nous ne croyons pas que ce soit là une éntité vocable qui réponde à des modifications glottiques spéciales, par conséquent nous ne nous en OCCuperons pas.

De nombreuses théories, très dissemblables ont été don nées sur la cause productrice des deux registres de tête et de poitrine.

Encore aujourd’hui les opinions diffèrent.

Liscovius pensait que les cordes vocales étaient tendues pendant l'émission de la voix de poitrine et relâchées dans la voix de tête.

Malgaigne croyait que la voix de tête provenait de ce fait que le voile du palais étant abaissé, il se produisait un retentissement de la voix dans les fosses nasales.

Bennati croyait que les sons de tête étaient d’origine sus-laryngienne. |

Cagnard-Latour les attribuait à la vibration simultanée des quatre cordes vocales. |

Diday et Petrequin pensaient que l'air seul vibrait dans la voix de tête, tandis que la voix de poitrine était due à la vibration des cordes vocales.

Après l'invention du laryngoscope, des théories plus sérieuses furent émises.

Pour Garcia, qui, le premier, vit l’intérieur d’un larynx, le son était engendré au niveau de la glotte et dû aux vibrations de l’air. La glotte se ferme d’arrière en avant à mesure que le son devient plus aigu. Dans la voix de poitrine, les cordes s’affronteraient dans toute leur épais seur et dans la voix de tête seulement par leurs bords.

Bataille soutenait que lorsque Le larynx émet des sons de poitrine, les aryténoïdes se touchent par le tiers inférieur de leur face interne; ils se touchent par leurs deux tiers supérieurs lorsque la voix de tête se produit.

Fournié qui admet la vibration isolée de la muqueuse pense également que la glotte se ferme d’arrière en avant à mesure que la voix monte. Lorsque les constricteurs de la glotte sont contractés au maximum le registre de poitrine est terminé, alors les muscles intrinsèques du larynx rapprochent les lames du thyroïde en se contractant à leur tour et la voix de tête se produit.

Pour Michaël, la voix a trois registres dont chacun est régi par un muscle spécial.

Mandl qui admet la béance de la glotte inter-aryténoïdienne attribue la voix de tête à l’occlusion de celle-ci par accolement des aryténoïdes.

Muller et Donders pensent que dans la voix de tête la portion ligamenteuse vibre seule, tandis que dans la voix de poitrine le muscle entre en vibration.

On voit par ces différentes théories combien sont

grandes les divergences qui séparent les auteurs au sujet Ju mécanisme de la production de la voix de tête et de la voix de poitrine. Notre intention n’est pas de discuter chacune de ces théories dont la plupart sont déjà tombées dans l’oubli. Nous nous bornerons à signaler comme contenant la plus grosse part de vérité, les deux hypothèses suivantes, celle de Vacher, admise par Gouguenheim et celle de Lermoyez. |

Vacher, dans sa thèse inaugurale (Paris 1877), conclut des expériences laryngoscopiques pratiquées sur luimême que la glotte inter-aryténoïdienne est toujours fermée au moment de la production du son : dans la voix de poitrine, les cordes vocales inférieures vibrent dans toute leur longueur, tandis que dans la voix de tête elles s’accolent en arrière et vibrent dans une longueur varia ble, suivant la hauteur du son.

Mais, n’y a-t-il entre la voix de poitrine etla voix de fausset qu’une différence de hauteur suffisamment expli-

quée par cet accolement des cordes vocales en arrière.

Non, il y a encore une différence de timbre et, si l’on peut aisément concevoir que la hauteur du son s’élève par l’accolement des cordes vocales en arrière, il faut faire intervenir un autre facteur pour expliquer le timbre spécial de la voix de tête. Get autre facteur consiste en une modification des cavités sus-glottiques, en une adaptation nouvelle des résonnateurs destinés à harmoniser la voix.

Nous avons dit précédemment que le registre de tête était employé pour la production des sons aigus. Soit un ténor qui monte une gämme ; il atteint, grâce à une violente contraction glottique le so/ * en voix de poitrine, si alors il substitue au registre de poitrine le registre de

SANT: : Mate tête, il sentira dans son larynx cesser toute constriction pénible, il atteindra facilement le Za #, le si *, même l’ut *, mais, en même temps, il éprouve à la base du cou, au niveau du pharynx une sensation de resserrement dû aux modifications éprouvées par les cavités bucco-pharyngiennes, par ses résonnateurs, de telle sorte qu’on peut dire que la somme des contractions musculaires pendant l'émission de la voix de tête et pendant l'émission de la voix de poitrine est la même, mais avec prédominance dans le larynx pour les sons de poitrine et dans le pharynx pour les sons de tête.

La glotte se relâche donc pendant la production des sons de fausset. Cette sensation subjective éprouvée par le chanteur suffirait indépendamment de l’examen laryngoscopique à le faire admettre, mais alors, comment concevoir la production d’un son plus aigu si l’aire glottique s’élargit. C’est maintenant qu’il faut faire intervenir un nouveau facteur ; l’occlusion de la glotte en arrière.

« On voit, (Gouguenheïm et Lermoyez, Physiologie de la voix et du chant), au moment du passage du registre de poitrine au registre de tête une modification capitale se produire dans le larynx: la glotte, linéaire au début et presque entièrement close, s’entr’ouvre tout à coup de façon à présenter un écart de plus de 2 millimètres, en même temps les cordes tendues à l’excès et plates se relàchent, semblent s’affaisser, reprennent leur forme de bourrelet prismatique et vibrent avec une mollesse plus grande. Et si, à ce moment, on porte les regards en arrière, on voit le tiers ou le quart postérieur des deux cordes venir en contact, obturer complètement à ce niveau l'oritice glottique et, par leur accolement, étouffer mutuel-

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lement leurs vibrations dans toute cette zone postérieure, de

façon que la glotte ne vibre plus que dans ses deux tiers

antérieurs. »

Cette théorie, admise par les Traités classiques, cadre bien avec le travail photographique de Th. French. Cet auteur a, en effet, photographié la glotte pendant l’émission de la voix de tête et celle de la voix de poitrine et ses clichés rendent très bien compte du resserrement progres sif de la fente glottique pendant l’émission de la voix de poitrine à mesure que le son s’élève, de même qu’on voit, au moment du passage du registre de poitrine à celui de

tête, les cordes venir s’accoler par leur partie postérieure

et obturer ainsi la glotte en arrière, dans une certaine étendue.

Lermoyez, dans sa thèse inaugurale, conclut du résultat de ces expériences à une hypothèse tout autre, touchant la formation de ces deux registres. Il admet :

1° Que dans la voix de poitrine le muscle thyro-aryténoïdien est toujours contracté ét qué la corde ligamenteuse et la muqueuse vibrent ensemble.

2° Que dansla voix de tête le muscle thyro-aryténoïdien se relâche, la corde ligamenteuse ne vibre pas, la muqueuse seule vibre.

« Dans le registre de poitrine (Lermoyez, thèse inaugurale), le thyro-aryténoïdien en se contractant repousse en dedans la corde ligamenteuse et rétrécit la glotte, par suite de cette contraction, la corde ligamenteuse se décolle du muscle en même temps que le rétrécissement de la glotte augmente la tension de l'air; la corde fibreuse ainsi libérée mise mouvement par un courant d’air assez fort, vibre en entraînant la muqueuse. Dans le registre de

fausset, le muscle thyro-aryténoïdien relâché permet à la glotte de se laisser distendre par le courant d’air expiré qui, éprouvant moins de résistance à franchir l’anneau laryngien, diminue sa pression ; le courant d’air devenu trop faible pour faire vibrer la couchefibreuse, maintenant accolée au muscle, détache la couche muqueuse qui vient ‘vibrer dans la lumière de la glotte. » à

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