X..., quinze ans, de Lyon (7 octobre
Cet enfant a grandi rapidement. Il a également pris de l’embonpoint, il est d’une taille supérieure à celle des enfants de son âge. Il se présente avec une belle voix eunuchoïde un peu cassée. Ses cordes vocales sont un peu rosées, mais leur fonctionnement est tout à fait normal. Il existe aussi des granulations sur le pharynx.
On fait faire des exercices de gymnastique vocale et on obtient de suite de fort beaux sons en voix de basse.
En vingt-quatre heures, après des exercices très sévères, la guérison est complète. La voix eunuchoïde a disparu, elle est remplacée par une voix de tonalité très basse. L'enfant est incapable de reprendre son ancienne manière de parler. La toux qui accompagnait fréquemment l'émission des sons a complètement disparu.
Au bout de huit jours, il peut parler longtemps sans fatigue, et cependant auparavant il ne pouvait parler cinq minutes de suite sans éprouver de grandes difficultés. |
Voix éunuchoide
M. X..., vingt ans, étudiant en médecine (4 février 1892). A l’âge de quatorze ans, ce jeune homme a eu une mue vicieuse de la voix, caractérisée par de la raucité pendant deux ans et demi. Actuellement il lui est impossible de se servir d’une autre voix que le fausset.
Rien au larynx.
On l’initie de suite aux exercices de gymnastique vocale. En. moins de vingt-quatre heures, la guérison est complète. Il ne s'oublie plus un instant et ne parle plus qu’en voix de poitrine.
Au début, le malade présente une voix à tonalité très basse et la fatigue est rapide, mais il ne tarde pas à s 7 habituer, ses muscles phonateurs une fois adaptés à leur nouveau rôle ne se fatiguent plus et le timbre de la voix devient plus clair et plus agréable.
Peu de jours après le début des exercices vocaux, la guérison est définitive et les malades voudraient retrouver leur timbre habituel de fausset que cela leur serait impossible.
Cette méthode de traitement a sur celle de Fournié l'immense avantage de son peu de durée. En vingt-quatre heures, les malades ont pris l'habitude de la voix de poitrine, et l’on comprend très bien que bon nombre de ceuxci qui auraient reculé devant la longueur d’un traitement devant durer un mois se soumettent sans peine à une surveillance assidue de quelques heures ou au plus d’un jour ou deux.
Quelques auteurs s'inspirant de cette méthode ont essayé, depuis, de traiter la voix de fausset par la gymnastique vocale et ont obtenu par Lee de ce procédé de très beaux résultats.
Le D' Trifiletti dont nous avons déjà relaté l’observation en a-obtenu de très bons effets chez son malade.
Le D° Mulhall (Journal international des sciences médicales, août 1889) cite le cas d’un jeune homme de vingt-cinq ans, chez lequel deux spécialistes avaient dia gnostiqué une paralysie et appliqué l'électricité. Il trouva
D) au contraire que, loin d’y avoir de la paralysie, les vraies et les fausses cordes se rapprochaient plus que de coutume pendant la phonation. Il y avait apparemment hypertension des aryténoïdiens.
Le malade guérit en lui apprenant à parler en ton bas.
Il cite deux autres cas guéris de la même maniere.
Ces observations, bien que datant de 1887, n’ont été publiées qu’en 1889, bien après les publications de MM. Fournié et Garel sur le même mode de traitement. É
Plus récemment, Prescott Bennett (Medical Record, 5 novembre 1892) s'exprime ainsi : « Exceptionnellement le traitement de la voix de fausset pourra être médical et porter sur quelque affection qui la cause. Cohen a traité un malade atteint de voix de fausset après une laryngite aiguë prise au bord de la mer. Lincoln chez un jeune homme qui, après avoir joué plusieurs fois des rôles
Ale femmes travesties dans un pensionnat, avait gardé la
voix de fausset, put obtenir la guérison par l’ablation de l’'amygdale pharyngienne hypertrophiée. »
Dans un cas, Prescott Bennett employa avec succès le traitement par la gymnastique vocale. Il faisait baisser le menton, rejeter les épaules en arrière, distendre l’abdomen. Dans cette position, le malade essayait de répéter les sons dans la note basse. Cet exercice avait lieu deux ou trois fois par jour pendant un mois. Les premiers jours, il déterminait une certaine sécheresse de la gorge. Au bout d’un mois, ce n’était plus qu'avec difficulté que le malade reprenait la voix de fausset, au lieu de la voix normale. Un point essentiel est que, les premiers jours de traitement, le malade surveille le son de toutes les paroles