IV. ACTION DU CRICO-THYROÏDIEN
Il est tenseur des cordes vocales. C’est le muscle phonateur par excellence. Du dégré de sa contraction dépend la hauteur de la voix. Gette action est admise sans conteste depuis l'expérience célèbre de Longet qui, sectionnant les nerfs laryngés externes qui se rendent aux crico-thyroïdiens, entendit subitement la voix devenir rauque. Il s’aperçut alors que, en abaissant à l’aide d’une pince le bord inférieur du thyroïde, ce qui produisait un allongement des cordes vocales, la voix recouvrait sa netteté.
Dès lors, on admit que le muscle crico-thyroïdien jouait un rôle important dans la phonation, en tendant les cordes
rl | vocales par un mouvement de bascule imprimé au cartilage thyroïde dont le bord inférieur s’abaisse.
Ce mode d’action était admis par tous les auteurs lorsqu'un Anglais, le D'Illingworth, vint démontrer que les choses se passent autrement et que ce n’est pas le thyroïde, mais bien Le cricoïde qui est mobile. En se con= tractant, le crico-thyroïdien fait basculer le cricoïde, entrainant en arrière son bord aryténoïdien, et l'effet produit est la tension des lèvres glottiques.
Peu importe, en somme, que le cricoïde ou le thyroïde se meuve; le résultat final est le même, c’est la seule chose intéressante.