‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 10 sur 60 · ME SL · texte numérisé non relu

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vue qui nous occupe, c'est-à-dire l'antisepsie dentaire, elle n’a

sé pas Ja moindre valeur.

Les poudres dentifrices non solubles ont un inconvénient, c’est de laisser entre les interstices dentaires et à la sertissure des dents des poussières qui encombrent au lieu de net- ‘toyÉr. Le charbon si employé finit par former un liséré

| noirâtre au bord des gencives, liséré absolument indélébile une fois formé.

Une poudre dentifrice, pour être parfaite, devrait donc être soluble, ce qui lui donnerait les avantages des antiseptiques liquides, mais être lentement soluble de facon à exercer au début de son action un effet mécanique sur les dents sans

- laisser à la suite aucun dépôt.

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On utilise assez souvent une poudre composée d'acide

borique et de chlorate de potasse mélangés avec du carbo-

nate de magnésie et de la craie. Le chlorate de potasse mal-

"gré sOn pouvoir antiseptique presque nul, conserve encore

aujourd'hui sa vieille réputation de spécifique pour la bouche,

Se | one quoiqu'on ne sache guère comment il agit.

Cette toilette de la bouche doit être faite au moins deux fois par jour, le matin, mais surtout le soir avant de se coucher ;

est pendant la nuit, en effet, que se font les fermentations les - plus actives et c'est là la cause de l’haleine parfois fétide du

réveil.

Pour être parfaite l’hygiène buccale ne devrait pas s’en tenir

à ces deux lavages ; chäque ingestion d'aliments devrait être

suivie du même nettoyage : le rince-bouche remplit une partie de cette indication, il n’a que le tort d’être insuffisant. Tels sont les soins d'hygiène qu'il faut suivre quand la

- bouche est dans un état normal ; avec ces préceptes stric-

tement suivis la carie sera presque impossible ; si elle survenait, il faut immédiatement la faire traiter. ie Re | 5

Les enfants seront soumis à des inspections fréquentes à partir de 4 ans, car leurs dents se carient souvent prématurément, surtout celles du fond. À la moindre teinte bleuâtre ou noirâtre de l’émail, il faut faire examiner l'enfant, car il existe une carie sous-jacente.

me CHAPITRE III 1 ho Antisepsie en chirurgie dentaire.

Depuis longtemps on se sert d’antiseptiques en chirurgie dentaire; mais il y a quelques années à peine que l’on com- mence à employer la méthode antiseptique proprement dite,

"UT 1,1. c'est à-dire la méthode qui consiste, dans toute intervention, à RAT ete n’approcher du champ opératoire préalablement désinfecté, .

que des mains, des instruments, des matières de pansement PS NE PP TE absolument purs de tout micro-organisme.

RUE PIRE bis Es NÉCESSITÉ DE L’ANTISEPSIE

Il est cependant évident que les mêmes précautions s’imposent dans la cavité buccale autant que sur toute autre partie — du corps. Si le chirurgien se fait un scrupule d'ouvrir le plus FD MR petit abcès de la peau avant d’avoir lavé soigneusement larégion

avec du savon et une solution antiseptique, les mêmes raisons

rex Ce qui pourrait surprendre, c’est que les accidents consé- | de . eutifs aux extractions ou à toute autre opération portant sur FAN = Ja cavité buccale ne soient pas plus fréquents.

DEC a ELA On peut se l’expliquer : d’une part, par le passage conti-

nuel de Ja salive sur la plaie quand celle-ci ne présente pas

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Jui font un devoir de laver la gencive avant d'extraire une dent...

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d'anfractuosités : il se fait ainsi, à sa surface, une sorte de

lavage qui empéche les micro-organismes d'y séjourner trop

longtemps et d'y proliférer : d'autre part, par le faible degré de virulence souvent constaté des microbes contenus dans la

salive.

espèces de bactéries non pathogènes qui ont leur siège dans

la bouche.

Enfin, dans le cas particulier de l'extraction, celle-ci est immédiatement suivie d’un flux de sang qui remplit aussitôt |

l’alvéole jusqu'à en déborder et entraine peutêtre les impuretés

bactériennes souvent laissées par un davier insuffisamment aseptique : autrement la guérison des plaies par extraction : ‘ne se ferait pas aussi régulièrement malgré l’absence de précautions antiseptiques. De plus le caillot forme un tampon

protecteur qui constitue une occlusion hermétique et forme une barrière suffisante contre la pénétration de la salive et par conséquent l'infection de la plaie, à la condition, toutefois. que ce tempon protecteur ne se laisse pas lui-même envahir et putréfier par les micro-organismes. Cette décomposition des caillots est tout à fait exceptionnelle, précisément pour les raisons que nous venons d'indiquer comme s’opposant à linfection de la plaie. |

Il ne faudrait pas croire cependant que les cas d’extraction

suivis de septicémie et de pyohémie mortelles soient d’une rareté excessive. Les publications dentaires en contiennent des cas relativement nombreux. |

Dans ces complications, on a voulu accuser la saleté des daviers, mais, avec le davier le plus propre, la pénétration entre l’alvéole et la gencive du mueus et du pus qui recouvrent le collet d’une dent, suffit pour amener l'infection.

\ RARE Te Peut-être aussi, les bactéries introduites dans la plaie sontelles rendues inoffensives par la concurrence des nombreuses

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Done, toutes les fois que l’on devra produire une solution de continuité, soit de la muqueuse buccale, soit du ligament alvéolo-dentaire, soit des seuls tissus durs de la dent, il fau- dra s’entourer des mêmes précautions qu’en chirurgie géné- = Reg ‘ rale. | ; Avant d'exposer la méthode à suivre, il est nécessaire de dire quelques mots des principaux antiseptiques employés.

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Au point de vue de leur forme, (os antiseptiques peuvent être divisés en trois groupes :

Solution dans l’eau (ou l’aleool) ; Huiles ; > - Poudres.

Chacune de ces formes présente des indications particu-

lières.…

î : i 1° LES SOLUTIONS DANS L'EAU ontun grand avantage : c’est d exercer une action immédiate énergique sur les parties avec lesquelles elles peuvent entrer en contact direct ; maïs elles . n'ont qu’un emploi restreint pour les raisons suivantes : 1° Elles diffusent peu : leur pénétration est fable, elles | ne peuvent atteindre les anfractuosités.

: Une quantité de liqueur de Van Swieten, suffisante pour empêcher le développement des microbes dans un litre de bouillon quand elle est bien mélangée, n’exerce son action suspensive que sur une faible profondeur si on Pintroduit

avec précautions et qu’on laisse le tube immobile. La dif-

1 fusion se fait plus lentement encore à travers les ouvertures

étroites. Étant donnés deux tubes réunis par un étroit canal,

qu'on mette dans l’un un bouillon infecté, dans l’autre un

ne

antiseptique, le développement be pourra se faire normalement dans le tube infecté ou n’être que. faiblement entravé. On comprend l'importance de ce fait pour le traitement des abcès des sinus, des canaux radiculaires des dents, etc. A - \

2° Leur action est ne courte durée. un mélange rapide avec les sécrétions ou exsudats ne tarde pas à les amener à un état de dilution dont le pouvoir antiseptique est insuffisant pour retarder l'accroissement des microbes.

Pour obtenir le continuité de l'effet, il faudrait ou le lavage ininterrompu ou le baïn continu qui sont inapplicables en chirurgie dentaire. |

Cependant, le lavage fréquemment répété peut donner ee résultats appréciables et nous verrons que c’est le moyen de

réaliser une antisepsie relative de la/bouche. dcr

En dehors de cette indication, l’usage des solutions aqueuses antiseptiques doit se borner aù nettoyage des plaies infectées, au lavage des abcès et en général à tous les cas où le lavage peut. enlever mécaniquement quelque chose. :

On ne peut se fier à ces solutions pour empêcher l'action septique pendant un certain temps. Pour obtenir une action persistante comme pansement à demeure, il faut s'adresser à d’autres formes d’antiseptiques, les poudres ou les huiles:

2° Poupres.— Les poudres, en effet, mises à la surface des plaies en quantité suffisante et maintenues par un bandage de rétention se dissolvent lentement dans les sécrétions, entretenant ainsi une sorte de solution saturée en contact avec la blessure : 1l faut, bien entendu, que cette solution saturée ne soit ni trop irritante ni toxique, mais seulement capable d’entraver la croissance des microbes. ;

Elles donnent donc, avec moins de difficulté dans Pappli-

LAVE « Joie

cation, le résultat que l’on obtiendrait avec le lavage ou le bain continus. Toutefois elles ont eu jusqu’à présent peu d'applications en chirurgie dentaire.

3° Huires (soit huiles essentielles antiseptiques par ellesmêmes, soit huiles contenant l Hour en solution dans

des proportions efficaces).

Les huiles présentent le même avantage que les poudres : en raison de leur faible solubilité, elles ne cèdent que peu à . peu aux liquides environnants une quantité d’antiseptique dont ils se saturent et qui doit être suffisante pour empêcher le développement des microbes. Il faut donc choisir des huiles à action puissante ; mais il n’est nullement nécessaire de prendre les plus actives; car, en règle, les plus puissants antiseptiques sont les plus irritants. Souvent donc, mieux vaut choisir des antiseptiques d’un chant; d'action modéré, mais incapables de nuire aux tissus.

Les huiles essentielles ont, en outre, une énorme supériorité sur les solutions aqueuses et les poudres : c’est leur diffusibi lité. Aussi, sont-elles extrémement précieuses pour les pansements des plaies très anfractueuses ; pour les pansements des canaux dentaires en particulier, elles doivent être presque exclusivement employées. CE

Voyons parmi ces différentes formes d’antiseptiques quels sont ceux qui sont les plus fréquemment employés et quelles

sont leurs indications particulières.

Au premier rang des antiseptiques liquides employés en chirurgie dentaire figurele su8LiME. Ilaun pouvoir parasiticide

énorme. Miller a constaté qu’à 1/500.000 il arrête encore la

iermentation acide des microbes de la carie. Mais il s’en faut de beaucoup qu’en pratique, on puisse compter sur son action

désinfectante dans des limites aussi étendues, à cause de la

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AE io e présence de l albumine dans 1 sécrétions et les a avec’ lesquels on le met en contact. IL coagule, en effet, l’albumine, et dans cette réaction Fe la plus grande partie de SON DORA ; antiseptique.

En ajoutant à la solution 5 50/00 d’acide chlorhydrique ou mieux d'acide tartrique suivant le conseil de Laplace, on atténue notablement cet inconvénient, mais sans le faire disparaitre.

Blake (de Chicago), qui a étudié dans quelle mesure la propor-

tion d’albumine influe sur le pouvoir désinfectant du sublimé, dit qu'il ne l’emploie plus comme antiseptique qu’à 1/500 et même à ce degré de concentration, ce n’est un bon antiseptique que si le lavage est continué avec une grande quantité de solution; en l’absence d’albumine,ilreprend sa supériorité.

Le sublimé trouve son emploi dans l’antisepsie de la bouche (solution à 1/2000 ou 1/5000 en gargarismes ou injections) ; pour le lavage des plaies, des cavités d'abcès, des canaux dentaires (solution à 1/1000) et.pour la stérilisation des instru-

ments et des mains.

L’ACIDE PHÉNIQUE a été et est peut-être encore l antiseptique le plus usité pour les dents. SR

On a eu le tort de l’employer presque constamment . pur. c’est-à-dire à l’état caustique. Il a certainement causé la mort de bien des pulpes.

En solution au 1/50 ou au 1/100, il à des mêmes usages que le sublimé.

L’ACIDE BORIQUE qui a l’avantage de n'être ni toxique, ni caustique, ni irritant, a l’inconvénient de n'être qu’un faible antiseptique.

On l’emploie souvent néanmoins pour le lavage des abces, pour l'antisepsie de la bouche en gargarismes. 11 vaut mieux le remplacer par des antiseptiques plus énergiques.

LE BORATE DE SOUDE a une action encore plus faible, On s’en sert fréquemment néanmoins sous forme de collutoire dans les gingivo-stomatites.

Le PERMANGANATE DE POTASSE, la SAGGHARINE, la RÉSOR-

CINE, l'HYDRATE DE CHLORAL, l'ACIDE SALIGYLIQUE, la GRÉOLINE, le CHLORURE DE ZINC, etc., sont fréquemment utilisés et rendentde grands services dans des cas particuliers. L'EAU OXYGÉNÉE fort préconisée il y a quelques années n’a pu entrer dans la pratique. La difficulté de se la procurer pure,

sa décomposition rapide en font un médicament difficilement

utilisable. ï

Les poudres, nous l'avons dit, n’ont qu’un usage restreint. L’10DOFORME est À peu près la seule poudre émployée et le plus souvent sous forme de pâte ou de solution dans une huile essentielle : cette dernière association est certainement la meilleure. x À

La véritable indication des poudres, c’est, à notre avis, le pansément des pulpes exposées.

Enfin, les huiles essentielles, grâce à leur précieuse pro-

priété d’être éminemment diffusibles, trouvent leur indication

formelle dans le pansement à demeure des canaux dentaires.

Chamberland, qui a étudié leur action sur la bactéridie charbonneuse, leur a trouvé un pouvoir antiseptique très élevé.

Le raymor occupe le premier rang; il n’a de supérieur que le sublimé. A 1/2200, il est encore très actif, il peut être substitué avec avantages à l’acide phénique en irrigations : on les associe souvent; le thymol a, dans ce cas, le double avantage de masquer l’odeur de lacide phénique et d'augmenter sa puissance antiseptique. | |

Les essences les plus antiseptiques à l’état de vapeur eten solution sont : la cannelle de Ceylan, la cannelle de Chine, et

Le

l'origan : l'essence de girofle est assez énergique en solution, à l’état de vapeur elle n’est pas stérilisante. Les Américains

emploient beaucoup l’'eugénol qu’on peut considérer comme

une forme plus active de l’essence de girofle. La créosote est certainement parmi les médicaments diffusibles celui dont l'usage est le plus ancien ; un de ses principes actifs les plus importants est une huile essentielle, le gaïacol : la créosote a l'inconvénient d’être très caustique, aussi ne faut-il jamais

lemployer pure.

L’essence d’eucalyptus, Peucalyptol, Phuile de Wintergreen, qui ont un faible pouvoir antiseptique, ont l'avantage d’être absolument inoffensifs pour les tissus, aussi peut-on s’en servir très utilement pour dissoudre ou mélanger les essences plus actives. telles que gaïacol,'ete.

Un autre moyen de désinfection a été préconisé en chiruro1e dentaire et esttrès vanté par certains praticiens qui s’en servent à l'exclusion de tous les autres, c’est la chaleur. |

On peut l’employer sous deux formes :

1° L'air chaud injecté dans les cavités à stériliser au moyen

de poires spéciales (poires de Barbe, de Telschow, ete.), c’est

un procédé très incertain, car on ignore absolument fe est

la température de Pair au sortir de la poire et jusqu’à quelle

profondeur il peut pénétrer.

2° Un autre moyen d'appliquer la chaleur consiste à introduire dans la cavité de la carie ou les canaux radiculaires, le fil de platine du galvano-cautère et à le faire rougir par le passage du courant, c’est un procédé évidemment très énergique, mais qui a l'inconvénient de tous les caustiques, e’est-àdire de produire une eschare susceptible d’être envahie par les miéro-organismes si la désinfection est incomplète.

Quelle que soit, en effet, la forme antiseptique que l’on choïsisse, il est un précepte qu'il faut toujours soigneusement

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observer, précepte dont on ne se souciait guère autrefois parce qu'on ignorait son importance, mais dont on ne tient pas encore assez compte aujourd’hui, c’est de ne jamais employer à un état de concentration tel que son action soit caustique. Par conséquent, l'acide phénique, la créosote, le chlorure de zine, ete., devront toujours être en dilution suffisante pour que leur action sur les tissus ne soit pas irritante, ni surtout escharifiante. 1)

La mortification des tissus causée par des antiseptiques trop énergiques, tels que l’acide phénique pur, apour résultat, si tous les micro-organismes n’ont pas été détruits, de créer un milieu de culture où ils pourront végéter et HhRnIec avec plus d'intensité qu auparavant.

Tous les médicaments irritants ou caustiques seront donc

mélangés ou dissous dans des conditions telles que tout en conservant un pouvoir antiseptique suffisant ils soient inoffensifs pour les tissus.

Maintenant que nous connaissons les principaux agents de la méthode antiseptique applicables aux affections qui nous occupent, nous pouvons aborder : mise en œuvre de cette méthode elle-même.

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