‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 11 sur 60 · MÉTHODE ANTISEPTIQUE · texte numérisé non relu

MÉTHODE ANTISEPTIQUE

Désinfection des mains. — On sait depuis les expériences très précises de Fürbinger, quel moyen il faut employer pour avoir des mains absolument aseptiques.

Le Nettoyer les ongles à sec avec un couteau ou tout autre instrument propre à cet usage.

2 Brosser une minute à l’eau chaude et au savon.

3 Laver une minute dans de l'alcool à 80 de

4° Brosser de nouveau dans le sublimé à 2 ‘ie ou l’eau phéniquée à 3 0/0 pendant une mmute.

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mie

Ce nettoyage demande en tout quatré minutes.

Dans la pratique, il serait presque ‘impossible en chirurgie dentaire, de recommencer ce lavage minutieux à chaque opération et l’on peut se départir un peu de cette rigueur. Il faut toujours commencer par cette première désinfection rigoureuse mais ensuite, si l’on a soin de ne pas toucher d'objets ou de régions infectés, un simple passage des mains dans la solution antiseptique sera suffisant.

En revanche, si les doigts viennent à étre souillés par le contact d’une plaie ou d’un instrument septique, la toilette c1dessus est de rigueur. Comme il est impossible d'opérer avec les doigts mouillés, imbibés de sublimé, il suffira, à défaut de linge stérilisé à l’étuve, de les essuyer avec des serviettes aussi propres que possible (bouillies).

Pendant l'opération, il faut veiller soigneusement à conserver cette asepsie des mains, mais en raison des manipulations multiples que comporte la chirurgie dentaire, la chose est le plus souvent très difficile ou impossible ; il faut toujours considérer ses mains comme suspectes d'infection et s’interdire rigoureusement de les porter sur les parties des instruments qui doivent entrer en contact. avec la plaie.

Stérilisation des instruments. — Les instruments doivent être lisses et polis, faciles à désinfecter : proscrire les daviers à mors cannelés en formes de limes dont les sillons retiennent la saleté. Le meilleur AB de désinfection est certainement la chaleur :

L'eau bouillante, la vapeur d’eau à la pression normale à 100°, ou sous pression à 110°-115° ne sont pas des procédés utilisables pour la pratique courante de la chirurgie dentaire. | À

Le flambage à la lampe à alcool où au gaz est bon pour les instruments volumineux, daviers, sondes, pinces à racines, mais il détremperait les petits instruments.

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Bon nombre d'opérateurs se servent pour cette raison, de liquides antiseptiques. Le sublimé, qui estexcellent, a l’inconvénient de détériorer et de noircir les instruments ; le thymol

à 1/4000 est une solution également très active, Parreidt

emploie l'huile phéniquée à 1/2 ; à défaut d'huile phéniquée, il se contenterait, dit-il, d’une immersion de quelques minutes dans l’eau phéniquée à 10/100; l’eau boriquée est totalement insuflisante. Ce qui vaut le mieux à notre avis, c'est l'emploi de la chaleur sèche, telle qu’elle est couramment employée aujourd'hui en chirurgie générale, c’est-à-dire l’étuve (de Wiessneg, Poupinel) dans laquelle on place les instruments à désinfecter. Il suffit d’avoir chaque série d’instruments dans des boîtes métalliques d'où on ne les retire stérilisés qu’au moment de

s’en servir ; ce procédé a l'avantage de permettre la désinfec-

tion parfaite des petits instruments délicats tels que fraises, tire-nerfs, etc., qui ne se prêtent guère à d’autres moyens de désinfection.

La seringue à injections hypodermiques dont on se ch si souvent pour les injections sous-conjonctivales de cocaïne doit être stérilisée de la façon suivante :la nettoyer d’abord à l’eau pure, puis à la Heu de Van Swieten; flamber les aiguilles au moment de s’en servir (les aiguilles platino-iridiées permettent le flambage sans inconvénients).

Avant d’être soumis à la stérilisation, les instruments doivent être aussi propres que possible, avoir été lavés et brossés au savon, puis passés au chloroforme (Lucas-Championnière).

Si la stérilisation des instruments métalliques est indispensable, celle des matières de pansement ne l’est pas moins, bien que l’on ne s’en inquiète guère en général ; c’est même un des points de chirurgie dentaire où sont commises les plus lourdes fautes.

. On emploie généralement l ouate, sous forme de FARDGNE ou

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de mèches pour nettoyer les cavités cariées ét les canaux radiculaires ; or ces tampons et ces mèches on les fabrique au moment de s’en servir avec dés doigts plus ou moins souillés, et la précaution que l’on prend de les tremper ensuite dans un liquide antiseptique ne constitue pas une garantie suflisante contre les chances d'infection apportées par les doigts de l’opérateur. >

Il faut donc préparer à l'avance avec Au mains stricte-

ment stérilisées les tampons ou boulettes d’ouate et les placer dans des récipients ad hoc qu'on n’ouvrira qu'au moment du besoin, de même les mèches seront enroulées d’avance au-

tour des sondes destinées à les porter dans les canaux et

tenues toutes prêtes pour l’usage ; l’ouate employée devra être ou aseptique (stérilisée à l’étuve) ou antiseptique (salicylée, boriquée, etc). CE:

Avec ces précautions, on se mettra à l’abri, dans les limites du possible, du danger de concourir soi-même, par les instruments ou les matériaux de pansement, à la contamination de la plaie. ù

Les matières de plombage elles-mêmes doivent être soumises à ces mesures de désinfection générale ; les alliages, Vor, la gutta-percha doivent être portés à une température suffisante pour assurer leur stérilisation complète.

Désinfection du champ opératoire. — Toute opération portant sur l'appareil dentaire devrait être précédée du net toyage de la bouche ; la plupart des praticiens cependant ne s’en inquiètent guère et c'est seulement lorsqu'il s’agit de bouche en mauvais état ou d'opérations délicates, exigeant une Pa aussi complète que possible, comme la greffe, Le

l’on prend quelques précautions antiseptiques.

Il faut faire laver la bouche du patient avec la liqueur de Van Swieten. Witzel nettoie, en outre, les gencives pendant

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une demi-minute avec une brosse à dents trempée dans l’eau - phéniquée ou sublimée et frottée sur du savon.

Au lieu de la brosse, il suffit dans les cas ordinaires, de

passer sur la dent malade et la gencive environnante une bou-

lette de coton d’abord sèche, puis imbibée d'eau phéniquée ou

sublimée.

Pendantles opérations sur lesdents (nettoyage des cavités, obturations, etc.) l'opérateur a toujours à lutter contre un obstacle fort génant, c’est l'écoulement continuel de la salive qui ee vient inonder le champ opératoire ; il faut s’en débarrasser à | Ù | tout prix sous peine de perdre le bénéfice des précautions anti-

septiques qu'on a prises avant l'opération ; de plus, certaines obturations ne peuvent se faire que dans des conditions de A sécheresse absolue que l’on ne peut obtenir qu’en éloignant tout contact de la salive.

; Le moyen le plus parfait d'empécher l’arrivée du liquide ” buccal, c’est la digue de caoutchouc; elle permet d'isoler la dent d’une façon absolue ; à défaut de la digue, pour des opérations courtes, des bourrelets d’ouate disposés de chaque -côté de la gencive, des morceaux d’amadou, des serviettes s È =; roulées protégeront suffisamment contre l’accès de la salive. Soins consécutifs à l'opération. — Après une opération sur la peau, il est facile avec les antiseptiques dont nous disposons non seulement d’absorber les sécrétions de la plaie, mais encore de la préserver du contact de l’air extérieur ; les bandages ouatés, les étoffes imperméables (mackintosh, taffetas gommé, gutta-percha laminée) font une ocelusion presque hermétique.

, La même conduite peut et doit être suivie dans la bouche, : quand il s’agit d'opérations ou de lésions portant unique- Tee ment sur la couronne des dents ; les tissus altérés par la carie | -sont une véritable plaie, qu’il faut panser et isoler comme les plaies de la peau. .

Les conditions que présente la dent cariée permettent une

application parfaite dela méthode. On se servait presque exclusivement autrefois et on se sert beaucoup encore maintenant pour isoler la cavité cariée de pansements résineux, c'est-àdire d’une boulette d’ouate trempée dans un liquide renfermant |

soit de la teinture de benjoin, soit du vernis de sandaraque ; au contact de la salive, les substances résineuses se précipitent dans les mailles du tampon et forment une obturation impénétrable à la salive, mais cette impénétrabilité est de courte durée; si on laisse le pansement en place pendant quel-

ques jours, parfois même au bout de 24 heures, la salive le

énètre en entier et réinfecte la cavité.

La gutta-percha n’a pas cet inconvénient, elle présente une

imperméabilité parfaite et indéfinie et grâce à son adhérence intime avec les parois de la dentine, elle isole la cavité d’une façon absolument hermétique ; c’est le pansement par occlusion idéal. V2 AR Mais quand il s’agit de plaies de la muqueuse, de plaie alvéolaire consécutive à une extraction, etc., les pansements

à demeure deviennent ie ot biee Quelle con-

atite tenir : ? + Habituellement, même sans aucun Soin 1 particulier, les lésions

se réparent régulièrement et spontanément. Quand il sur-

vient des accidents ils n’ont pas toujours pour cause l’extraction, la plupart du temps même ils se produisent malgré celle-ci et ne sont que aggravation de linfection existant antérieurement. Mais les complications infectieuses du fait de l'extraction, quoique rares, n’en existent pas moins ; il convient done de rechercher les moyens destinés à les prévenir.

Certains opérateurs enlèvent le coagulum alvéolaire, puis introduisent dans l’alvéole un pansement antiseptique de même dimension que cette cavité, ouate salicylée, gaze phéni-

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quée trempée dans l’éther iodoformé ; en réalité ce pansement west ni suffisamment occlusif, ni suffisamment antiseptique ; la salive ne tarde pas à le pénétrer en en faisant sortir l’iodoforme et l'acide phénique, et Pinfiltration du tampon par les micro-organismes apportés par la salive infecte alvéole.

Après extraction pour un pulpite simple, 11 vaut mieux laisser la plaie en repos afin de ne pas détruire le thrombus : prescrire simplement des lavages généraux antiseptiques de la bouche. On a cherché à faire mieux :

Witzel, par exemple, place sur la plaie une petite compresse de coton imbibée d’eau phéniquée ou mieux sublimée, la fixe avec un tampon un peu plus gros, et laisse le tout une 1/2 heure.

Ce pansement, d’après lui, a pour avantage d’arrêter l’hémorrhagie, d'éviter le suçage de la plaie, d'empêcher le patient de semer partout sa salive sangüinolente, enfin d'accélérer la formation du caillot qui comble ainsi la cavité d’un thrombus aseptique, le meilleur des protecteurs contre la souillure alvéolaire.

Après une extraction pour périostite, si les douleurs persistent extrêmement vives, le lavage de l’alvéole (à la seringue) avec de l’eau phéniquée et l’introduetion d’un tampon phéniqué additionné de quelques gouttes d’une solution de cocaïne calmeront la douleur tout en ayant l'avantage de désinfecter Palvéole. |

Après l'extraction d’une dent atteinte de périostite purulente, le pus s'écoule généralement sans difficulté. et la guérison s'effectue sans aucune réaction ; mais dans certains cas, heureusement assez rares, l'infection a pénétré trop profondément pour guérir par la simple extraction, elle continue à se propager, gagne le plancher buccal, la langue, le larynx (ædème de la glotte), la plèvre (pleurésie purulente), les sinus cérébraux, ete., et emporte rapidement le malade. :

ss

se UE Il faut, dans ces cas, avoir recours aux antiseptiques les plus énergiques, seringuer fréquemment lalvéole avec la

liqueur de Van Swieten et pratiquer des lavages de la bouche avec la même solution, malheureusement on arrive parfois

trop tard ; et l’antisepsie buccale reste impuissante à conjurer

les accidents. | Ce mot d’antisepsie buccale’ que nous avons déjà s1 sou-

vent prononcé reviendra à chaque instant quand nous parle-

rons du traitement des stomatites.

Il importe donc de le bien définir.

Déjà, au chapitre de hygiène, nous avons donné les. indi-

cations nécessaires pour réaliser l’antisepsie de la ‘bouche,

dans l’état de santé. Il co avient maintenant d'indiquer la con. “duite à suivre dans les cas pathologiques. |

Si les micro= organismes, comme nous l’avons vu. pullulent ‘déjà dans une bouche normale, leur développement prend des proportions inouies dans les maladies de la bouche, il en résulte que peu de temps après un lavage pratiqué aussi rigoureusement que possible l'infection ne tarde pas à se reproduire: : un seul moyen serait capable de l'empêcher, ce serait lapplication d’un pansement à demeure, pansement par occlusion, ‘capable de conserver longtemps ses propriétés antiseptiques. Mais ce moyen est absolument inapplicable dans la bou- . che, cavité ouverte et continuellement baignée par la salive. Le bain continu, le lavage continu qui rendraïent les mêmes services que le pansement à demeure, ne sont pas davantage utilisables. |

ne nous reste done comme dernière ressource que le lavage répété aussi souvent que possible. |

Les règles qui doivent présider à ce lavage ne diffèrent en rien de celles que nous avons données à propos de l'hygiène buccale. s

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Avant de songer à faire agir l’antiseptique, il faut débar-

rasser la bouche et toutes les anfractuosités qui s’y trouvent

des débris alimentaires, des enduits visqueux, adhérents, des

exsudats, ete., qui ont pour résultat d’empécher ou de retarder

considérablement l’action microbicide de l’antiseptique. Ce nettoyage mécanique sera fait à l’aide de la brosse, s’ilest possi-

ble, sinon avec un tampon d’ouate promené successivement

sur les différentes régions de la cavité buccale.

C’est seulement après ces soins préliminaires, qu’il faudra faire agir l’antiseptique. !

On peut l utiliser sous 3 formes différentes : collutoires, irrigations, gargarismes.

Nous employons ici le mot gargarisme dans. son sens le plus large : lavage non seulement de la gorge, mais de toute la bouche. En gardant le liquide antiseptique en contact avec la région malade pendant un certain temps, on transforme le

gargarisme en un véritable bain de bouche et ce mode d’appli-

cation des antiseptiques est des plus efficaces.

L'effet des gargarismes et des irrigations est le même ; on emploiera ces dernières chez les individus débilités, incapables de la moindre fatigue, du moindre effort soutenu.

Les collutoires sont surtout indiqués quand il s’agit de solu-

tions fortes devant être appliquées sur des régions détermi-

nées, etc.

Les antiseptiques doivent être exclusivement choisis parmi les plus puissants, les solutions pourront être un peu plus fortes ou un peu plus faibles suivant la gravité des cas, mais il vaut toujours mieux forcer la dose de l’antiseptique que de rester au-dessous du degré de concentration nécessaire.

Les solutions de sublimé depuis 1/5000 jusqu’à 1/1000, d'acide phénique à 1/300 seul ou mieux additionné d'acide thymi-

que à 1/5000 sont les principaux antiseptiques sur lesquels on

a le droit de compter.

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Il ne faut pas hésiter à répéter les lavages aussi souvent | qu'il est nécessaire, Dans un cas d’une gravité excessive, Galippe prescrivit des irrigations phéno-thymiquées tous We LT URSS 1/4 d'heure. EE CE ANR Avec cette énergie et cette constance ls le ete les VE NPNSEENS effets obtenus sont le plus souvent très rapides ; la fétidité, horrible avant les lavages, disparait parfois en 24 ou 48 heu- . res, les ulcérations se détergent à vue d'œil, et si l'infection . F % a | : ee £ KL Û n’a pas pénétré dans la profondeur de l'organisme, la guérison ; survient souvent avec une rapidité qu'on n'aurait jamais osé espérer avant la mise en œuvre du traitement. ALT ERA ïù = 5 "a PAL.

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