‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 14 sur 60 · IV.-Les — — dites toxiques · texte numérisé non relu

IV.-Les — — dites toxiques

NT: a — — gangreneuse, noma.

B) Le muguet d’origine non microbienne mais mycosique.

I. Gingivite tartarique. — La gingivite qui coïncide avec la présence de tartre à la surface des dents est habituellement considérée comme une gingivite traumatique, due à l’irritation permanente exercée sur la muqueuse de la gencive par la présence de ce corps étranger plus ou moins dur, mais cette manière de voir n’est pas acceptée par tous les auteurs. Certains d’entre eux prétendent que, le plus souvent, la production de tartre n’est pas primitive mais secondaire et qu’elle résulte de la mastication défectueuse ou nulle qu’entraîne à sa suite toute gingivite. La plupart reconnaissent cependant que la présence antérieure du tartre aurait pour effet de hâter l'apparition des

gingivites toxiques et spécifiques et de leur faire revêtir une

forme plus grave.

Qu’est-ce donc que le tartre ?

Macroscopiquement, c'est un enduit d’aspect pierreux, plus où moins dur, qui se dépose au niveau du collet des dents et dont l’abondance est extrêmement variable. Au point de vue

chimique, il se compose principalement de matières minérales,

phosphates et carbonates terreux en proportion relative assez variable. Quant à sa formation, les ROSE n’ont Le manqué pour l'expliquer.

1° Serres en faisait un produit de sécrétion de bliaiee spéciales, glandes {artariques qui siégeraient dans l’épaisseur des gencives. Malheureusement pour la théorie, ces HRS n'existent pas.

2 Pour Claude Bernard, il proviendrait d’une irritation du périoste alvéolo-dentaire, à la suite du déchaussement des gencives ramollies, par des fragments alimentaires pendant la mastication.

3 Enfin Dumas admettait dans la bouche l'existence de deux salives, l’une acide, l’autre alcaline venant sursaturer la première : dès que la salive acide qui tient en dissolution les phosphates serait saturée par la salive alcaline, ceux-c1 se précipiteraient.

Aucune de ces explications n’était acceptable et jusqu’à ces dernières années l’on s’en tenait généralement à la théorie suivante de M. Magitot.. è

Le tartre résulte d’un simple dépôt par précipitation des phosphates et carbonates terreux tenus en dissolution dans la salive à la faveur de la matière organique avec laquelle ils sont combinés. A leur arrivée dans la cavité buccale, les principes se dédoublant au contact de l’air et de la muqueuse, les sels insolubles dans l’eau se précipitent et se déposent à la surface des dents. »,

Dans cette théorie, le dépôt du tartre tiendrait uniquement à la composition de la salive et à la quantité de sels terreux tenus en dissolution.

Cependant, depuis longtemps, certains auteurs avaient soupçonné, entrevu la nature parasitaire du tartre, et le considéraient, comme formé de carapaces de diverses espèces d'infu-

Re

soires. Schrott en 1869 faisait entrer dans sa composition :

Débris d’infusoires 60 0/0. À

Parasites végétaux 10 0/0. |

Mais c’est seulement en 1886 que, dans une communication à la Société de biologie, M. Galippe établit pour la première fois une théorie parasitaire de la formation du tartre basée sur des arguments sérieux. Se fondant sur de nombreuses observations cliniques contrôlées par la thérapeutique préventive et des expériences de laboratoire, il conclut que la précipitation des sels terreux de la salive est le fait des micro-organismes qu’elle contient.

Le tartre est une substance vivante, les micro-organismes ne sont pas accidentellement englobés dans le dépôt, mais ont été les agents de sa formation. Ils conservent leur vitalité pendant des mois, une année au moins. Malassez et Vignal ont pu les étudier et les cultiver, Galippe les a retrouvés dans le tartre d’une molaire d’éléphant tombée spontanément. Cette même théorie s'applique. d’après le même auteur, à la formation, non seulement des caleuls salivaires, mais de tous les calculs de l’économie : calculs urinaires, rénaux, biliaires et en général de tous les dépôts calcaires pathologiques qui se forment dans l'organisme, coques calcaires enkystant les tubercules, les abeès, les kystes ; plaques athéromateuses ; enfin tout récemment cristallins cataractés (Galippe et L. Moreau).

La calcification des tissus pathologiques est fonction microbienne, soit que les parasites provoquent par voie de dédoublement ou de fermentation, le dépôt de.substance calcaire, soit qu'ils sécrètent eux-mêmes cette substance. :

Pour ce qui concerne les calculs salivaires, on trouve souvent au centre un corps étranger quelconque qui a passé de la bouche dans le conduit salivaire, mais ce n’est pas comme

corps étranger qu'il agit, e’est comme parasitifère. Une fois

LE HS

dans le canal, les parasites exercent sur la salive une action analogue à celle qui s’exécute dans la bouche pour la formation du tartre ; de là, production d’un calcul à composition variable, suivant la glande salivaire.

On trouve toujours des parasites dans les calculs salivaires, parasites toujours facilement isolables (ce sont sans doute leurs spores qui, conservant très longtemps leur faculté germinative, peuvent après ensemencement reproduire le microbe primitif). k :

Cette théorie n’a rien de contraire à ce que nous savons aujourd’hui des propriétés biologiques des microbes : certains d’entre eux exercent une action chimique nettement définie, les uns fixent l'azote, les autres oxydent l’'ammoniaque et forment des azotates, des sulfates et mettent les éléments de ces corps en liberté. Il est permis d'admettre que, trouvant dans les variations physiologiques ou pathologiques des liquides de l’organisme des substrata de culture propres à leur développement, ils peuvent exercer des actions chimiques électives, provoquer des dédoublements ou la précipitation de substances maintenues solubles à l’état normal (Galippe).

Pour que l'hypothèse fût acceptable il fallait démontrer la présence de parasites et elle est surabondamment démontrée. Les microbes du tartre ne sont pas constitués seulement par le leptothrix comme on l’a cru longtemps, ils sont fort nombreux ; nous les avons indiqués dans notre énumération des bactéries de la bouche. Vignal en a cultivé toute une série qui n’avaient pas été isolés avant lui. Le tartre n’est donc pas un simple corps étranger, c’est un amas de micro-organismes dont l’action sur les matières alimentaires mélangées à la salive au niveau du collet des dents donne naissance à des phénomènes de fermentation qui ont pour résultat de provoquer la précipitation des sels terreux en même temps que l’inflammation du

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