‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 15 sur 60 · RAIN TERRE · texte numérisé non relu

RAIN TERRE

bord libre de la gencive. Cette action à la fois mécanique et infectieuse du tartre produit toutes les variétés de gingivite

Mais là n’est pas son seul danger ; du bord libre de la geneive, il s’insinue peu à peu entre ce bord et la surface de la dent, décollant la gencive et formant un cul-de-sac dont la profondeur s’accroit plus ou moins léntement, par la progression continue des parasites ; il arrive fatalement un moment où la cavité alvéolaire se trouve ouverte, exposée à l’envahissement des agents infectieux et nous assistons alors aux différentes phases du développement d’une affection bien autrement grave, la pyorrhée alvéolaire.

il importe done au plus haut point d'enrayer la maladie avant qu’elle n’ait atteint ce degré de gravité.

Letraitementsera, avanttout, chirurgicalet consistera à pratiquer l’ablation minutieuse dutartre. Certains auteurs prétendent qu’il y a antagonisme entre le tartre et la carie dentaire, que le tartre joue à cet égard un rôle préservateur et que c’est rendre un mauvais service au malade que de l’en débarrasser. Ces vues sont absolument erronées ; ce qui est vrai, c’est que dans les bouches où le tartre est abondant, il existe une alcalinité de la salive peu favorable au développement des microbes de la carie, mais il n’y a aucune mcompatibilité entre les deux et l’on peut constater tous les jours leur ins côte à côte dans la même bouche.

L’enlèvement du tartre constitue une des opérations préventives les plus importantes de la chirurgie dentaire ; c’est le traitement préliminaire ; indispensable de toutes les gingivites, elles ne peuvent guérir qu’à ce prix, aussi faut-il ee un soin des plus minutieux.

Il existe une énorme quantité d’instruments de toutes courbures et de toutes dimensions pour permettre d'exécuter complètement ce nettoyage et d'atteindre les parties les moins

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accessibles. On n’hésitera pas à pénétrer aussi profondément qu’il est nécessaire au-dessous des gencives pour enlever jusqu'aux dernières parcelles de tartre. On y consacrera plusieurs séances s’il y à un certain nombre de dents atteintes, car malgré toutes les précautions prises la gencive saigne abondamment et l'opérateur est forcé de s’arrêter.

Les instruments devront être ensuite soigneusement désinfectés, car l'affection présente les plus grands dangers de contamination.

Cette partie mécanique du traitement terminée, reste à traiter la gingivite. C’est ici qu'intervient l’antisepsie buccale

telle que nous lavons indiquée : les lavages fréquents avec l'acide phénique, sublimé, thymol feront rapidement disparaître la fétidité et auront le plus souvent raison des gingivites, même invétérées.

S’il existe des fongosités, des ulcérations, les attouchements avec des caustiques, acide chromique, nitrate d'argent, teinture d’iode, acide phénique pur, seront de précieux adjuvants du traitement, mais rien ne vaut les piqûres profondes au thermo ou galvano-cautère, surtout dans les gros bourgeons mollasses et violacés des gingivites hypertrophiques.

La guérison obtenue sera maintenue à l’aide des soins

hygiéniques habituels, il faut prévenir le retour du tartre par le brossage énergique des dents matin et soir, et l'usage de dentifrices antiseptiques.

A l’époque où l’on ne voyait dans le tartre qu’une substance purement minérale, on conseillait les dentifrices acides ; la conception étiologique nouvelle commande impérieusement de substituer aux acides les antiseptiques qui seuls sont capables

d'empêcher le développement des micro-organismes du tartre. | Il faut soigner et surveiller surtout les points anciennement malades, les plus menacés de récidive.

Nous avons insisté un peu longuement sur le tartre et la gingivite tartrique, c’est qu’en effet c’est à cette variété de gingivite qu'il faut, pensons-nous, ramener toutes celles que l’on décrit habituellement sous le nom d’essentielles et qui ont pour cause commune le défaut de soins, gingivites ab incurià .

Ce nest pas en tant que dépôt calcaire, que le tartre détermine des désordres gingivaux et consécutivement des désordres alvéolaires, c'est grâce à sa qualité de substance vivante, infectieuse, essentiellement constituée par une agglomération considérable de micro-organismes.

ll arrive, en effet, que dans certaines gingivites, on ne re pas de dépôt de tartre, mais le tartre, substance virulente, n’en existe pas moins sous forme d’un enduit visqueux, limoneux entourant le collet des dents et dont les effets nuisibles, sont identiquement les mêmes que ceux du tartre pierreux. L'absence de sels calcaires peut tenir à diverses causes, mais en particulier à la marche rapide de la maladie; les micro-organismes ont enflammé la gencive avant que le tartre, dont la formation se fait toujours avec une extrême lenteur, ait eu le temps de s'organiser.

On peut aussi rencontrer des gingivites partielles dans des bouches soignées et brossées où il n’existe ni tartre ni enduit visqueux appréciables. La lésion dans ce cas est toujours limitée et tient à des conditions anatomiques particulières : il s’agit de dents tantôt situées en dehors de l’arcade, tantôt trop serrées entre deux voisines, tantôt inclinées en dedans ou en dehors et s’articulant mal avec la mâchoire opposée, dispositions ayant toutes pour résultat une compression de la gencive qui en fait un lieu de moindre résistance ; le nettoyage de la bouche empêche bien le tartre de se déposer, il enlève au fur et à mesure de sa production l’enduit qui tend cons-

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