‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 22 sur 60 · VII. — Durée et Pronostic · texte numérisé non relu

VII. — Durée et Pronostic

Variable. L'état général domine la situation bien plus que la quantité souvent minime du toxique absorbé. Les accidents buccaux peuvent contribuer à la mort, sinon la déterminer à eux seuls.

Peu grave pour Bergeron.

Galippe admet cette bénignité pour les adultes observés par Bergeron, hommes jeunes et bien portants ne présentant pas les conditions prédisposantes offertes par les malades susceptibles de faire de la stomatite mercurielle (syphilitiques, femmes en état puerpéral, atteintes de néphrites, etc.), mais chez les enfants il a observé souvent des formes graves avec état cachectique amené soit par l’auto-intoxication,soit par l’état maladif antérieur.

Diagnostic différentiel. — Bergeron a cherché à l’établir. Au début, il serait facile, en raison de la non existence d’ul-

cérations sur les gencives, dans la stomatite mercurielle, mais:

Lopgptee ce signe n’est pas constant. À une période plus avancée, l’in-

certitude est permise ; cependant, la tuméfaction de la langue et des gencives, la fétidité particulière de l’haleine dans la

stomatite mercurielle, peuvent encore permettre le diagnostic ;

dans les cas graves, il dévient tout à fait malaisé.

En définitive, il n’est pas facile de distinguer les deux maladies qui, pour n’être pas identiques, puisqu'elles dérivent de causes accidentelles diverses, et évoluent sur des terrains différents, n’en ont pas moins la même filiation.

La preuve en est qu’en Allemagne on ne les distingue pas :

la stomatite ulcéro-membraneuse est généralement confondue

avec la stomatite mercurielle. Nos classiques en sont réduits le plus souvent à faire le diagnostic par élimination (Absence d'absorption mercurielle). Il n’y a donc point de stomatite mercurielle proprement dite, c’est-à-dire de stomatite appartenant à l’intoxication mercurielle et n’appartenant qu’à elle.

Les symptômes décrits par les auteurs sont exactement les: mêmes que ceux de la stomatite ulcéro-membraneuse avec laquelle on peut lidentifier autant par ses caractères cliniques que par ses lésions anatomiques. :-

1° Si les lésions de la stomatite dite mercurielle étaient dues comme on l’a prétendu à l’action du mercure éliminé, ces lésions ne seraient point auto-inoculables et elles présentent ce caractère au plus haut degré.

C’est’ là un point d’une importance capitale, nous voyons ces lésions débuter par les gencives, s'étendre à la muqueuse buccale, aux lèvres, au pharynx, à l’œsophage, à l'estomac, peut-être à l’intestin, provoquer l’infection des ganglions sousmaxillaires, l’hypersécrétion et peut-être aussi l'infection des glandes salivaires.

Cette propagation de l infection n’a rien à voir avec la lésion locale et topique que pourrait produire un médicament irritant,

lésion traumatique incapable de s'étendre par elle-même et de se propager de proche en proche.

2° La gravité des phénomènes d'intoxication est tout à fait

hors dé proportion avec la dose de toxique ingéré, et pour

expliquer cette gravité tous les auteurs ont été obligés d’invo- quer des causes adjuvantes que nous étudierons plus loin, mais en tête desquelles nous plaçons l’auto-intoxication.

Ces caractères de la stomatite mercurielle, nous allons les

retrouver dans les stomatites observées dans d’autres intoxications métalliques, bismuthique, saturnine, arsenicale, phosphorique.

Stomatite bismuthique. Elle n’est pas encore complètement étudiée : les lésions décrites chez l’homme n’ont pas de gravité exceptionnelle.

Elle est surtout connue comme stomatite expérimentale. Dalché et Villejean l’ont étudiée sur des chiens, animal bien

choisi puisqu'il présente un grand nombre de lésions buccales

ou dentaires observées chez l’homme, la gingivite infectieuse en particulier. RSA

Les symptômes sont les suivants :

1° Un liséré brun violacé, noirâtre. luisant se dépose sur le rebord gingival qui se gonfle.

2° Des plaques ulcérées apparaissent sur les parois de la bouche et la face inférieure de la langue et peuvent gagner la voûte palatine. L’auto-inoculabilité des lésions ressort clairement des descriptions de Dalché et Villejean ; le lieu d’élection des ulcérations est au point de contact de la muqueuse des joues et des lèvres avec les dents, à la face inférieure de la langue près du bord.

3° Ces ulcérations plus ou moins fongueuses, avec ou sans liséré noir, saignent plus ou moins facilement et peuvent dans les cas les plus aigus se compliquer de gangrène, parfois presque dès le début.

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« Par le fait de l’auto-intoxication et de l’état général mau- « vais, les ulcères de la gueule ont sans doute subi plus

« faiblement l'influence des diverses bactéries contenues dans « la salive et rapidement sont devenues gangreneuses » (Dalché et Villejean). |

4° Salivation abondante.

5} Fétidité de l’haleine. :

6° Albuminurie. Entérite avec selles sanglantes, dysentériformes et légère congestion hépatique avec polycholie.

L'intensité des lésions est proportionnelle à la quantité de métal absorbé. HEAR

Toutes les stomatites $e sont terminées par gangrène.

Dalché et Villejean sont amenés par leurs expériences à rapprocher les phénomènes par eux observés de ceux qui sont. causés par: différents autres métaux toxiques (mercure et plomb). |

Balzer a obtenu des résultats un peu différents.

Il a observé des lésions très localisées, symétriques, sans stomatite à proprement parler, sans gonflement ni change-. ment de coloration de la muqueuse autour de ces lésions.

Ge sont des plaques de sphacèle jaune verdâtre apparaissant à la mâchoire supérieure, soit sur le rebord alvéolaire et dans le repli gingivo-labial, soit sur la lèvre avec liséré gingival brun noirâtre du même côté. Ébranlement des dents qui deviennent d’abord rougeâtres puis noires et déchaussées.

. Les ulcérations très superficielles se recouvrent de plaques diphtéroïdes et verdâtres. Amaigrissement et affaiblissement rapides.

Si la dose de poison administrée a été faible, Panbiale se rétablit parallèlement à la restauration des lésions buccales, soit, dit Balzer, que l'animal s’alimente plus facilement, soit, dit Galippe, qu’il ne fasse plus d’auto-infection. |

Balzer a établi le diagnostic différentiel avec la stomatite

mercurielle. Mais il ne faut pas perdre de vue, dit Galippe, que le mode d'introduction du toxique et la façon de réagir du

chien peuvent notablement différer de ce qu’on a observé chez

l’homme, on ne peut donc conclure qu'approximativement.

ÆExaminons les divers points :

. 4 L'apparition de la stomatite mercurielle est tardive, d’après Balzer. C’est inexact, dit Galippe, elle peut apparaître

quelques heures après l’absorption; chacun réagit comme il

peut, suivant son état général et local et ses moyens d’élimination.

2 La coloration particulière de l’exsudat peut être propre au bismuth, mais l’exsudat existe également dans la stomatite mercurielle.

3° Le déchaussement et l’ébranlement des dents ne sont

pas particuliers au bismuth.

4 La salivation n’est pas le phénomène initial comme le prétend Balzer, mais secondaire (Rabuteau) et consécutif au caractère infectieux des ulcérations et de la gingivite comme

dans la stomatite mercurielle.

5° La fétidité de l’haleine est un phénomène commun.

6° L’amaigrissement et l’affaiblissement sont rapides, à cause de la difficulté d'alimentation (Balzer), à cause surtout de lintoxication par septicémie buccale (Galippe).

Quant à l'apparition rapide des plaques de sphacèle et à la non coexistence constante d’une stomatite généralisée, elles peuvent tenir à des conditions particulières qui pourraient chez l’homme déterminer des symptômes différents.

La localisation des lésions, leur disposition symétrique peuvent tenir à des conditions propres à l'animal. |

En résumé, la stomatite bismuthique ne paraît pas différer radicalement de la stomatite dite mercurielle de l’homme et

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