‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 23 sur 60 · UNE · texte numérisé non relu

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RE comme celle-ci on peut À faire Here dans la classe des stomatites septiques.

Pour les STOMATITES SATURNINE ET ARSENICALE, NOUS S6TONS plus bref. Mêmes symptômes fondamentaux, fétidité de lPhaleine, salivation, lésion des muqueuses gingivales et buccales.

Dans la stomatite arsenicale les lésions peuvent gagner le pharynx, devenir gangreneuses, les dents se déchaussent ; il peut y avoir des douleurs gastralgiques intenses, des nausées, des vomissements, de la diarrhée souvent sanguinolente. Tous ces symptômes appartiennent également à à la sto- “matite mercurielle. |

Quant à la stomatite PHosPHoRIQUE. (produite par l’usage interne des préparations phosphorées (paralysie, ataxie),1ln’en existe pas de description complète ; cela peut tenir, dit Galippe : 1° à sa rareté relative ; 2° à ce qu’elle est dominée par un accident de la plus hante Braves la nécrose phosphorée. ï

Les courtes descriptions qui en ont été ‘données ne différent en rien de la gingivite mercurielle. ;

La question de la nécrose phosphorée est des plus obscures. On invoque habituellement comme sa cause productrice l’action locale élective exercée surle maxillaire, sans que les dents” soient touchées par les produits oxygénés du phosphore.

C’est une hypothèse toute gratuite et sans aucune preuve.

Le caractère envahissant de cette ostéite particulière, les abcès, les suppurations qu’elle provoque, impliquent nécessairement l'existence des organismes infectieux que nous sommes habitués à rencontrer dans cette forme d'accidents (Galippe).

Il y aurait donc lieu, dit Galippe, d'étudier à nouveau cette question et de voir quelle part doit être faite dans la nécrose phosphorée à l'élément infectieux : si les micro-organismes Y

entrent, même pour une part restreinte, il y a liéu d’en tenir compte pour la prophylaxie et Le traitement.

Les auteurs paraissent d'accord sur ce point que les malades succombent à des accidents pyohémiques ou d’auto-intoxication d'autant plus redoutables qu’ils trouvent un terrain préparé par l’intoxication phosphorique concomitante. :

L’examen récent de dents non cariées enlevées à un malade atteint de nécrose phosphorée, nous a montré, dit Galippe, après coloration par la méthode de Gram, à l’extrémité de la racine une altération profonde du cément (processus de destruction et de néoformation) comme on le constate généralement dans les cas de cémentite très accusée. Ces altérationsse rencontrent également localisées sur des points assez éloignés du sommet.

Dans les anfractuosités se trouvent de nombreux microorganismes.

Les lésions sont surtout accentuées dans la région où le canal radiculaire traverse la couche de cément.

Le ligament est détruit, et dans tous les points où ses débris altérés persistent, ils sont envahis par des parasites. ,

Aussi Galippe considère-t-il le rôle de l'élément infectieux dans la nécrose phosphorée comme des plus importants.

Conclusion.— Les stomatites d’origine toxique présentent des caractères tellement voisins de ceux observés dans les stomatites septiques qu’on peut les considérer comme identiques.

Les différences minimes que ces stomatites considérées jusqu'alors comme ayant une évolution propre peuvent présenter, tiennent autant au sujet (intensité, chronologie des accidents) qu'à la nature du métal employé (coloration des gencives, bismuth, plomb).

Maintenant, comment l’ingestion de certains produits métal-

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liques peut-elle donner naissance à des gingivo-stomatites

septiques dont la gravité est tout à fait hors de proportion

avec la quantité de métal toxique introduit dans l’économie ? M. Galippe en donne l'explication suivante :

Théorie de La salivation mercurielle.

La composition intime de la salive est loin d’être complètement connue, mais ce qu’on sait, c’est qu’elle est capable de se modifier suivant que la sécrétion se fait normalement ou se produit à la suite d’une irritation quelconque. -

Or les organismes pathogènes de la bouche restés silencieux tant que les conditions n'étaient pas très propices à leur développement peuvent s’accroitre avec une incroyable rapidité, si sous l'influence d’une cause quelconque la qualité de la salive subit des modifications favorables à leur développement.

Or, dans la stomatite mercurielle, comme dans les autres formes de stomatite septique, la salive subit des modifications

manifestes. Sa quantité peut être très considérable, sa compo- :

sition chimique estchangée, elle renferme une quantité notable d’albumine, sa densité voisine de 1008 à l’état normal peut s'élever à 1059 pour diminuer ensuite et retomber parfois audessous de la normale (Rabuteau).

D'autre part, l'individu se trouve toujours en état d’oppor-

tunité morbide, soit qu'il s'agisse d’un syphilitique, soit d’une

femme en état puerpéral, accouchée dans des conditions anormales, menacée ou atteinte d'infection, ayant ou non des urines albumineuses.

Ces 2 éléments : modification dela salive, diminution de résistance de l'individu, concourent au même résultat : pullulation des microbes.

Mais pourquoi cette modification de la salive ? Un travail de MM. Brasse et Wirth communiqué à la Société de biologie va nous éclairer à ce sujet.

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Tout d’abord, disent ces auteurs, l’organisme fixe le mercure, puis, quand il est saturé, l'élimination commence, elle se fait par les reins et les glandes salivaires, seuls émonctoires par lesquels s’élimine le mercure. Le tube digestif et la peau né jouent qu'un rôle insignifiant.

À l'état normal, Pélimination rénale du mercure est le double de Pélimination salivaire ; mais si l’un des organes cesse de livrer passage au mercure un surcroit d'élimination pouvant entrainer ‘des troubles fonctionnels ou organiques s’imposé aux autres organes.

C’est le rein qui supporte le mieux l'excès d’ élimination, il se produit toutefois dé la polyurie, parfois o l'albuminurie (néphrite).

L’albuminurie peut se rencontrer sans polyurie; mais

élimination de mercure par le rein cesse dès que l'urine devient albumineuse et réciproquement le mercure va quand l’albuminurie disparait.

Ce fait, comme nous le verrons, rend compte de la fréquence des stomatites chez les syphilitiques et les femmes enceintes.

Les mêmes phénomènes se passent du côté des glandes salivaires. Il y a hypersécrétion salivaire chaque fois que la quantité de mercure éliminée par la salive est supérieure à la quantité que celles-ci peuvent éliminer normalement. -

La salivation mercurielle est donc intimement liée à la quantité de mercure éliminée par la salive.

La stomatite mercurielle, au contraire, n’a rien à voir avec la quantité de mercure éliminée ; il faut, pour quelle se produise qu'il existe du mercure dans la salive, : mais sh dose peut en être excessivement faible.

La stomatite est surtout sous la dépendance de diverses conditions étiogéniques (état des dents, des gencives, etc.).

Stomatite et salivation peuvent done exister l’une sans l’autre. |

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Lorsque les reins et les glandes salivaires sont insufli-

sants, le supplément d'élimination qui incombe aux organes

digestifs a pour conséquence de la drarrhée, des douleurs intestinales, etc. À

Ainsi, néphrite, stomatite, entérite, s’expliquent, pour MM. Brasse et Wirth, par le même mécanisme, action directe du mercure sur ces organes.

En réalité, la question est plus complexe, car outre le mercure, il existe un facteur d’une extrême importance, c’est l’auto-intoxication par les produits de sécrétion microbienne ou toxines, qui seule peut expliquer la gravité quelquefois mortelle {le fait n’est pas rare dans certaines stomatites ulcérogangreneuses) des accidents déterminés par des doses de mercure insuffisantes par elles-mêmes pour entrainer la mort, même en tenant compte de l’état des reins.

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