‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 8 sur 60 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Hygiène buccale et dentaire.

En présence du nombre et de la variété des micro-organismes que nous venons de décrire et de ceux dont nous aurons encore à nous occuper, on pourrait croire que c’est peine perdue que d’essayer de lutter contre de si nombreux adversaires ;

cependant si l’on réfléchit qu’un certain nombre de ces parasi-

tes jouent surtout un rôle physiologique dans la digestion des aliments, que les espèces dangereuses sommeillent le plus souvent, ne trouvant pas de conditions assez favorables pour manifester leur virulence, on comprendra qu’il soit possible et même facile de neutraliser l’action nuisible des éléments pathogènes. |

Nous voyons quelquefois, malgré l'absence des soins les plus élémentaires de propreté, certaines bouches conserver pendant fort longtemps une intégrité remarquable; à plus forte raison en sera-t-il de même si l’on prend les Dee voulues. | |

L’hygiène de la bouche (vyeux, santé) est précisément l’ensemble des moyens dont nous pouvons disposer pour conserver la santé de tous les organes qui en font partie, et par CAE pour en éviter les HOME

Elle n’a pas seulement pour but et pour résultat de préserver la bouche, son rôle à plus d'importance : elle contribue pour

une bonne part à la santé générale par l'influence que la mastication exerce sur l'ensemble des phénomènes digestifs et sur la digestion stomacale en particulier. Il est d'observation vulgaire que des dents saines et bien conservées indiquent un état général excellent et qu'au contraire des dents carices ou couvertes d’un enduit gluant, tenace, plus ou moins solide, des gencives rouges, tuméfiées, saignantes, une haleine plus

ou moins fétide, vont avec des troubles dyspeptiques et une

constitution plus ou moins affaiblie. Certains auteurs attribuent dans ces cas la plus grande importance, dans la genèse des phénomènes morbides, à la déglutition continuelle des produits toxiques sécrétés par les microbes ; il y a certainement lieu de tenir le plus grand compte de cette autointoxication.

L'hygiène de la bouche a donc une importance capitale et elle peut rendre d'autant plus de services qu’elle est basée au jourd’hui sur des faits précis, scientifiquement démontrés et guidée par la connaissance du rôle des micro-organismes dans la Ris buccale.

n’y a pas bien longtemps encore, les auteurs sérieux se

bornaïent à recommander les soins de propreté.

M. Magitot fit de cette question une étude approfondie et de ses recherches sur la réaction dela salive, surla formation du tartre, sur les phénomènes chimiques de la carie dentaire, il déduisit une série de règles très rationnelles sur le choix que . l’on devaitfaire de dentifrices neutres alcalins ou acides suivant l’état des dents, des gencives, l’abondance du tartre, etc.

Les découvertes modernes ont simplifié la question ; nous savons que toute maladie buccale ou dentaire, gingivite, carie, tartre est fonction microbienne ; la conclusion se dégage d’ellemême, € ‘est que, pour éviter ces maladies ou les guérir une fois déclarées, il faut lutter contre leur cause, c’est-à-dire les microbes etnous n'avons qu’un moyen pour cela c’est l’antisep-

Lo oNree

sie. Cependant un autre côté de la question dont nous devons signaler l'importance sans nous y arrêter, car il ne présente

aucun rapport direct avec le sujet de cette étude, c’est l’influence

des conditions générales de l’économie sur la production des affections buccales (diabète, ataxie, grossesse, etc.). ILest bien évident qu'en même temps qu’on luttera contre les causes déterminantes, c’est-à-dire le microbe, il ne faudra pas négliger la cause occasionnelle ou prédisposante, même en l'absence de toute lésion constituée.

Gertaines catégories d'individus présentent, en effet, une prédisposition excessive aux lésions bucco-dentaires, en partieulier les diabétiques, ataxiques, etc., etc., l'hygiène buccale devra évidemment être plus sévère et rigoureuse chez eux que chez les autres.

On peut affirmer que si l’on prenait dès la naissance tous les soins nécessaires de la bouche sans les discontinuer, on aurait des dents saines, malheureusement on n’y songe jamais avant la seconde dentition. | |

L’indication à remplir est la suivante : :

1° Empêcher le séjour dans la bouche des particules alimentaires qui servent de nourriture aux micro-organismes et qui subissent des fermentations, acides causes premières de la carie.

2° De détruire les micro-organismes ou tout au moins d’en- traver leur développement.

La première indication est remplie par le cure-dent, la brosse et le savon, la seconde par les dentifrices antiseptiques.

Dès que l'enfant commence à s’alimenter avec des aliments solides c’est-à-dire laissant des résidus dans les interstices des dents, on devrait par des lavages après chaque repas chasser ces résidus, puis apprendre à l'enfant dès qu'il est en état de le faire, à se rincer soigneusement la bouche, non seulement

es |

après le repas, mais chaque fois qu’il a mangé entre les repas du pain, des gâteaux, des sucreries (Le Gendre),

Un enfant même très petit peut être instruit sur lutilité de la brosse à dents : les dents de lait ont à cet âge la même importance que les dents permanentes pour l'adulte. On peut éviter bien des souffrances aux enfants en leur apprenant à

prendre les soins nécessaires de leur bouche, La carie des dents delait, outrelesdouleurset les complications qu’elle entraine, a

aussi une influence fâcheuse sur la seconde dentition ; leur chute spontanée, prématurée ou leur avulsion entrave le développement des maxillaires, peut amener des anomalies dans

l’éruption des dents permanentes, ete.

La carie est très fréquente pendant l'adolescence : sur 169 enfants de 8 à 17 ans, Sher a trouvé 189 dents cariées, surtout les2* et 3° molaires inférieures ; à cet âge, en effet, l’hygiène buccaleet dentaireestabsolument méconnue. Les maitres, dit Le Gendre, devraient s’assurer que chaque collégien a une brosse à dents et en fait usage, brosse en soies flexibles, pas

assez dure pour faire saigner la g'encive ; une poudre composée de craie lavée, additionnée ou non de chlorate de potasse por-

phyrisé suffirait (Le Gendre).

C’est surtout en cas de maladie qu'il importe de faire la toilette buccale. Dans la plupart des maladies fébriles, fièvre

typhoïde en particulier, la salive est acide, les enduits sabur-

raux où muqueux plus ou moins adhérents constitués par des amas de cellules organiques en voie de décomposition offrent un terrain de pullulation aux microbes. Deux fois par jour au moins, il faut laver soigneusement la bouche et nettoyer les dents avec une solution antiseptique.

Depuis Hippocrate jusqu’à Fauchard (en passant par Martial et Ovide) tous les auteurs anciens ou modernes se sont préoccupés des dentifrices. |

ss:

Les dentifrices sont utilisés sous trois formes: : dx

1° Pulvérulents où poudres dentifrices qui joignent à l’action thérapeutique ou chimique une action mécanique.

2 Liquides. Les:

3° Mous.— Cetteclasse A de opiats à husë de miel qui doivent étre absolument proscrits comme favorisant les fermentations buccales et fournissant un aliment aux microbes au lieu de les détruire ; ot les savons dont nous parlerons tout 'à heure.

- Nous n’établirons pas de différence éntré les dénbiriées neutres ou acides alcalins ; ce qui compte pour un dentifrice, c’est sa valeur antiseptique et non sa réaction : tout antiseptique possédant une action puissante contre les micro-organismes pourra être considéré comme un excellent dentifrice pourvu qu'il n’exerce pas d'action chimique ou mécanique capable de détériorer les dents et qu'il soit d’une saveur supportable. À

Si l’on se contentait de se rincer la bouche avec un antiseptique, le résultat cherché seraitloin d’être obtenu ; pournettoyer les interstices dentaires, enlever le mucus et les enduits visqueux adhérents au “collet des dents il faut d’autres moyens ; ces moyens ce sont la brosse, d’une part, le cure-dents, d'autre part.

- La brosse doit être dre assez qe pour produire un effet mécanique énergique, pas assez cependant pour léser la gencive.

La meilleure substance à employer sur la brosse est certainement le Savon, c'estun agent de nettoyage des plus sûrs, il dissout le mucus buccal et l’entraine hors des interstices plus eflicacement que ne le ferait aucune autre substance.

L’objection à son emploi, c’est son goût toujours assez difficile à masquer, non impossible cependant ; il existe de bons sayons de toilette dont la saveur est assez faible, et en humec-

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