‹ De l’appendicite herniaireChapitre 19 sur 31 · A RE · texte numérisé non relu

A RE

pêu partout. Elle put continuer son travail jusqu’au 7 mai, c’est-à-dire 4 jours, conservant son appétit et l’usage de ses fonctions digestives, l’un et l’autre absolument normaux.

Le 8 mai. — Inquiète de ne pouvoir rentrer sa hernie, souffrant de quelques légers tiraillements dans le ventre, elle consulte son médecin qui, après un taxis infructueux, l’envoie à Lariboisière. Entrée le soir du 8, elle est vue le 9 au matin par M. Guinard, l’interne n'ayant pas cru devoir l'appeler plus tôt.

L'état est le suivant: Pas de symptômes généraux, température et pouls normaux, pas de vomissements, pas de ballonnement du ventre. Une selle la veille, émission de gaz. Localement, petite tumeur crurale comme une petite noix, dure, douloureuse, mate. Le diagnostic porté fut épiplocèle et M. Guinard procède à la kélotomie.

Dès que l’anneau est débridé, au moment où l’anse herniée est attirée au dehors pour vérifier l’état des parois au-dessus de l’anneau herniaire, on voit sortir de la cavité abdominale l’extrémité libre de l’appendice, et en opérant une légère traction on amène au dehors la partie inférieure du cœcum. On place une ligature à la soie sur l’appendice et son insertion coule et on le résèque au thermo-cautère, On termine ensuite l’opération comme d’habitude.

M. Guinard fait remarquer qu’il n’y avait aucune trace de péritonite etque la malade n’a présenté aucune réaction générale pendant les jours qui ont suivi l'opération et précédé la guérison complète.

En examinant avec. soin l’appendice, on constate qu’il présente une longueur exagérée de 15 centimètres. L'étrangle-

ment porte sur l’appendice seul ; c’est-à-dire qu’on peut voir

A Er attenant à l'organe un méso graisseux qui allait du cœcum à l'extrémité libre de l'appendice sans être enserré par l’anneau herniaire. Cela explique comment les vaisseaux, étant respectés, il ne s’est pas produit de sphacèle du bout périphérique. Au hiveau de l'agent de l’étranglement, on voit sur l’appendice deux anneaux qui marquent la place où le canal appendiculaire était nettement oblitéré. Enfin, au delà du point étranglé, l’appendice est dilaté et présente le volume et la forme d’une amande, En aucun point on ne voit de perforation ni même de meuace de sphacèle, Les parois de cette extrémité renflée et dilatée sont violacées, très congestionnées, mais le péritoine qui la revêt est lisse et d‘pourvu de toute espèce de fausse membrane : en un mot il n’y avait pas trace de péritonite péri-appendiculairé, pas trace d’adhérence avec les viscères voisins. Cette cavité close contient un liquide couleur chocolat et on ne découvre sur la muqueuse

aucune ulcération superficielle ou profonde, petite ou grande.

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