CHAPITRE V
RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR L’ATMOLYSE DES TISSUS VÉGÉTAUX ET SUR CEUX DE CERTAINS ANIMAUX
Dès 1883, R. Dubois avait montré, comme je l'ai signalé dans mon historique [5], que les vapeurs atmolysantes activent et augmentent la production du sucre dans les fruits.
Beaucoup plus tard, en 1914 [51], Mazé, en faisant agir directement l’éther et le chloroforme sur la racine de betterave, obtint un résultat de même ordre. Dans une première communication à l’Académie des Sciences, il publia le résultat d'expériences qui le conduisirent à admettre que le chloroforme et l’éther exercent sur la racine de betterave une action stimulante, qui se traduit de plusieurs façons :
1° Les liquides provoquent une excrétion rapide du sucre en réserve;
2° Ils exaltent ou atténuent quelques-uns des phénomènes diastasiques les plus faciles à observer.
Puis, dans une seconde note à la Société de Biologie, il conclut de ses nouvelles recherches que le chloroforme et l'éther augmentent l’activité de la sucrase, ou, plus vraisemblablement, en provoquent une sécrétion plus abondante, L'action du chloroforme est plus énergique et plus régulière que celle de l’éther.
Il convient de remarquer que le fait découvert et signalé par
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R. Dubois n’a été indiqué que d'une manière pour ainsi dire incidente, et que Mazé n’a pas fait de recherches sur les fruits. D'un autre côté, Mazé ne se sert pas de l’atmolyse, mais, comme dans l’éthérolyse de Legrip, il immerge les racines de betterave et Les tubercules de pommes de terre dans l’éther et dans le chloroforme. Ensuite, il semble que ses recherches n'aient qu'un caractère préliminaire.
Je me suis proposé, pour ce motif, d'étendre beaucoup le champ des recherches de R. Dubois dans cette direction, en me servant exclusivement de l’atmolyse.
C'est le résultat de ces recherches qui constitue le présent chapitre.
Voici, succinctement indiquée, la méthode que j'ai suivie :
Les fruits, racines et tubercules ont été soumis aux opérations suivantes :
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1° Propuit iNITIAL. — Le sucre réducteur préformé a été dosé sur la matière réduite en pâte et passée au tamis.
Après addition d’un petit excès de CO*Ca pour saturer les acides naturels et empêcher leur action hydrolysante, cette pâte a été portée à l’ébullition pendant vingt minutes avec de l'eau distillée en quantité telle que le poids final total correspondait à huit fois le poids du produit mis en œuvre.
Le produit trouble était filtré, déféqué au réactif de Courtonne !, filtré de nouveau, et c’est sur le filtratum limpide que l’on procédait au dosage du sucre réducteur; en tenant compte, bien entendu, des diverses dilutions, et en établissant des calculs sur une quantité de matière première correspondant au poids du liquide employé.
Pour déterminer les effets de l’atmolyse sur la teneur en sucres réducteurs des produits naturels : fruits, racines, tuber-
1 Réactif de Courtonne : acétate neutre de plomb, 200 grammes; acide acétique, Q. S; eau distillée, Q. S. pour r.000 centimètres cubes. Dissoudre le sel dans l’eau et ajouter par'petites portions de l’acide acétique jusqu'à réaction neutre au tournesol. Filtrer.
ENCORE cules, elc., j'ai procédé, pour chaque substance, à trois dosages :
1° Dosage le jour même de la mise en expérience;
2° Dosage après exposition d'un échantillon témoin sous une cloche de même contenance que l’atmolyseur, dans une atmosphère humide, cette exposition étant de même durée que dans le cas suivant;
3° Dosage après séjour de la substance dans l’atmolyseur sous vapeurs d’éther ou de benzine cristallisable.
Pour chacun de ces dosages, les produits étaient réduits en pulpe, délayés dans un volume déterminé d'eau distillée et le mélange porté à l’ébullition, comme je l’ai indiqué ci-dessus.
Après l’ébullition, le poids définitif total était porté à un chiffre donné par addition de quantité suffisante d’eau distillée, et, après mélange intime, le tout était jeté sur un filtre.
Le dosage du sucre réducteur élait pratiqué sur un poids déterminé de la colature filtrée et limpide correspondant à une quantité connue de la matière première, de manière à établir un pourcentage exact.