‹ De L’Atomolyse Et De Ses Applications En PhysiologieChapitre 30 sur 31 · OUR · texte numérisé non relu

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mais, au lieu d'aider à leur séparalion, elles facilitent leur contact et favorisent ainsi la réaction photogène, de telle sorte qu'il ne reste plus finalement dans le liquide exsudé que les produits résultant de l'oxydation de la luciférine ou peroxyluciférine de R. Dubois, mélangée à d’autres protéides. Sans doute, la peroxyluciférine obtenue dans ces conditions est régénérable à l’état de luciférine, par des agents réducteurs convenablement choisis et particulièrement par l’hydrogénase, découverte par R. Dubois, dans le syphon de la Pholade, laquelle, dans certaines conditions, dégage de l'hydrogène à l'état naissant, mais c’est une question sur laquelle je me propose de revenir dans des recherches ultérieures.

J’ai essayé également l’action de l’atmolyse sur les Murex producteurs de la pourpre, qui ont fait l’objet de si nombreux et si remarquables travaux de la part du professeur R. Dubois [55]. On sait que c’est à cet expérimentateur que l’on doit la découverte du venin de la glande à pourpre et son étude physiologique, ainsi que celle des deux principes qui, par leur réaction, engendrent la célèbre teinture de la pourpre dont on ignorait complètement le mécanisme physiologique de formation. ,

J'ai essayé l’extraction et la séparation de ces deux derniers au moyen de l’atmolyse par l’éther. A cet effet, j'ai mis dans deux entonnoirs très évasés une douzaine de Murex brandaris d’une part, et une douzaine de Murex frunculus de l’autre, en ayant soin de placer l'ouverture de la coquille en bas de façon à faciliter l'écoulement du liquide atmolysé.

Chacun de ces entonnoirs a été placé dans un atmolyseur avec vapeurs d’éther. La douille très large et courte de ces entonnoirs était engagée dans le goulot d’un flacon renfermant de l’alcool à 96 degrés.

Très rapidement, il s’est produit un écoulement abondant de

1 R. Dubois, Réversibilité de la fonction photogénique par l'hydrogénase de la Pholade dactyle {C. R. de la Soc. de Biol., 840, 1919.)

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mucus qui, dans l'alcool, s’est transformé en un coagulum incolore avec Murex brandaris et légèrement teinté en bleu avec Murex trunculus. L'écoulement de produits atmolysés s’est continué pendant cinq jours au bout desquels j'ai examiné les produits obtenus. J'ai été fort surpris de ne trouver ni purpurine dans le liquide alcoolique surnageant le coagulum, ni purpurase dans ce dernier, qui paraissait résulter presque uniquement de la coagulation par l'alcool de matières protéiques muqueuses et sanguines. Les glandes à pourpre étaient fortement colorées, celles de Murex brandaris en vert, qui plus tard a passé au rouge à la lumière, et celles de M. frunculus en bleu. La réaction purpurase-purpurine s'était produite dans la glande elle-même. Mais l'injection sous-cutanée de quelques gouttes du résidu aqueux de l'évaporation du liquide alcoolique a très rapidement amené les accidents caractéristiques du venin de la glande à pourpre ou purpuro-toxine chez une Anguille, chez deux Gobies vigoureux et chez plusieurs autres petits poissons qui n'ont pas tardé à succomber.

S1 le procédé à l'atmolyse ne semble pas propice à l’extraction de la purpurase et de la purpurine, il semble en revanche constituer un moyen précieux de séparation du venin de la pourpre, dont la nature semble être alcaloïdique et qui, en tous cas, ne se confond pas avec la purpurine, ainsi que le montre nettement mon expérience.

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