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SON COMMERCE DE MANUSCRITS EN PARTICIPATION AVEC NICCOLI

Pour subvenir aux dépenses que nécessitaient ses goûts et ses habitudes, Poggio ne pouvait compter sur les seuls émoluments que lui rapportait sa charge de secrétaire du pape. Comme tous les fonctionnaires d’alors, il était peu rétribué. Mais il avait soin de se faire payer, suivant l’usage généralement établi, tous les services qu’il était à même de rendre à ceux qui venaient à Rome solliciter à la chancellerie pontificale.

Il trouvait une autre source de profits dans ses travaux littéraires. Ceux auxquels les auteurs dédiaient leurs œuvres étaient tenus de payer généreusement cet honneur.

Laurent Valla eut 500 écus d’or pour sa traduction de

1 Ch. Nisard, op. cit., page 264.

? Ch. Nisard, op. cit., page 160. Cf. pages 161, 175.

3 Epist., IIL, 29. En parlant du manuscrit attendu du moine de Hersfeld, il dit: CEtillum nos haberemus quia eget (monachus) favore nostro. » Cf. Epist., IL, 31.

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Thucydide; Filelfo en obtint 1,000 et une maison à Rome pour avoir mis l'Iliade et l'Odyssée en vers latins. Poggio ne fut certainement pas moins bien traité que ses deux rivaux. Ne savait-il pas d’ailleurs se faire payer, quand on ne le rétribuait pas de bonne grâce? Il avait fait hommage de sa traduction de la Cyropédie à Alphonse d'Aragon; ne recevant pas la rémunération qu'il attendait, 1l supprima des nouveaux exemplaires son épiître dédicatoire, et, dans ses lettres, il cribla de sarcasmes l’héritier de Jeanne IT. Pour se ménager l'opinion publique, pour arrêter les dénigrements de Poggio, pour le désarmer, Alphonse lui envoya 600 ducats ou écus d’or!. Aussitôt, notre Florentin entonna un pompeux éloge du noble et magnanime roi de Naples?.

Ce qui avait rapporté et rapportait encore beaucoup à Poggio, c’étaient ses découvertes de manuserits anciens. Il en obtenait parfois des prix élevés; mais, le plus souvent, il en faisait faire des copies, dont le débit était facile et fructueux. Il eut en ces sortes d’affaires, pour collaborateurs ou pour associés, des hommes érudits et fort habiles, mais d’une honorabilité douteuses. Les principaux d’entre eux étaient Cincio le Romain, Bartholomeo de Montepulciano, ses collègues au secrétariat de la cour romaine; un certain Piero Lamberteschi, sur le compte duquel nous n’avons pas de renseignementst et dont nous aurons à parler; surtout son compatriote Nicolo de Niccoli.

Fils d’un riche marchand florentin, et après avoir été marchand lui-même, Niccoli s'était adonné aux lettres et

4 Environ six mille francs.

? Fazio, De Viris illustribus, page 17.

3 Sur les amis de Poggio, cf.: Lenfant, Poggiana, Amsterdam, 1720, t. T, p. 5-10. — Tiraboschi, Storia della letteratura italiana, t. VI, liv. [, e. # — Ginguené, Histoire littéraire d'Italie, t. II, p. 261, 288 à 294.

# I] était vraisemblablement parent de Domenico Lamberteschi, partisan de Rinaldo Abizzi. Cf, F,-T, Perrens, Histoire de Florence. t. VI, page 412,

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