‹ De l’authenticité des annales et des histoires de TaciteChapitre 36 sur 102 · ÉTAT DES ESPRITS À LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

ÉTAT DES ESPRITS À LA RENAISSANCE

Nous avons eu déjà l’occasion de rappeler que dans la société chrétienne, dès la fin de l’empire romain, les écri- ‘ vains paiens n’eurent plus d'autorité. Durant le moyen âge, à | ce fut donc dans les auteurs chrétiens, tels que Paul Orose de et quelques autres, qu’on apprenait l’histoire des peuples A ayant vécu au dehors de la Judée; et, à part quelques

esprits d'élite, on n’y attachait d’ailleurs aucune importance. Une seule chose intéressait Gaulois, Francs, Goths, Allemands, Lombards et les descendants eux-mêmes des Romains, c'était le récit des faits et gestes du peuple juif,

antique et seul dépositaire, disait-on, de la vérité divine. Si donc il est difficile, comme nous l’avons vu, de penser j qu’on ait alors songé, dans les couvents, à recopier Tacite, | comment supposer qu'un moine ait eu l’idée d’écrire sous son nom un travail considérable qui ne répondait à aucun

| besoin intellectuel, à aucun intérêt religieux ? | | Tout autre était l’état des esprits au commencement de la renaissance des lettres. On lisait avec passion les écrivains

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