X PRÉFACE
établit une distinction qui, à notre avis, n'a pas de raison d’être entre les Histoires, qu'il admet pour authentiques, et les Annales, qu'il déclare apocryphes; il ne montre point comment ces ouvrages ont été composés, et, par suite, l'esprit du lecteur conserve des doutes sur la possibilité d’une pareille contrefaçon; la question, en un mot, n’a pas été, Croyons-nous, COMplètement placée par lui sur son véritable terrain.
M. Ross a eu toutefois le grand mérite d’avoir le premier montré qu’on ne devait pas avoir foi dans la découverte de Poggio et de l'avoir fait avec talent. Nous aurions voulu lui faire parvenir l'expression de notre estime: mais quand nous avons lu son volume, la mort l'avait déjà enlevé à l’état de gène et d'isole= ment où le conduisit, comme tant d’autres, hélas! la libre et indépendante recherche de la vérité.
Nous devons des remerciements à M. l'abbé Anziami, préfet de la bibliothèque Médicéo-Laurentienne à Florence. Avec une bonne grâce exquise, il nous à mis à même de faire prendre les photographies de manuscrits dont nous avions besoin; il a bien voulu, en outre, nous donner de fort utiles renseignements. Tous ceux d’ailleurs qui, à Florence ou de loin, ont eu recours à sa complaisance, ont conservé une sympathique considération pour l'honorable préfet.
Nous savons également gré à M. Eugène d’Auriac, conservateur adjoint à la Bibliothèque nationale, de
son amicale obligeance; nous l'avons souvent mise à contribution.
Nous avons, dans nos recherches, reçu un précieux et cordial concours de nos amis, MM. Paul Tannery, directeur des Tabacs à Bordeaux; Louis Bauzon, ancien élève de l'École normale; Henri Barckhausen et Reynhold Dezeimeris, membres correspondants de l’Institut de France; de La Ville de Mirmont, maître de conférences à la Faculté des lettres de Bordeaux.
Nous sommes surtout heureux d'exprimer à M. Jules Zeller nos sentiments de gratitude. Entraîné par les circonstances hors de la carrière littéraire, nous avions emporté du collège royal de Bordeaux un ineffacable souvenir du maître, jeune alors, qui nous inspirait le goût de l'histoire. Quarante ans après, quand l’ancien élève eut acquis par son travail l’ofium cum dignitate et voulut consacrer au plaisir de l'étude le soir de la vie, il a retrouvé chez le membre éminent de l’Institut de France un affectueux accueil, de bienveillants encouragements, de doctes et sages conseils pour le guider dans ses travaux.
Les éditions les plus complètes de la correspondance de Poggio sont Poggi Bracciolini Epistolae Lvu!, publiées à Paris par Jean Oliva à la suite du De Varietate For-
1 POGGIt BRACCIOLINI FLORENTINI Historiae de Varietate Fortunae Libri quatuor. Accedunt ejusd. PoGGir Epistolae LVIT quae nunquam antea prodie-
runt. Omnia a Joanne Oliva Rhodigino vulgata. Lutetiae Parisiorum, typis Antonii Urbani Coustelier, 1723.