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et foris quoque multis in locis conquisita atque in parvum volumen coacta, literarum studiosis legendas tradidisti {.
Utcumque id caeteri accipiant, mquam, ad utilitatem certe communem diligenter omnia, nonnulla vero inter virgulta et rubos latentia ex tenebris eruens, ut aliis paterent, ad verbum integra expressi : ut si, quod persaepe vidimus, ea Romani everterint, saltem titulorum extet memoria ?.
Ductus aquarum novem fuisse refert Julius Frontinus, quem libellum ipse paulo ante reperi absconsum abditumque in monasterio Cassinensi * : Appiam, Anienem veterem, Martiam, Tepulam, Juliam, Virginem, Alsietinam, Claudiam, Anienem novam, adeo sumpluoso opere et structura mirabili, ut idem Julius, qui a divo Nerva curatorem aquarum se factum scribit, Aegypti Pyramidibus censeat aequandos.
La précision des renseignements, l’érudition dont il fait preuve, l'enthousiasme qu’il exprime pour l’ancienne grandeur de Rome, les regrets que lui cause sa déchéance, ne sont-ils pas dignes de la renommée que Poggio avait acquise à la renaissance des lettres ?
Remarquons encore que dans le De Varietate Fortunae, comme dans lHistoria Florentina, on rencontre des expressions prises par Poggio dans des acceptions particulières et qui se retrouvent également dans les Annales. On lit dans les pages ci-dessus citées :
Evolvas licet historias omnes, omnia scripturarum # monumenta pertractes, omnes gestarum rerum annales scruteris.
Et dans les Annales :
IV, 32 : Nemo annales nostros cum scripturaÿ eorum contenderit qui veteres populi romani res. composuere.
Cette description des ruines romaines, Poggio nous le. dit, fut composée peu de temps après la mort de Martin V, c’est-à-dire
i Ce recueil ne nous est point parvenu.
2 Sur le zèle de Poggio pour la recherche et l'étude des inscriptions, cf. cidessus page 20.
8 Cf. ci-dessus page 304. Nous avons ici la confirmation de la date de ce dialogue.
# Dans l'édition Oliva on a substitué scriptorum à scripturarum que portent les textes primitifs de Strasbourg et de Bâûle.
8 Cf. Taciti Opera. Éd. Lemaire. Index latinitatis.
Pour ce rapprochement comme pour ceux qui précèdent, nous avons pris les premiers livres des Annales qui n’ont été publiés qu’après la mort de Poggio.
vers 1430. À la mème époque il avait, en outre, formé et publié un recueil d'inscriptions relévées avec une rare patience non seulement dans la ville, mais encore dans les campagnes environnantes. On voit ainsi le zèle qu’il mettait à s’enquérir de tout ce qui pouvait lui faire connaître ou deviner l’histoire de Rome. Cette activité ne nous surprend pas. Il avait cinquante ans, il était dans la force et la maturité du talent.
Poggio avait nécessairement mis un certain laps de temps à réunir les éléments de ces ouvrages; il y avait, par suite, employé les dernières années du pontificat de Martin V. Or, une pensée semblait alors Pabsorber; c'était, nous l’avons vu, la mise au jour du Tacite. La plus grande partie de sa correspondance avec Niccoli roule sur l'apport, si souvent retardé, du précieux manuserit que lui devait faire un certain moine de Hersfeld. Si donc l’on songe que l’étude purement désintéressée n’était pas la préoccupation ordinaire de l'associé de Niccoli, n’est-on pas en doit de voir autre chose qu’une simple coïncidence entre ses recherches archéologiques et épigraphiques, la méditation simultanée qu’il faisait des historiens grecs'e romains ! et la publication de l’œuvre attribuée à Tacite?
Observons, en terminant ces notes, que dans la préface du De Varietate Fortunae sont signalées les erreurs commises par les écrivains qui ont donné la liste des ouvrages de Poggio. Ainsi, on y comprenait un traité De Officio Principis qui est de son fils Jean Baptiste; on lui attribuait aussi le De Potestate Pontificis qui est l’œuvre d’un autre fils, de Jean-François, celui qui était secrétaire et camérier de Léon X, lors de la découverte des premiers livres des Anrrales. Le savant éditeur ajoute : « Danda tamen iis venia est, qui in adscribendis Poggio seniori operibus, errarunt, Nam id factum est propterea quod filii etiam multa scripserunt et patris monumenta vulgarunt?. »
Jean-François Poggio ne brillait point par la noblesse de caractère.
On sait qu'un des amusements de Léon X était de provoquer des
1 Cf. ci-dessus page 215.
2 Cf. ci-dessus page 220.
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joutes entre les gens de lettres attachés à sa cour et de rire avec ses familiers aux dépens de quelques-uns. Parmi ces sortes de bouffons, on voyait avec peine la barbe‘blanche du dernier des Poggio à côté des Querno, des Gazoldo, des Britonio, comme eux renommé pour son amour de la bonne chère.
La mise au jour des cinq premiers livres des Annales ne fut certainement pas une œuvre de pur dévouement littéraire. Elle porte le caractère d’une spéculation de quelques-uns de l’entourage de Léon X, dont le genre de vie exigeait beaucoup d’argent. L’enthousiasme, souvent peu réfléchi, du pape pour lPantiquité fut quelquefois exploité habilement.
On lui fit d’abord donner une forte somme pour l’achat du manuscrit, en célébrant le service que sa
La
générosité rendait aux lettres et à l’humanité, en lui promettant une gloire immortelle. Puis Béroalde? obtint le privilège d’en faire seul l'impression pendant dix ans.
« Quand nous avons eu entre les mains, lit-on dans le bref, après les avoir achetés à grands frais, ces cinq livres de Cornélius Tacite qui étaient égarés ou perdus depuis quelques siècles, la gravité de l’historien et la beauté de l’ouvrage nous ont décidé à les tirer le plus promptement possible de la poussière et de l’oubli, pour les rappeler à la lumière et au souvenir des hommes. Or, c’est vous que nous avons choisi. pour vous confier le soin de publier ces livres; mais pour qu’un travail si honorable et si utile à entreprendre et peut-être déjà entrepris par vous, ne puisse, par impéritie ou négligence, être défiguré ou gâté par personne, dans des éditions postérieures, ainsi qu'il arrive, on le sait, très souvent, faisons défense à tous et à chacun de ceux qui auront connaissance de notre présente lettre, sous peine d’excommunication; et à ceux qui habitent les cités et les pays dépendant de notre autorité ou de la très sainte Église, ou qui sont soumis à nous ou à la même Église, soit médiatement, soit immédiatement, sous peine d’une amende de deux cents ducats qui seront versés sans délai à la chambre apostolique; et en outre sous peine de la confiscation des exemplaires qu'ils auront imprimés; fœisons défense
1 W. Roscoe, Vie et pontificat de Léon X, traduction Henry, t. IT, ch. XVII, pages 360-373.
? On sait quelle fut sa passion poür la fameuse courtisane Imperia. — La mort
l’empêcha peut-être de tenter la publication du Tite-Live complet. Cf. Tiraboschi, op. cùt., À. I, Liv. IL, ch. 8, et ci-dessus page 221.
d'imprimer, en quelque lieu et quelque manière que ce soit, pendant dix ans, à partir de ce jour, le présent ouvrage sans votre consentement et votre permission expresse: ordonnons que ceux qui auraient imprimé et ceux qui auraient vendu des exemplaires imprimés clandestinement, soient condamnés aux mêmes peines et amendes; et afin que vous puissiez trouver, au besoin, faveur et protection pour réprimer l’audace et la témérité de ceux qui oseraient enfreindre nos défenses ou faire quelque tentative de ce genre sans votre permission, mandons et ordonnons à tous et à chacun de nos légats et à ceux du siège apostolique, aux patriarches, archevêques, évêques, abbés, prélats ecclésiastiques et aux gouverneurs qui les remplacent dans les villes, les provinces et les cantons; présidents, commissaires, chefs de troupe; et à tous ceux remplissant une fonction quelconque, ou exerçant une commission en notre nom et en celui du siège apostolique en vertu de sainte obéissance; leur mandons et ordonnons, sous peine d’encourir la même excommunication, qu’à votre première réquisition ils aient à vous prêter secours, aide, assistance, pour que rien ne puisse être fait contre notre ordre et sans votre permission pendant l’espace de dix ans fixés ci-dessus. Enfin si quelqu'un poussait la témérité au point d’oser mettre obstacle à la publication de notre présente lettre, ou, après sa publication, la lacérer ou l’enlever des lieux sacrés ou profanes où elle aurait été exposée et affichée; ou bien la faire enlever ou lacérer; qu'il soit censé soumis aux mêmes peines que nous avons prononcées plus haut, nonobstant toutes constitutions, règlements apostoliques ou autres dispositions contraires.
» Donné à Rome, en notre église de Saint-Pierre, sous lanneau du Pêcheur, le 14 du mois de novembre de l’année 1514, et de notre pontificat la deuxième. » ;
Le privilège accordé à Béroalde et les profits qui en résultaient se trouvaient ainsi placés sous la garde de l'autorité ecclésiastique dans tous les États de l’Europe. Depuis Alexandre VI, les imprimeries étaient partout soumises à la juridiction des évêques des diocèses où elles fonctionnaient.
Le célèbre professeur Alessandro Minuziano, qui avait établi une imprimerie à Milan, crut pouvoir enfreindre la défense pontificale et entreprit de publier un Tacite avec les cinq nouveaux livres. Il fut actionné devant la cour romaine. Par une humble supplique, il protesta de son respect pour le pape et donna pour excuse qu'il avait ignoré son ordonnance. Il terminait en disant :
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RERTERS
yon:
« Une chose me relève à mes propres yeux, c’est que vos vertus et celles de votre famille, recueillies et livrées à l'admiration du monde par le docte Philippe dans un style aussi élégant qu’'éloigné de la flatterie, obtiendront par ma coopération plus de célébrité. Accueiïllez donc mes prières, très clément pontife; que la faute que j'ai commise, je dois dire, sans le savoir, me soit remise par la grâce de votre généreuse miséricorde; et qu'avec la confession de mon péché, je puisse, dans mon édition, insérer
l’absolution que j'en aurai reçue de Votre Sainteté. »
La chancellerie invita alors Minuziano à s’entendre avec Béroalde dont il avait lésé les droits. On ne saurait douter que dans une affaire qui était tout industrielle, celui-ci n’ait réclamé et reçu des dédommagements à son grél. Le Milanais obtint par suite un bref qu lu permettait de continuer sa publication.
« Nous étant laissé fléchir, y était-il dit, par vos prières ef par celles de Philippe Béroulde lui-même à ce sujet, vous relevant de toute censure et peine ecclésiastique, s’il vous est arrivé de les encourir en vertu de notre ordonnance précitée, et vous déclarant absous par la présente, nous vous permettons, par autorité apostolique et de grâce spirituelle, de continuer l’ouvrage commencé par vous, ainsi qu'il est porté plus haut, afin que vous ayez la faculté et le pouvoir, avec l’assistance de Dieu, de le conduire à bonne fin comme vous le désirez, et en débiter en tous lieux librement et licitement les exemplaires imprimés, et dérogeons par la présente à la première lettre émanée de nous, ainsi qu'il a été dit, et nonobstant toute autre à ce contraire. »
1 W. Roscoe, op. cit., t. H, ch. XI, p. 278-279.