VII. Des réactifs et de leur emploi
Cronstedt n’employait communément que trois réactifs; le sous-carbonate de soude, le borate de soude et le sel double formé du phosphate de soude et du phosphate d’ammoniaque, sels que je désignerai dorénavant, pour plus de brièveté, par les noms techniques et respectifs de soude 3 borax
sel de phosphore.
Ces reactifs sont encore ceux dont on se sert aujourd’hui; et dans la multitude des substances que l’on a essayées depuis Cronstedt , il ne s’en est pas trouvé une qui pût tenir lieu de l’un quelconque de ces trois sels. C’est un fait assez remarquable , que dès l’enfance de l’art on ait réussi à découvrir les meilleurs. Aces réactifs, qui sont les principaux et dont on a toujours besoin , on en a depuis ajouté quelques autres dont l’emploi n’est pas aussi fréquent, mais qu’il faut avoir à sa disposition pour les cas où ils sont nécessaires. Je vaiV traiter successivement des différens sels employés comme réactifs dans les essais au chalumeau , et expliquer relativement à chacun d’eux l’objet et le mode de Son emploi.
i. Soude. (Carbonate de soude. ) On peut pren-
dre indifféreinmentle carbonate ou le bicarbonate’,, mais l’un et l’autre doivent être parfaitement purs :t surtout exempts d’acide sulfurique. La meilleure manière d’obtenir le bicarbonate est d’imprégner de gaz acide carbonique une dissolution concentrée de soude purifiée , telle que celle qu’on trouve chez les pharmaciens; Dans cette opération le bicarbonate se précipite sous la forme de petits grains cristallises, que l’on fait sécher après deux lavages à l’eau froide. On recueille le sel en poudre fine avec ou sans ignition préalable. Dans le second cas il prend plus de place ; mais dans le premier , c’està-dire lorsqu’il a été chauffé jusqu’au rouge , il a cet inconvénient, que si le couteau avec lequel on en prend est humide , l’humidité se communique peu à peu au reste de la poudre et la transforme en une masse grumeleuse.
On peut avoir en vue deux objets principaux en employant la soude : i° reconnaître si les corps combinés avec cette substance sont fusibles ou infusibles ; 2° favoriser la réduction des oxides métalliques.
Sous ces deux rapports la soude est un des réactifs les plus indispensables.
a) Fusion des corps par la soude. Un très-grand nombre de corps ont bien la propriété de se combiner avec la soude à une haute température; mais la plupart de ces combinaisons sont infusibles.
Ce n’est qu’avec les acides et avec un petit nômbre d’oxides métalliques , y compris la silice , quelle forme des combinaisons fusibles , encore sont-elles pour la plupart absorbées par le charbon.
Cellè de ces combinaisons qui revient le plus souvent dans les essais au chalumeau , est le verre qui se fait avec la silice ou les minéraux siliceux , et dont je parlerai plus amplement à l’occasion de cet oxide et de l’épreuve des silicates.
Relativement à l’emploi de la soude , il y a plusieurs choses de détail à obsérver. On en prend dans la boîte la quantité dont on a besoin , avec la pointe d’un petit couteau que l’on a préalablement humectée dans sa bouche pour que le réactif pulvérulent s’y attache. On l’applique ensuite dans le creux de la main gauche, et lorsque cela est nécessaire , on l’humecté encore un peu > de manière à en former une masse cohérente* Sf la substance que l’on veut essayer est pulvérulente, il faut la pétrir dans la main conjointement avec la soude ; mais si cette substance est sous forme de paillette ou de grain, on applique la soude à sa surface, puis on la chauffe sur le charbon, d’abord jusqu’à siccité , et enfin jusqu’à ce quelle fonde. 11 arrive ordinairement que la soude est absorbée par le charbon un instant après sa fusion ; mais cette absorption n’empêche pas son effet sur la matière d’essai ; car si celle-ci est fu<-