‹ De lʼemploi du chalumeau dans les analyses chimiques et les déterminations minéralogiquesChapitre 11 sur 174 · U EH AID ME AB · texte numérisé non relu

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sible par la soude, elle la repompe bientôt après : une effervescence prolongée se manifeste à sa surface, ses bords ■s’arrondissent f et le tout se transforme en un globule de verre liquéfié. Si la matière d’essai est infusible dans la soude, mais susceptible d’être décomposée par elle, onia voit s’enfler peu à peu , et changer d’apparence sans entrer en fusion ; toutefois , avant de prononcer sur l’infusibilité d’une telle substance par la soude,' il faut avoir essayé au chalumeau le mélange du fondant avec cette substance pulvérisée. Si dans eês èssai-s on prend trop peu de soude , une partie de la matière demeure à l’état solide , et le reste forme à l’entour une couverte d’un verre transparent; si l’on en met trop , la boule de verre devient opaque en se refroidissant. 13 peut arriver que la matière d’essai renferme une substance qui, étant infusible dans le verre de soude, lui ôterait sa transparence ; alors, pour ne pas être induit en erreur sur la nature du verre , il faut, dans les deux cas précités, ajouter à la masse une nouvelle quantité de la matière dont on croit n’avoir pas mis assez au commencement , et voir si l’on n’obtiendra pas ainsi un glu* Bute de verre limpide. En général, la meilleure méthode consiste à employer la soude par petites doses que l’on ajoute successivement à la massé, en remarquant les variations produites par des proportions différentes de ce fondant. Il arrive quel*

quefois dans ce genre d’essai que le verre se colore au moment où le refroidissement commence, et finit par prendre une teinte qui peut varier du jaune au rouge hyacinthe foncé ; il devient même quelquefois opaque et jaune brun. Ces phénomènes ont lieu lorsque la pièce d’essai ou la soude contiennent de l’acide sulfurique ou seulement du soufre, et la coloration résulte de l’hépar ou foie de soufre, développé par l’action réductive du charbon. Si cette coloration se reproduit constamment avec la même soude , c’est une preuve qu’elle contient du sulfate de soude , et alors il faut la rejeter; mais si elle donne habituellement un verre incolore , en cas de coloration , c’est la matière d’essai qui contient du soufre ou de l’acide sulfurique.

Cronstedt et Bergman prescrivaient de fondre la soude avec les minéraux dans une cuiller de métal , parce qu’ils croyaient que l’absorption de la soude par le charbon empêchait son action sur la matière d’essai, Gahn n’employait jamais de cuillers dans le même cas, parce que la masse en fusion s’étale sur les surfaces métalliques, tandis qu’elle prend sur le charbon une forme globulaire sous laquelle on peut mieux juger sa couleur et son degré de transparence.

b) Réduction des oxides métalliques. — Ce genre d’essai, par lequel on découvre souvent des quan-

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tités de métal réductible si petites qu’elles échappent aux meilleures analyses faites par la voie humide, est, à mon avis, la découverte la plus importante que Gaiin ait jamais faite dans la science du chalumeau.

Si l’on place sur un charbon une petite partie cl’oxide d’étain natif ou artificiel , un souffleur exercé saumon tirer avec quelque effort un petit grain d’étain métallique ; mais si l’on y ajoute un peu de soude , cette réduction s’opérera sans difficulté et si complètement que lorsque l’oxide sera pur, la totalité se transformera en régule d’étain. Il est donc positif que la soude favorise cette réduction; mais de quelle manière? C’est ce que l’on ne sait pas encore précisément. Lorsque la soude environne la matière qu’il s’agit de réduire, on peut croire que ce réactif , qui , par son interposition entre la matière d’essai et le charbon , empêche le contact de ces deux substances plutôt qu’il ne le favorise , éprouve lui-même sous l’action du chalumeau un certain degré de réduction dont la conséquence est la réduction de l’oxide empâté dans la soude par le radical de la soude ou par son suboxide. Si l’oxide métallique contient un corps étranger non réductible, la réduction du premier en devient souvent plus difficile ; mais que l’on ajoute un peu de borax , ce réactif concourra avec la soude à la dissolution du corps étranger,.

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et la réduction s'opérera d’elle-même. Cet essai est d’une exécution très-facile , et le métal est d’autant plus aisé à reconnaître , que l’on sait presque toujours, par d’autres essais faits à l’avance , quel est l’oxide que l’on traite; alors la réduction ne sert qu’à confirmer un premier jugement. Bergman avait déjà décrit ce procédé.

Supposons maintenant que l’oxide métallique soit mêlé avec une quantité relativement considédérable de substances non réductibles , et que sa présence soit ou inconnue ou impossible à reconnaître par d’autres essais de réaction , comment fera-t-on pour découvrir si la matière d’essai contient un métal réductible; et dans ce cas, comment le mettre en évidence ? Cette question a été résolue par Gahn d’une manière très-simple.

Après avoir pulvérisé la matière d’essai, on la pétrit dans le creux de la main gauche avec de la Soude humectée; on pose le mélange sur le charbon et l’on fait un bon leu de réduction ; on ajoute ensuite un peu de soude, et l’on recommence à souffler. Tant qu’il reste quelque partie de la matière d’essai à la surface du charbon , on ajoute de la soude par petites doses , et l’on continue l'insufflation jusqu’à ce que le charbon ait absorbé la totalité dé la masse. Les premières doses de soude servent à rassembler les particules métalliques éparses dans la matière d’essai, et l’absorption fi-

nale de celle-ci complète la réduction de ce qui a pu rester jusqu’alors à l’état d’oxide. Cela fait , ou éteint le charbon avec deux gouttes d’eau , puis ayant enlevé , au moyen du couteau , la masse qui s’y est introduite , on la broie dans le petit mortier d’agate, de manière à la réduire en une poudre extrêmement fine. On lave ensuite cette poudre avec de l’eau pour la débarrasser du charbon qui en forme la partie la plus ténue , et l’on emploie à cet effet la petite fontaine de compression (p. 55). La porphyrisation et le lavage (cette dernière opération exige une attention particulière) se répèi* tent autant de fois qu’il est nécessaire pour enlever tout le charbon. Si la matière d’essai ne contient aucune substance métallique , il ne reste rien dans le mortier après le dernier lavage. Mais pour peu qu’elle contienne de métal réductible , on le trouve en dernière analyse au fond du mortier, sous forme de petites feuilles brillantes s’il est fusible et malléable , et sous forme pulvérulente s’il est cassant ou n’a pas subi la fusion* Bans l’un et l’autre cas on aperçoit au fond du mortier des sillons métabliques résultans du frottement des particules de métal contre ses parois ( pourvu néanmoins que la quantité de métal contenue dans l 'échantillon ne soit pas trop faible). L’aplatissement des métaux malléables transforme un corpuscule imperceptible en un disque rond , luisant , et d’un dia-

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mètre 'sensible* On peut ainsi découvrir , à l’aide du chalumeau , dans un grain d’essai de grosseur ordinaire , jusqu’à | pour cent d’étain , et jusqu’aux plus légères traces de cuivre.

On doit s’attacher, dans les essais de ce genre, i°à produire une chaleur aussi forte que possible, tout en dirigeant la flamme réductive de manière à recouvrir le plus complètement que l’on peut la surface de la fonte ; 2° à ne rien laisser dans le charbon , et à ne rien perdre de la matière d’essai quand on la recueille ; car si le métal est congranulé quelque part, on ignore où est le grain ; 5° à broyer assez longtemps la niasse charbonneuse ; 4* à décanter trèsdoucement en sorte qu’il n’y ait que les parties les plus légères et les plus ténues de la masse porphyrisée qui soient entraînées par l’eau; 5° il ne faut point chercher à juger du résultat avant d’avoir enlevé tout le charbon , attendu que le peu qui en reste suffit pour cacher de petites paillettes métalliques, et que les particules de charbon , vues sous un certain jour, jettent elles-mêmes un éclat métallique auquel un œil inexpérimenté pourrait être trompé ; 6° enfin on ne doit point se contenter de l’observation à l’œil nu y quelque visible que soit d’ailleurs l’échantillon , mais bien l’examiner au microscope, ne fût-ce que pour s’assurer qu’on l’a bien jugé.

Lorsque, après un long usage, le fond d’un

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mortier est devenu inégal , il arrive quelquefois que les -petites cavités qui s’y trouvent se remplissent d’air , et forment sous l’eau des bulles dont la convexité réfléchit la lumière comme une surface métallique polie. 11 est cependant facile de reconnaître , en pareil cas , la nature de la surface réfléchissante, et cela en tournant le fond du mortier vers le jour; si c’est une bulle on verra la lumière au travers du lieu qu’elle occupe, et si c’est une paillette métallique le même lieu sera opaque-

Les métaux que l’on peut réduire par ce procédé sont (outre les métaux nobles) , le molybdène , le tungstène , l’antimoine , le tellure, le bismuth , l’étain , le plomb , le cuivre , le nickel , le cobalt et le fer. Parmi ces métaux , üantimoine , le bismuth et le tellure se volatilisent aisément lorsque , pour les réduire, on fait un feu. vif. Le sélénium , Tarsenic, le cadmium, le zinc et le mercure se volatilisent si-. complètement qu'on ne peut les recueillir sans un petit appareil sublimatoire.

On réussit toujours à effectuer la réduction dès la première fois , lorsque la matière d’essai contient de 8 à 10 pour cent de métal. Mais à mesure que le titre du minerai décroît , il faut plus d’attention et d’habitude pour retenir dans le mortier et reconnaître ensuite le métal que l’on a réduit. Un bon moyen de s’exercer dans ce genre d’expé-

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rienee , est de choisir une substance cuivreuse sur laquelle on fait plusieurs essais de réduction , en ayant soin de la mêler chaque fois avec une quantité plus grande de matière non cuivreuse ; par ce moyen le titre métallique diminue à chaque essai nouveau , et lorsqu’on est arrivé à une proportion telle qu’on ne peut plus de prime abord opérer la réduction du cuivre, on répète .1 essai jusqu’à ce que l’on parvienne à le mettre évidence. En faisant ainsi différens essais comme exercice , on se met bientôt au fait d’un genre d’opérations qui n’exige qu’un peu d’adresse et l'habitude de voir.

Si la matière d’essai contient plusieurs métaux , la réduction de leurs oxides se fait ordinairement in globo 3 et l’on obtient pour régule un alliage métallique. Quelques-uns, en petit nombre, sc réduisent séparément , Ex. le cuivre et le fer qui donnent un régule de chaque métal ; le cuivre et le zinc dont le premier donne un régule de cuivre, tandis que le zinc se sublime. Mais lorsque le résultat de l’opé*ration est un alliage , il faut, pour reconnaître les métaux dont il se compose , avoir recours à des réactions particulières qui se font avec d’autres fondans. Je décrirai plus loin les réactions caractéristiques de chaque oxide métallique en particulier.

 défaut de soude , on peut employer la potasse dans touç les essais dont je viens de parler; mais

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