‹ De lʼemploi du chalumeau dans les analyses chimiques et les déterminations minéralogiquesChapitre 137 sur 174 · Aplome „ Grenat calcaire · texte numérisé non relu

Aplome „ Grenat calcaire

Nous voici encore arrivés à une forme de cristal qui s’étend à des combinaisons si différentes, que l’identité de forme ne saurait les faire considérer comme des substances de même espèce ; mais auss

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nous verrons dans ce cas , comme dans celui de l’amphibole, du pyroxène et del’épidote, toutes les difficultés levées d’une manière très -satisfaisante, par la découverte que Mitsciierlich a faite de l’isomorphisme de certaines bases , et de la propriété qu’ont les combinaisons isomorphes dé cristalliser simultanément , sans être assujetties à. des proportions fixes. J’ai dit que les oxidules de fer et de manganèse, forment avec la chaux et la magnésie , une même classe de bases isomorphes. Mitscheruich a fait voir que l'alumine et les oxides de fer et de manganèse composent aussi une classe de corps isomorphes , mais dont la forme n’est pas la même que celle des bases de la première classe ; or ce sont les sept bases que je viens de nommer , qui se rencontrent dans les grenats. Nous avons vu que le grenat aluminifère est. . . . fS-\-AS. Mais il est clair que chacune des trois bases isomorphes avec l’oxidule de fer , peut , sans changer la forme du cristal , se substituer à cet oxidule. Par exemple, CS -f -AS formera un grenat tout aussi bien que fS-\- AS. D’autre part, l’oxide de fer et l’alumine étant isomorphes , la première de ces deux bases peut tenir lieu de la seconde ; nous pouvons donc encore concevoir des grenats tels que CS -h FS. Ces différons grenats pourront se rencontrer dans la nature,, soit séparément , soit cristallisés en commun et

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dans toutes sortes de proportions ; d’un lieu à un autre les proportions entre les parties constituantes varieront du tout au tout, c’est-à-dire que jamais ou presque jamais , deux lieux diffèrens n’offriront la même espèce. — G’est aussi ce que l’expérience a confirmé de la manière la plus complète. Bucholz a analysé un grenat de Thuringe, que je n’ai pas eu occasion de voir; le résultat de son analyse est CS -j- FS. La mélanite analysée par Kraproth , est formée à peu près , selon cet auteur, d’un atome de CS-\~ AS , avec trois atomes de CS + FS (= J8-CWS+IVCS) , et il n’y a aucune raison pour supposer que la combinaison qui a lieu ici entre les deux silicates doubles , est plus intime ou plus chimique que celles que Mixscherricii formait à son gré dans ses belles expériences 6ur la cristallisation simultanée des sulfates isomorphes , avec des proportions variées de ces différens sulfates. D’après l’analyse que Murray a donnée du grenat de Dannemora, ce grenat est composé de trois autres qui sont CS -f - AS,. . .< » mgS -f~ A S et fS -\-AS\ celle que Rothoff a faite du grenat brun foncé de Longbanshytta ( Rothof fite) , nous apprend que ce grenat est formé de deux autres, savoir : CS-\-Mg S et CS -{-FS ; le second y entre à peu près en quantité triple du premier. Ce que je viens de dire suffit pour montrer comment il. se fait que les grenats diffèrent tant les.

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uns des autres , sous le rapport de la composition chimique. Comme cette composition varie presque toujours d’un lieu à un autre , il me paraît plus convenable de les distinguer dans la nomenclature par la désignation de leurs localités , que de forger des noms propres , qui formeraient avec le temps une liste fort longue , et dont la mémoire se chargerait inutilement.

œ) Grenat noir de Frescati (Mélanite).

Seul, fond, sans spumescence , en une boule noire et brjllante.

Avec le borax , se dissout lentement et difficilement en un verre coloré par le fer.

Avec le sel de phosphore, se décompose lentement , et laisse un squelette de silice. La teinture ferrugineuse du verre s’efface parle refroidissement.

Avec la soude > donne une boule de verre noir ; une augmentation de dose le rend plus difficile à fondre , toutefois il fond encore après que le charbon a absorbé l’excès de soude. Sur la feuille de platine , offre des traces de manganèse.

(3 ) Grenat vert de Sala.

Fond en se boursouflant avec force , et produit un verre noir éclatant.

A vec le borax et le sel de phosphore , se comporte comme le précédent.

Avec la soude , se décompose et se tuméfie , mais, fond ensuite en une boule noire , brillante. Sur la

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feuille de platine , se manifeste un contenu de manganèse.

y) Grenat brun clair de Dannemora.

Fond aisément sans se boursoufler , et donne une boule noire brillante.

Avec le borax, se dissout en un verre diaphane, qui prend, au feu d’oxidation, une fausse couleur d’améthyste , et au feu de réduction la couleur verte caractéristique du fer.

Avec le sel de phosphore , se comporte comme les précédons.

Avec la soude, commence par verdir, puis se gonfle et se résout en une boule noire qui offre l’éclat métallique.

<î) Grenat brun foncé ou noir de Longbanshytta. ( Roth ofïite ).

Seul, fond difficilement en une boule noire ,

mate ou demi-vitreuse.

Avec le borax, se dissout difficilement en un verre d’un vert sombre.

Avec le sel de phosphore, se comporte comme les précédens^. *

Avec la soude, la fusion s’opère difficilément, et a pour résultat un verre noir. Sur la feuille de platine, larothoffite se montre très-chargée de manganèse.

s ) Grenat rouge de la carrière de pierre à chaux de Kulla en Finlande, Romanzowite.

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■ Seul, se rembrunit au feu , mais n’y perd pas la transparence ; fond en se boursouflant un peu , et donne une perle de verre verdâtre et bulleuse.

Dans le borax , se dissout avec une difficulté extrême. Soumis à une insufflation prolongée, il verdit premièrement sur les bords , puis dans la partie centrale qui brille alors d’un vert plus intense que le verre qui l’environne; enfin , il se dissout en totalité

Avec le sel de phosphore , les phénomènes sont les mêmes que pour les précédens.

Avec la soude, se gonfle et fond en un verre vert , dont un renfort de ^oude rend la liquéfaction difficile. Sur la feuille de platine , donne des signes d’un contenu de manganèse.

R. Ce grenat ressemble beaucoup à l’essonite de Ceylan, sous le double rapport de l’aspect et de la composition. La formule de Nordenskiôld est F5-f-3CiS -f- 5 AS pour la romanzowite , et l’analyse de Klaproth donne FS -f- l±CS -4- 5AS , pour l’essonite de Ceylan. L’une et l’autre se rencontrent dans la chaux.

ç ) Allockroïte de Berggieshübel , en Saxe.

Seule, se dissout aisément et sans se boursoufler, en un verre noir et brillant.

Avec le borax, se dissout aisément en un verre qui offre la couleur verte indicative du fer.

Avec le sel de phosphore et la soude , se comporte

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comme les précédons. Sur la feuille de platine donne de faibles traces de manganèse.

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