Tourmaline , Schôrl , ( kali-tourmalin
a ) — Noire de Kâringbricka.
Seule , dans le matras , ne donne point d’eau.
Sur le charbon, fond avec un boursouflement très-actif, et blanchit. La partie boursouflée se résout difficilement en une boule demi-transparente d’un gris jaunâtre.
Dans le borax, se dissout aisément et avec quelque effervescence , en un verre transparent , qui offre , tant qu’il est chaud , une faible teinture de fer.
Dans le sel de phosphore , se décompose aisément , produit une vive effervescence, et donne pour résidu un squelette de silice, La boule de verre résultant de la dissolution devient opaline.
Avec la soude , se résout avec beaucoup de peine en un verre de difficile fusion , qui devient encore plus infusible par suite de l’addition d’une nouvelle quantité de soude.
DES MINÉRAUX. 56j
b) — Noire de Bovey en Angleterre.
Seule, se boursoufle et donne ensuite , sous forme de scorie, une masse noire de difficile fusion. Se comporte à l’égard des flux comme la précédente.
c) ■ — V s rte du Brésil.
Seule , se boursoufle , noircit , se vitrifie sans entrer en fusion parfaite , çt donne après une bonne insufflation , une scorie arrondie , jaunâtre et bulleuse.
Dans le borax , se dissout assez facilement en produisant d’abord une légère effervescence. Le verre offre une faible teinture de fer , et tient en suspension des particules blanches qui résistent long-temps à la dissolution.
Avec le sel de phosphore , se comporte comme la précédente.
Avec la soude , même similitude ; le verre qu’elle donne est pourtant un peu plus fusible. Sur la feuille de platine, n’offre point de traces de manganèse.
i3. Mica. Voici encore une forme cristalline affectée par une multitude de composés divers qui souvent se comportent très - différemment sous l’action du chalumeau. Néanmoins le mica est, ainsi que l’amphibole , le grenat , etc. , susceptible d’une certaine formule générale, dans laquelle il suffirait de remplacer les bases isomor-
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phes les unes par les autres , pour en déduire les formules particulières aux diverses variétés. Mais cette formule chimique n’est pas encore exactement connue, et l’on ne sait pas bien à quelle classe de corps isomorphes appartiennent les combinaisons qui y entrent. Une partie essentielle du mica est RS* combiné avec plusieurs atomes de JS ; mais à cette partie essentielle se joint toujours fS , souvent mgS et quelquefois MS.
Comment ces substances annexes peuvent-elles se substituer les unes aux autres? c’est ce que nous ne savons pas encore. Les principales analyses de mica, publiées jusqu’à présent, sont, outre celles de Keaproth et de Vauquelin, les analyses que M. H. Rose a faites dernièrement, et par lesquelles il a reconnu que tout mica contient des traces plus ou moins sensibles d’acide fluorique , et une petite quantité d’eau. Mais ces résultats même ne peuvent pas nous donner une idée parfaitement nette de la formule chimique représentative du mica. Les analyses de M. Rose donneraient bien une formule chimique , si dans les silicates de fer et de manganèse la base était un oxide ; cette formule serait alors KS?,-{~ 12 JS, où l’on peut remplacer un plus ou moins grand nombre d’atomes de JS par un silicate d’oxide de fer ou de manganèse. Mais dans les expériences qu’il a faites pour reconnaître ce qu’il en est,M. Rose a constamment trouvé que le
mica ferreux , chauffé jusqu’au rouge dans une cornue, développait une couleur verte, et agissait sur l’aimant , sans qu’aucun dégagement de gaz indiquât une désoxidation de l’oxide présumé.
A ces incertitudes viennent se joindre les différences de polarisation de la lumière dans les différentes variétés de mica, et l’exemple remarquable donné par M. Biot , d’un mica très-magnésien , lequel ne possède qu’un axe , lorsque les micas ordinaires en ont deux.
Quant aux phénomènes que présentent, à une haute température , les diverses sortes de micas , Rose a reconnu que celles qui contiennent d’un demi à un pour cent d’acide fluorique , perdent leur éclat et deviennent mates par l’ignition dans des vases clos. Les autres perdent bien leur transparence , mais elles prennent un éclat demi-métallique, argenté ou doré. La cause de la ternissure des micas les plus riches en acide fluorique, gît évidemment dans la dégradation que subit la surface de leurs lamelles lorsque l’acide fluorique s’empare d’une partie delà silice qu’elles contiennent pour se dégager sous la forme d’acide fluorique silicé. Il résulte de ces considérations générales que les micas doivent , ainsi que les grenats , varier avec les localités , et qu’il est impossible de tirer des phénomènes qu’ils présentent dans les essais au chalumeau , un caractère distinctif de l’es-
pèce et commun à toutes les variétés. En conséquence , je vais donner ici le détail des phénomènes relatifs à quelques-unes d’entre elles.
a ) Mica de Broddbo et de Firibo. .
Ül53 + /!S3 + 10 AS (1), (Rose). Son siège est dans du granit.
Seul, dans lematras, il donne une eau qui offre à la température où le verre commence à fondre * des signes très-prononcés de la présence de l’acide fluorique. Le mica chauffé jusqu’à ce point prend un vert sombre , devient mat à sa surface, et rude au toucher. Rougi dans la flamme à l’aide du chalumeau , il devient blanc ou gris-blanc , et conserve son éclat , mais se couvre d’inégalités provenant du boursouflement de sa substance. Se fendille sur les bords dans le sens de la stratification des lamelles , et fond en un verre bulleux d’un gris jaunâtre.
Dans le borax , se dissout facilement et avec effervescence en un verre qui offre la couleur verte du fer. Celui qu’on a fait rougir dans le matras se dissout sans effervescence.
Avec le sel de phosphore , se décompose aisément et se tuméfie de manière à former un squelette transparent, de la présence duquel on s’aperee-
(1) Il contient en outre 1,12 pour cent d’acide fluorique.
vrait à peine s’il ne déformait pas la rondeur de la boule. Si l’on n’a mis à l’essai qu’une petite quantité de mica , ce squelette se dissout en totalité au moyen d’une bonne insufflation ; mais pour une plus grande quantité de mica , la majeure partie devient insoluble. La boule de verre devient opaline en refroidissant.
Avec la soude , se gonfle et se transforme en une scorie tumescente , d’abord verte , puis grise , dont le côté exposé à l’action immédiate de la flamme peut seul donner un verre transparent , qui offre une légère teinte de vert. Sur la feuille de platine > donne des signes très-marqués d’un contenu de manganèse.
Avec la solution de cobalt , donne un verre noir.
b) Mica de V Amérique septentrionale. Son siège est dans du granit.
Seul, dans le matras , dégage de l’eau sans devenir opaque. A la température où le verre se fond , il prend un blanc métallique argenté; donne des traces peu sensibles d’acide fluorique.
Sur le charbon , tourne au blanc laiteux , et fond ensuite à une température très-élevée , mais seulement sur le bord extrême , où il forme un émail blanc ; la paillette la plus mince ne peut pas se résoudre en boule.
Dans le borax , se dissout d’abord avec une légère effervescence , mais ensuite sans mouvement
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apparent. S’il a été préalablement rougi au feu , jusqu’à perdre sa transparence , il se dissout ensuite sans effervescence avec le borax.
Dans le sel de phosphore, se dissout d’abord complètement , si la quantité mise à l’essai n’est pas considérable. Se décompose ensuite difficilement , en donnant pour résidu un squelette siliceux de peu de masse. Le verre devient opalin, mais seulement /après une insufflation prolongée.
Avec la soude , donne une scorie blanche qu’on périt transformer en un verre diaphane dans les points les plus exposés à l’action de la flamme.
Avec la solution de cobalt, fond au bord et s’y colore en bleu.
C ) Mica de la carrière calcaire de Pargas. La pièce d’essai faisait partie d’un prisme hexaèdre.
Seul, dans le matras, donne un peu d’eau sans changer d’aspect. A ua- feu vif, ne donne aucun signe d’un contenu d’acide fluorique. Conserve sa couleur enfumée ainsi que sa transparence , lors même qu’on le fait rougir dans la flamme activée par le chalumeau. Fond aisément en un verre blanc de lait qu’on peut obtenir en boule. La partie non fondue de la pièce de mica ne perd rien de sa transparence.
Dans le borax, se dissout facilement et sans la moindre effervescence. La lame de mica gît tranquillement dans le flux , et , conservant sa transpa»
rence, s’amoindrit peu à peu jusqu’à ce qu enfin elle disparaisse entièrement.
Avec le sel clc phosphore , se décompose facilement et donne pour résidu un squelette de silice d’une transparence parfaite ; le verre est opalin.
Avec la soude , se gonfle, tourne au blanc laiteux, et se résout ensuite en une perle opaque qui devient blané de lait par le refroidissement.
Avec la solution de cobalt, donne un bleu clair dans les parties fondues , c’est-à-dire sur les bords.
R. Si la forme extérieure de ces trois derniers fossiles n’indiquait pas que ce sont des micas, il ne serait pas naturel de les rapporter à une même espèce , d’après les phénomènes qu’ils présentent à l’essai ; la fusibilité du mica de Pargas , et la difficulté , pour ne pas dire l’impossibilité , de fondre celui d’Amérique , sènt des signes d’une composition chimique très-diverse. Ces différences répondent à celles que nous avons remarquées entre le schorl commun et la tourmaline apyre , dont la composition est aussi très-différente.
i4* Talc .. Ce que j’ai dit des micas s’applique très-bien aux talcs , ainsi que le prouve le détail des essais suivans :
a) Talc vert-clair transparent ,de la vallée de Bine.
Seul, ne dégage point d’eau ; ne perd point sa transparence par l’effet de l’ignition. Â un feu vif, s’exfolie , blanchit dans la partie sur laquelle la
chaleur a agi avec le plus d’intensité , mais ne fond pas
Se dissout, dans le borax, avec une vive effervescence , mais aussi avec facilité, en un verre transparent.
Dans le sel de phosphore , se décompose facilement et avec effervescence , et donne un squelette siliceux et transparent , et un verre opalin.
Avec la soude , se gonfle et se transforme en une scorie blanche à demi-fondue.
Avec la solution de cobalt , donne un rouge trèspâle.
b) Talc opaque blanc de la vallée de Fenestrolle.
Se comporte comme le précédent, si ce n’est qu’il ne fait pas effervescence avec les flux d’une manière aussi active. '■
c ) Talc verdâtre translucide de Skyttgrufwa , près de Fahlun.
Seul, dans le matras , ne donne aucune trace d’eau , s’éclaircit un peu sur les bords , mais ne perd pas sa transparence par une ignition modérée. Exposé à un feu plus ardent , il blanchit , devient écailleux , et s’arrondit au bord en une masse blanche et bulleuse.
Dans le borax , se dissout avec effervescence en un verre transparent , qui présente , tant qu’il est chaud , une teinture ferrugineuse. Une partie
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résiste d’abord à la dissolution , mais fond ensuite très -lentement et sans effervescence. Avec le sel de ; phosphore , se décompose aisément ; donne un squelette de silice presque diaphane , et un verre opalin.
Avec la soude , se gonfle et fond en un verre opaque difficilement liquéfiable , que l’on peut obtenir clair par une certaine proportion de soude. En général , ce verre en absorbe beaucoup. Avec la solution de cobalt , donne du rouge à un feu vif.
R. C’est ainsi que se comportent les espèces de talc qu’on rencontre dans la mine de Fahlun.
d) Talc blanc de la Chine, Agalmatolithe.
Seul 3 dans le malras 3 dégage une eau qui sent l’empyreume. La matière d’essai noircit , comme il arrive ordinairement de la serpentine et des silicates de magnésie. Sur le charbon, blanchit au feu , devient écailleux à la surface , et offre quelques signes de fusion à l’extrémité de la partie la plus saillante.
Avec le borax , se comporte comme les fossiles précédens, si ce n’est que le verre ne prend point couleur.
Avec le sel de phosphore , point de décomposition. Au commencement, une vive effervescence a lieu ; en même temps la pièce diminue de masse , et ce qui en reste paraît lout-à-fait insoluble.
Avec ta soude et la solution de cobalt , se comporte comme le fossile précédent.
e ) Talc noir de Finbo, près de Fahlun.
»SW , dans le matras, dégage une grande quantité d’eau; cette eau offre des traces très-sensibles d’acide fluorique après l’ignition de la matière d’essai. Chauffé jusqu’au rouge, ce minéral prend une couleur plus claire et une teinte verdâtre ; il fond ensuite assez facilement en un verre noir.
Avec le borax , se dissout aisément et sans effervescence remarquable, en un verre chargé d’une forte teinture de fer.
Avec le sel de phosphore , se décompose aisément et donne pour résidu un squelette de silice. Le verre offre une teinture ferrugineuse , tant qu’il est chaud , et devient opalin en refroidissant.
Avec un peu de soude , se dissout en un verre noir qu’une plus forte dose de soude rend difficile à fondre , et colore en brun jaunâtre. Sur la feuille de platine , offre des traces très-légères de manganèse.
Parmi les fossiles que l’on considère comme des restes d’une ancienne organisation , nous n’en avons que deux dont on puisse reconnaître la nature au moyen du chalumeau. Ce sont deux sels d’alumine.