‹ De lʼemploi du chalumeau dans les analyses chimiques et les déterminations minéralogiquesChapitre 4 sur 174 · III. Du combustible · texte numérisé non relu

III. Du combustible

Toute flamme est bonne pour les essais au chalumeau , pourvu quelle ne soit pas trop petite , qu’elle provienne d’ailleurs d’une chandelle , d’une bougie ou d’une lampe. JEngestrom et {Bergman employaient des chandelles et préférablement des bougies ordinaires , munies d’une bonne mèche

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de coton , et Bekgman recommandait de courber ia mèche après qu’on l’avait mouchée, dans le sens suivant lequel on voulait diriger la flamme. La chandelle et la bougie ont cependant un inconvénient ; c’est que la chaleur rayonnante émanée du corps que l’on essaie , fait fondre d’un côté le suif ou la cire, et rend leur consommation trop prompte. D’autre part , une bougie ordinaire ne donne pas toujours le feu dont on a besoin. Ces circonstances conduisirent Gahn à remplacer la bougie ordinaire et unique dont il se servait auparavant, par trois petites bougies, pourvues de mèches épaisses , qu’il plaçait et faisait brûler ensemble dans un chandelier fait exprès. Ces trois bougies réunies donnaient un très-beau feu. Cependant la nécessité de commander toujours des bougies d’une espèce particulière pour ses expériences , fit qu’il s’en dégoûta , et substitua finalement à ce système une lampe munie d’une grosse mèche , dans laquelle il brûlait de l’huile d’olive. Toutefois , comme il ne pouvait pas emporter cette lampe dans ses excursions , il la remplaçait alors par de petites bougies qu’il brûlait par faisceaux de trois ou de quatre, selon les circonstances.

Les lampes ont , sans contredit , beaucoup d’avantage sur la chandelle ou la bougie ; mais elles sont incommodes à porter en voyage, à cause de

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la facilité avec laquelle l'huile s’en échappe. Celle que l’on y brûle de préférence est l’huile d’olive ; on pourrait la remplacer par l’huile épurée de navette ; mais celle-ci donne plus de fumée et moins de chaleur que l’autre.

La lampe dont je me sers a l’avantage d’être transportable , et ferme si hermétiquement que l’huile ne peut pas s’en échapper. Comme, de tous les moyens d’obtenir une flamme appropriée aux essais , cette lampe est encore le meilleur que j’aie trouvé , et qu’elle est d’ailleurs plus commode à porter en voyage , que ne le serait un paquet de bougies ou de tout autre combustible ; je vais en donner la description.

La fig. 9 , pl. II , représente la projection horizontale de la lampe. Elle est faite de tôle vernie , et a une forme légèrement conique ; sa longueur est de 4 pouces à son extrémité postérieure a , elle a un pouce de diamètre, et est munie d’une douille destinée à recevoir la tige de laiton qui lui sert de support ; cette douille est représentée en longueur , pl. II, fig. 1 o. A son extrémité antérieure, la lampe a \ de pouce de diamètre ; elle présente à sa surface supérieure vers cette même extrémité une ouverture circulaire c, dont le diamètre est aussi de ~ de pouce environ. Cette ouverture est garnie d’un anneau de laiton soudé sur la boîte, lequel a * de pouce de hauteur , et porte intérieurement un

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écrou. lia fig. 2 représente une section de l'écrou et de la boite , par un plan perpendiculaire à la longueur de celle-ci. C’est par cette ouverture qu’on verse l’huile dans la lampe ; la mèche s’introduit dans un petit bec oblong de fer-blanc , fixé sur une plaque ronde du même métal, qui entre à plat dans l’ouverture c. Ce fourreau ou bec de lampe est représenté fig. 12, en plan a, et en élévation b, J/anneau de laiton est un peu plus large que l’ouverture de la lampe , en sorte que la plaque qui porte le bee et la mèche peut tourner librement sur le bord saillant qui se trouve au fond de l’anneau. Lorsqu’on ne se sert plus de la lampe, on recouvre le bec avec un couvercle , fig. 9 , d , qui se vi\se dans l’écrou de l’anneau , et on calfeutre le joint avec une peau que l’on a auparavant bien imprégnée de cire fondue. Quand le couvercle est vissé jusqu’au fond , la peau se trouve comprimée entre ce couvercle et le bord supérieur de l’anneau , et la jonction est alors si parfaite , qu’après avoir essuyé la lampe , on peut la serrer où l’on veut sans craindre les taches d’huile pour les objets avec lesquels elle se trouve en contact. C’est ici le lieu de remarquer, I* qu’aucune substance ne peut remplacer la cire dans laquelle on trempe la peau à calfeutrer; 20 que la vis ne doit pas être extérieure à l’anneau , parce qu 'alors la peau imprégnée de cire poserait sur la lampe dont le contact

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la dessécherait , à cause de la chaleur qu’elle $gf qolert durant les opérations.

Pour se servir de la lampe , on la monte sur un support fait d’un gros fil de laiton ; la figure i3 représente la lampe a sur son support b c. Sa longueur totale est de 12 pouces ; mais on peut le partager en deux pièces de six pouces chacune » au moyen d’une yis placée au milieu. Une autre yjs située en bas sert à fixer le support dans une croix faite de deux plaques de laiton, longues de 6 pouces et demi » et larges d’un demi-pouce, Ua figure 14 en représente le plan , et de, f#g. 1 3 , l’élévation. Pour tenir la lampe à une hauteur convenable , on se sert d’un bouchon f percé d’un trou , dans lequel le support entre à frottement , et que l’on peut hausser ou baisser à volonté. J’ai trouvé l’emploi de ce bouchon plus commode que celui des ressorts et des vis placés dans la douille même.

Lorsqu’on ne se sert plus de la lampe , on peut démonter l’appareil, et les différentes pièces qui Je composent se logent dans l’étui , de manière à occuper très-peu d’espace; le tout est d’un transport facile.

Dans les essais au chalumeau , on substitue quelquefois à la lampe ordinaire , une lampe à esprjt«de-vin , particulièrement lorsqu’on opère dans des tubes de verre ou des matras, sur des corps

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dont on veut mettre en évidence les parties volatiles ; en pareil cas , la flammé alimentée par l’huile étant abandonnée à elle-même , aurait le double inconvénient de noircir le verre et de produire une chaleur trop faible. En revanche , la flamme de la lampe à esprit-de-vin n’est pas , à beaucoup près , aussi chaude que celle de l’huile , sous l’action du chalumeau. Pour lampe à espritde-vin , j’emploie une espèce de flacon très-commun en Angleterre , et dont le bouchon est surmonté d’un chapeau de verre rôdé au tour. Après avoir débouché le flacon- , je mets dans le col un bec ordinaire de fer-blanc ou d’argent, qui porte la mèche; le chapeau empêche l’évaporation de l'ai— cohol , lorsque la lampe ne sert pas. La fîg. 1 5 représente une lampe de cette espèce.

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