GLANES
De M. Raphaël Viau, ancien rédacteur à la Libres
Parole, aujourdUiui rédewteur-en-chef du Journal de la
Dordogne, In\4té par un conférencier anticlérioal à
une réunion contradictoire, M. Viau lui répond en le
provoquant en duel. Et il écrit :
A des époques comme celle où nous vivons j*cstime qu'il faut souvent coller une page blanche sur le passage où il est question de « tendre Vautre joue ». C'est mon avis, et, comme dit l'autre, je le partage. [Journal de la Dordogne du 1' mai 1907;.
De la Dé{ense de Cahors, journal « catholique » :
D'après M. Piou, seuls les moyens légaux sont bons pour combattre nos iniques adversaires. Ont-ils toujours observé la légalité & notre égard ? A mon avis, je crois que tout leur a été bon pour nous exterminer. Rendons leur la pareille. Dent pour dent, œil pour œil. On nous frappe, frappons (1) Agissons et nous redeviendrons ce que nous étions {Défense de Cahors du 21 avril 1907).
(1) A l'occasion de la Séparation, le Pape Pie X ayant recommandé aux catholiques de se comporter « sans sédition ni violence », un certain nombre de théologiens voulurent calmer l'ennui de ceux des catholiques qui rêvaient de bagarres et d'émeutes et que cette prescription pcnti-
Amabilités de M. Vaugoois pour M. Piou :
« Ali 1 l'affaire Dreyfus est^nie ? Ah ! tout le monde en a assez ? Vraiment ? Il faut être, Monsieur Piou, aussi slupide, aussi nul, aussi solidement confit et glacé dans le sirop de votre imbécile iatujté libérale, il faut être le sinistre impotent que vous resterez jusqu'à la fin de votre belle carrière, pour n'avoir pas une seule fois aperçu, vous, qui prétendiez manier « la démocratie !» ce qui nous saute aux yeux, a nous... » (Action française du 1" octobre 1906).
Amabilités analo^es du journal royaliste le Réveil français :
Et pendant ce temps, un autre charlatan politique, Piou^ le graiid Piou, pérore à Lyon devant les gogos naïfs du Ralliement.
ficale contrariait. Les Etudes des PP. Jésuites puD'értrut ciur « l'attitude des catholiques en face de la violence légale. »r un article savant et subtil dont la Croix du 14 dci:»';)iht*e 1$06 s'empressa de donner un résumé substantiel ■i\ diiga'.*! il résuU6Lit que les mots u violence » et « sédition » n*ont peut-être pas le même sens en français qu'en théologie. Quelques jours plus ianl, y Autorité (n* du 28 1('ev:n^re 3906) exposait, sous la signa tuî^ de M. Paul.-J. de Cassagnac la thèse du « droit à la résistance ». Et le jeune directeur de VAutorîté mentionnait avec satisfaction, dans im postscTiptum, le « magistral article » dâ M. l'abbé Bernard Gaudeau publié la veille par la Vérité française, article qui contenait les lignes suivantes :« Une aulorité qui se déclare athée est une autorité déchue. Ce n'est plus une ûutç>rité, c'est une tyrannie. Et contre la tyrannie, les consciences opprimées ont des droits. En France, on commehce u le comprendre ».
N'étant pas théologien, je me garderai bien d'apprécié**, quant au fond, la thèse de M. l'abbé Gaudeau. Je constaterai seulement que, si l'on doit la tenir pour juste, il ne saurait être question de « sédition » ni de « violence » quand il s'agit du gouvernement de la République et qu'en conséquence Pie X, en déconseillant la « violence » et la « sédition », a parlé pour ne rien dire.
^'oublions pas, au surplus, que M. Tabbé Gaudeau efet titulaire, ù Y Institut d'Action française, de la « chaire di» Syllahus ». • • v
... Maintenant que le discours de M. Jacques Piou, affiché sur toutes les murailles, présente à tous les yeux la preuve matérielle de son inanité — car aucun passant n'a. été vu arrêté devant cette prose, personne ne la lit parce qu'elle n*esi pas lisible, — nous ne perdrons pas notre temps & élever des objections contre le Grand Inutile et ses conseillers aussi incapables que lui. {Réveil , {rançais du 6 novembre 1906).
Un bouquet de fleurs offert par M. Jules. Delahaye, député monarchiste, à la hiérarchie de TEglise :
Si l'Eglise et la Monarchie sont sous le genou des noi*veaux Barbares, c'est qu'elles Vont mérité, c'est que pape5, évêcfues, prêtres, fidèles, se sont divisés, puis se sont abandonnés, c'est qu'ils ont perdu, en perdant la loi ou en paraissant l'avoir perdue, l'estime et la confiance des catholiques eux-mêmes {Autorité du 1" septembre 1907).
Politesse française de M. Guy de Cassagnac :
Les deux spectacles les plus affreux que . je connaisse, "C'est une femme ivre, titubant dans la rue, et M. Lemire, à la Chambre des Députés {Autorité du 26 avril 1907).
L'année précédente, le môme M. Guy de Cassagnac assaisonnait d'un calembour, ses impertinences de grand seigneur :
Si l'on en croit la " rumeur publique, Mgr l'évêque de Tarbes songerait à remplacer la couronne royale que la piété des foules a décernée à la Vierge de Lourdes, par un bonnet phrygien préalablement bénit, et je me suis laissé dire que Sa Grandeur, en récitant son Rosaire, s*ou^ bliait parfois & murmurer : « Ave Marianne gratta piena,,, » [Autorité du 4 septembre 1906).
Nous n'avons pas su si M. l'abbé Barbier, théologien de Y Autorité et détracteur de Léon XIII, avait applaudi à cette transposition plutôt risquée de VAve Maria, M,
l'abbé Barbier a appartenu à la Compagnie de Jésus dont îe fondateur, Saint-Ignace, ne supportait pas que Ton parlât légèrement de la Sainte-Vierge. En lisant, ce io\ir-là, Tarticle de V Autorité, l'ancien jésuite dut éprouver un léger malaise.
M. Guy de Cassagnac était d'ailleurs en v>erve et il ne s'en tint pas Jà. Le 7 septembre, il reprit la plume et compara les évoques qu'il n'aimait point, tantôt à des « hannetons qui ne s'arrêtent devant rien et se cognent à tout », tantôt à des « paons qui chantent faux » et, pour en finir, à des <t brebis galeuses ».
Mais continuons à glaner.
Il existe une Croix de Seine-et-Marne qui, à la différence de beaucoup d'autres Croix de province, n^ craint pas de contredire les royalistes et dont le directeur, M. l'abbé Lefebvre, défend, avec t-aienl el courage, la politique du bon sens et de la tolérance. Voici comment M. Bocq, directeur du Travailleur de Seine-et-Marne, journal coiisexvateur et soit-disant catholique, discute avec son confrère :
Je regrette d'être forcé de dire à M. l'abbé Lefebvre qu'il ment, et que mentir est peu compatible avec lé caractère religieux dont il se prévaut auprès des gens quil « sollicite » pour son journal. J'ajoute même, écœui^é par de semblables procédés, que si M. l'abbé Lefebvre n'était qi.e Isidore ou Pancrace Lefebvre, journaliste, comme n'importe lequel de mes confrères, je lui llanquerais avec joie mon, pied quelque part... pour lui rentrer ses meiisongt'.s dans la f,'orge. (Cite i)ar ï Eveil Démocratique du 31 mars 1907].
Voilà, qui n'est déjà pas mal Voici, dans un autre ordre, d'idées, qui est infiniment mieux. Il s'agit de Gabriel Syveton, le héros nationaliste dont on connaW
la triste aventure. L'Action française (1) en trace ce sckluisant portrait ;
Il me semble qu'on n'a pas assez montré avec quel relief Syveton se détache sur la scène contemporaine. A une époque anémique, parmi tant de pâles politiciens aux ardeurs de vieillards, aux nerfs de femmes, il fut' vraiment un homme... Dans des temps lointains, la figure de Syveton s'éclairera d'i.ne auréole tout à fait séduisante puisque c'est pour avoir aimé la Beauté qu'il s'est perdu. Merveilleusement belles, elles l'étaient vraiment, ces deux femmes, dont l'une étalait avec un triomphant orgueil les charmes lourds et somplueu-x d'Hélène Fourment et dont l'autre laissait paraître une grûce exquisement délicate, inoubliable aux yeux qui l'ont contemplée. Oest sou6^ le sourire ambigu de ces séduisantes femmes qu'il faut voir mystérieusement disparaître Syveton sans lever les voiles obscurs et souillés... » ^Action française du 15 juin 1907. In homme et un geste. G. Syveton, par André Germain).
Hurn ! huni !... Paulo maiora canamus !....
Justement, voici quelque chose d'un peu plus noble. C'est la lettre d'un prêtre du Midi à VAciion (rani'aise :
(1) Voici comment VAciion française .signale à l'attention de ses lecteurs l'article de M. André Germain :
« Nous sommes heureux, de publier ici les impressions d'un ami de Gabriel Syveton. C'est un in memoriam qhi entretiendra le souvenir d'un homme dont la valeur peut être mesurée aux injures dont on Fa accablé jusqu'après sa mort tragique. La destinée de Gabriel Syveton, sa volonté, son ambition, sa hardiesse portent le signe de . la fatalité. Un jeune psychologue comme M. .\ndré Germain eût été conquis par celte figure peu commune d'homme d'action, quand son admiration pour les services rendus à la ca'use nationale par ce patriote et les liens d'amitié qui l'unissaient à lui ne lui eussent pas fait un devoir de proclamer hautement sa fidélité a Gabriel Syveton (N.D.L.R). »
Je veux entrer dans la lutte pour la monarchie traditionnelle, écrit cet ecclésiastique, parce que, prêtre et Français, je veux servir Dieu et la France, et que tous les aveugles qui veulent servir ces deux causes par la République me font Teffet de vouloir greffer sur un arbre pourri ; parce que finalement ma dignité sacerdotale, ma fierté de Français se révoltent contre le joug de la monstrueuse République judéo-maçonnique, que je lui voue une haine implacable et que je jure de la combattre par tous les moyens en mon pouvoir et jtisqu'à mon dernier souffle : parce que j'esUme que tout homme intelligent et disposant de la moindre influence autour de lui, qui ne veut pas combattre, à l'heure qu'il est, VIn(âme est un l&che.
Je sais, MonsieiiT, que je rencontrerai des difficultés. J'en ai déjà rencontré. Les prêtres qui s'occupent de politique et siiTtont de royalisme, sont mal vus de beaucoup de leurs confrères surtout des vieux, mais.... {Action française du 1" août 1906).
(( Surtout des vieux... Restons en là »>, ajoute finement le chroniqueur de la revue royaliste.
Compte-rendu d'un discours prononcé à Rennes par M. Houitte de la Chesnais, au déjeuner de VAction Française :
«... Nous avons encore pour être royalistes, déclare M. Houitle de la Chesnais, ces motifs qu'invoquait d'une fa^ çon tou'chante un vénérable ecclésiastique, M. le curé d'E... en envoyant à VAction française l'adhésion de son Bulletin paroissial : « A côté de l'Eglise, disait-il, il y a la nation. Et ce qui est surtout menacé de disparition, ce n'est pas le catholicisme, c'est la France elle-même, qui peut, comme .une nouveUa Pologne, s'effondrer, se dissoudre sous les multiples cai^es de destruction qui s*attaquent à son existence. La Pologne est morte, le catholicisme est resté vivant ; chez nous aussi, quoi qu'il anive, le catholicisme restera, mais si la France venait h disparaître...? Je ne puis accepter celte perspective ; voilà poui'quoi mon Bulletin est royaliste » {Journal de Bennes du 11 novembre 1907).
Et nous qui avions onx jusqu'ici que les Bulletins paroissiaux s'interdisaient rigoureusement toute incursion, sur le terorain des luttes politiques i A quieuid l'adhésion des Semaines Religieuses à V Action française ?....
Les Bulletins paroissiaux ne sont, d'ailleurs, pas les seuls à s'émanciper. Dans certaines chaires, certains prédicateurs s'émancipent également, témoin ce passage d'un sermon de charité — parfaitement : de charité — donné le 16 juin 1907, à Saint-Philippe du- Roule, par M. l'abbé Gaffre et que la Libre-Parole du lendemain a cité avec un plaisir bien naturel :
La réserve de la chaire chrétienne ne saurait m'empêclier d'accomplir ici, où je prêche en faveur de la diffusion de la presse chrétienne militante^ un devoir de justice et de gratitude en saluant hautement quelques-uns de ces vaillants : la flère descendance du royal polémiste, Louis Veuillot ; Drumont, le prophète qui a la vision aiguë d Isaïe et la flamme d'Ezechiel ; les fils de Cassagnac, qui ont hérité du génie et de l'âme de leur père ; Judet, qui croise la plume comme les chevaliers croisaient l'épée, Renauld, l'ardent champion des loyautés catholiques centime les ténébreuses machinations du schisme et de l'hérésie ; MUlevoye, qui tient si haut, au dessus de la haine, le drapeau de la patrie, que le crachat des antipatriotes ne le peut atteindre... ; tous ceux-là, je les salue avec la pleïade des écrivains qui luttent à leurs côtés...
Après celle-là, je crois bien que nous pouvons tirer réchelle !....
Nous distribuons des brochures et des tracts de .la Gazette dô France^ et des numéros de Y Action française qui font sans cesse des recrues.
Secondés par quelques maîtres bienveillants, nous nous préparons à entrer prochainement dans la Mte de parole et de presse, en attendant l'autre moyen dont parle si bien notre confrère dans votre dernier numéro» moyen efficace s'il en est et dans lequel nous ferons parler la poudre.
Voici, Monsieur, ce que nous sommes et ce que nous voulons. Si les nouvelles générations renferment bien des pleutres et bien des l&ches, bien des démocrates et des -sans-patrie, sachez qu'il s'y trouve aussi nombre de jeunes gens sur qui l'on peut compter et qui, parce que patriotes, ont et auront toujours et quand même comme mot d'ordre : Vive le Roi.
Le Bureau du Groupe Royaliste de
Suivent les signatures des cinq membres du bureau.
Cette lettre a paru dans VAction Française du !• août 1906, à la page 233.
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^ 78* Section • Imprimerie Bretonne, 38, rue du Pré-Bott* ï^^vumnjg Rennes.
Table des Matières