CHAPITRE IX
Que les lois grecques et romaines ont puni l'homicide de soi-même, sans aroir le même motif.
Un homme , dit Platon 1 , qui a tué celui qui lui est étroitement lié, c'est-à-dire lui-même , non par ordre du magistrat ni pour éviter l'ignominie, mais par faiblesse, sera puni. La loi romaine punissoit cette action, lorsqu'elle n'avoit pas été faite par foiblesse d'ame, par ennui de la vie, par impuissance de souffrir la douleur, mais par le désespoir de quelque crime. La loi romaine absolvoit dans le cas où la grecque condamnoit, et condamnoit dans le cas où l'autre absolvoit.
La loi de Platon étoit for m ée sur les institutions la cédémoniennes, où les ordres du magistrat étoient totalement absolus, où l'ignorance étoit le plus grand des malheurs, et la foiblesse le plus grand des crimes. La loi romaine abandonnoit toutes ces belles idées ; el\e n'étoit qu'une loi fiscale!
Du temps de la république il n'y avoit point de loi à Rome qui punît ceux qui se tuoient eux* mêmes : cette action chez les historiens est toujours prise en bonne part, et l'on n'y voit jamais de punition contre ceux qui l'ont faite.
Du temps des premiers empereurs , les grandes
1 Lir. ix des Lois.