CHAPITRE VIII
Que les lois qui paraissent les mêmes n'ont pas, toujours eu
le même motif.
On reçoit en France la plupart des lois des Romains sur les substitution^ ; mais les substitutions j ont tout un autre motif que chez les Romains. Chez ceux-ci l'hérédité étoit jointe à de certains ■ sacrifices qui dévoient être faits par l'héritier, et qui étoient réglés par le droit des pontifes ; cela fit qu'ils tinrent à déshonneur de mourir sans héritier, qu'ils prirent pour héritiers leurs esclaves , et qu'ils inventèrent les substitutions. La substitution vulgaire, qui fut la première inventée, et qui n'avoit lieu que dans le cas où l'héritier institué n'accepteroit pas l'hérédité, en est une grande preuve : elle n'avoit point pour objet de perpétuer l'héritage dans une faihille du même nom, mais de. trouver quelqu'un qui acceptât Fhéritage.
1 Lorsque l'hérédité étoit trop chargée , on éludait le droit des ponfifet par de certaines ventes : d'où vint le mot sine sacris hœrcditas.
8 de l'esprit des lois.