LIVRE XXXI, CHAPITRE XX^II. I
qui suivirent sa mort. Les trois frères, Lothaire , Louis et Charles , ; cherchèrent chacun de leur côté à attirer les grands dans leur parti et à se faire des créatures. Ils donnèrent à ceux qui voulurent les suivre des préceptions des biens de l église ; et pour gagner la noblesse ils lui livrèrent le clergé.
On voit dans les capitulaires l que ces princes furent obligés de céder à Pimportunité des demandes , et qu'on leur arracha souvent ce qu'ils n auroientpas voulu donner : pn y voit quele clergé se croy oit .plus opprimé par la noblesse que par les rois. Il paroît encore que Charles-le-Chauve • fut celui qui attaqua le plus le patrimoine du clergé , soit qu'il fût le plus irrité, contre lui parce qu'il avoit dégradé son pète à son occasion, soit qu'il fut le plus timide. Quoi qu'il en soit, oh voit
* Voyez le synode de l'an 84S , apud Teudonis rillam, art. 3 et 4, qai décrit très-bien l'état des choses; ans» bien que celui de la même année , tenu au palais de Vernes, art. 12 ; et le synode de Beauvais, encore de la même année , art'. 3, 4, et 6 j et le capitulaire in villa Sparnaco, de Fan 846, art. 20; et la lettre que les. évéques assemblés à Reims écrivirent Tan 858 à Lbuis-le-éérmanique, art. 8.
1 Voyez le capitulaire in villa Sparnaco, de Tan 846. La noblesse arok irrité le roi contre les évéques ; de sorte qu'il les chassa de rassemblée : on choisit quelques canons des. synodes, et on leur déclara que ce seraient les; seuls qu'on observerait; on ne leur accorda que ce qu'il étoit impossible de leur refuser. Voyez les art. 30, ai et a 3. Voyez aussi la lettre que les évéques assemblés écrivirent, Tan 858, à Louis-le-Germanique, art. 8; et l'éd. de Pistes, de 864, art. 5.
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dans les capitulaires l des querelles continuelles entre le clergé, qui demandent ses biens, et la noblesse qui refusoit , qui éludoit, ou qui différait de les. rendre ; et les rois entre deux.
~ C'est un spectacle digne de pitié de voir l'état des choses en ces temps-là. Pendant que Louis-Je- Débonn^ire faisoit aux églises des dons immenses de ses domaines, sçs enfants distribuoient les biens du clergé aux laïques. Souvent k même main, qui font do^tdes abbayes nouvelles dépouillait les anciennes. Le clergé, navpitpQint un état fixe. Qn luiôtoit; il regagnojt \ jnais la couronne perdoit toujours*
Vers 1$ fin du règne de. Charles-le<*ChauYe et depuis ce règne , il ue fut plus guère question des dégaelés du clergé Qt des laïques sur la restitution de& biens *de l'église. Les ëvèques jetèrent bien encore quelques soupirs dans les remontrances à Charles-le-Chauve , que l'on trouve dans le capitulaire de l'an 856, et. dans la lettre * qu'ils écri-
1 Voyez le même capitulaire de Tan 846, in villa Soarrtaco. Voy. aussi le capitulaire de l'assemblée tenue apud Marsnam, de l'an 847, art. 4> danâ laquelle lé clergé se retrancha à demander qp'oitf le remit en possession de tout ce dont, il avoit joui sous le règro de Louis-le-Débonnaire. Voyez . aussi le capitulaire de. l'an 85,1, fipyd Marsnam , art. 6 et 7, qui maintient la noblesse et le . clergé dans leurs possessions; et celui avud Bpnollum\ de l'an 856, qui est une remontrance des évéquès au roi sur ce que les maux, après, tant de lois faites, n'avoient pas été réparés; et enfin la lettre quelçséyéques assemblés à Reims écrivirent, Fan 858. à Louis4e-Genhanique, article 8.
2 Voyez la note précédente.