CHAPITRE XXVIII
Changements arrivés dans Içs grands çffioes et dai>s lea/fief^
Il sembloit que tout prît un vice particulier et se corrompît en même temps. J'ai dit que dans lés premiers temps plusieurs fiefs étaient aliénés à perpétiiité : mais c'étaient des cas particuliers, et les fiefs en général conservoient toujours, leu* propre nature-; et si la couronne aypit perdu des fiefs, elle en avoit substitué d'autres» J'ai dit ea-r core que la couronne, n avoit jamais aliéoéles grands offices à perpétuité \ • „
Mais QUarles-le-Chauve fit un règlement géuér rai qui affecta également et les grands offices efctel fiefs : il établit dans ses cftpitulaires qûele&.oaftir tés seraient dflfcués, aw entants du çQxqte^efi.îl
1 Voyez la loi de Guy, roi des Romains, parmi celles qui ont été ajoutées à la loi salique et à celle des Lombard* tit vi^ $ a , daasÉchard. ^*
* Des auteurs ont dit que la comté de Toulouse avoit été donnas; par Charles-Martel, et passa çYhéritier en héritier ju^gtÇau dernier Raymond : mais si cela est, ce fut l'effet de quelque* çirconstan/çç? qui purent engager à choisir les comtes de Toulpuse parmi les enfants du dernier possesseur.
i gi de l'esprit des ' lois;
voulut que ce règlement eût encore lieu pour les
fiefs '. •
On verra tout-à-1'heure que ce règlement reçut une plus grande extension; de sorte que les grands offices çt les fiefs passèrent à des parents plus éloignés. Il suivit de là que la plupart des seigneurs qui relévoïent immédiatement delà couronné n'en relevèrent plus que médiatement. Ces comtes qui rendoitfnt autrefois la justice dans les plaids du roi, ces comtes qui ménoient les hommes libres à la guerre , se trouvèrent entre le roi et ses hommes libres; et la puissance se trouva encore reculée d'un degré. .
11 y a plus : il paraît, par les capitulaires, que les comtes avoient des bénéfices attachas à leurs comtés, et des vassaux sous eux V Quand les comtés furent héréditaires, ces vassaux du comte ne furent plus tes vassdux immédiats du roi : les bénéfices attaches aux comtés ne furent plus les bénéfices du roi ; les comtes devinrent plus puisfiants, parce que les vassaux qu'ils avoient déjà les mirent en état de s'en procurer d'autres.
* Veyè* son capitulaire de l'an 877, fit. lui, art. 9 et 10, ttpud Caruiacum. Ce capitulaire se rapporte à un autre de la même année et du même Heu, a/t 3.
1 Le capitulaire ni de l'an 81 s, art. 7;' et celui de l'an 81 5, art. 6, sur les' Espagnols; le recueil des capitulaires, Hv. y, art. aa8 ; et le capitulaire de l'an 869, art. 3 ; et celui de Tan 877, art. i3, édit. de Baltue.