CÉLIBAT
Nous voici à l'article du célibat. Tout ce que Fauteur en a dit se rapporte à cette proposition,' qui se trouve au livre XX V, chapitre IV; la voici:
« Je ne parlerai point ici des conséquences de « la loi du célibat; on sent qu'elle pourroit devc- « nir nuisible à proportion que le corps du clergé « seroit trop étendu , et que par conséquent celui * des laïques ne le seroit pas assez. » Il est clair que l'auteur ne parle ici que de la plus grande ou de la moindre extension que Ton doit donner au célibat, par rapport au plus grand ou au moindre nombre de ceux qui doivent l'embrasser; et, comme l'a dit l'auteur en un autre endroit, cette loi de perfection ne peut pas être faite pour tous lès hommes : on sait d'ailleurs que la loi du célibat, telle que nous l'avons , n'est qu'une loi de discipline. Il n'a jamais été question dans l'Esprit des lois de la nature du célibat même et dû degré de sa bonté; et ce n'est en aucune façon une matière qui doive entrer dans un livre de lois politiques et civiles. Le critique ne veut jamais que l'auteur traite son sujet; il veut continuellement
qu'il traite -le sien; et, parce qu'il est toujours
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«taire contre .celai qu'a formé le libertinage, « celui où les deux sexes, se corrompant par les « sentiments naturels mêmes, fuient une union « qui doit les rendre meilleurs \ pour vivre dans « celle qui les rend toujours pires?
a C'est ttne règle tirée de la nature, que plus « on diminue le nombre des mariages qui pource raient se faire , plus on corrompt ceux qui sont « faits; moins, il y a de gens mariés, moins il y a tf de fidélité dans les mariages; comme lorsqu'il « y a plus de voleurs , <1 y a plus de vols \ »
L'auteur n'a donc point désapprouvé le célibat qui à pour motif là religion. On ne pouvoit se plaindre de ce qu'H Vélevoit contre le célibat introduit par le libertinage ; de ce qu'il désapprouvait qu'une infinité de gens riches et voluptueux se portassent à fuir le joug du matiage pour h commodité de leur6 dérèglements ; qu'ils prissent pour eux les délices et la volupté , et laissassent les peines aux misérables; on ne pouvoit, dis-je, s'en plaindre. Mais le critique , après avoir cité ce que l'auteur a dit, prononce ces paroles : ce On ce aperçoit ici toute la malignité de l'auteur, qui * veut jeter sur la religion chrétienne des désor- « dres ^qu'elle déteste. » Il n'y a pas d'apparence d'accuser le critique de n'avoir pas voulu eft-
1 Livre xxniy th. xxi , à la fin.
de l'esprit x>e£ lois. js63
tendre l'auteur; je dirai seulement qu'il ne l'a point entendu , et qu'il lui fait dire contre la religion ce qu'il a dit contre le libertinage. Il doit en ê^re bien fiché. ,