‹ de lesprit des loisChapitre 40 sur 168 · LIVRE XXX , CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XXX , CHAPITRE XI

que de saints moines s'y employèrent '; c'est dans les vies des saints que Ton trouve les plus grands éclaircissements sur cette matière. Quoiqu'on puisse reprocher aux auteurs de ces vies cTavo jr été quelquefois un peu trop crédules sûr des chose* que Dieu a certainement faites si elles ont été dans l'ordre de ses desseins, on ne laisse pas d'en tirer de grandes lumières sur les mœurs et les usages de ces temps-là.

Quand on jette les yeux sur les monuments de notre histoire et de nos lois , il semble que tout est mer , et que les rivages mêmes manquent à la mer \ Tous ces écrits , froids , secs , insipides et durs , il faut les dévorer , comme la fable dit que Saturne dévoroit les pierres.

. Une infinité de terres que les hommes libre* faisoient valoir * àe changèrent en mainmortables : quand un pays se trouva privé des hommes libres qui F habitaient, ceux qui avaient beaucoup, de serfs prirefat ou se firent céder de grands territoires, et y bâtirent des villages , comme on te voit dans diverses Chartres. D'un £ùtte côté , les

* Voyez les Vie* dé saint Épiphane, de saint £ptàdhis*'de saint Césaire, de saint Fldole r de saint Porcien,de «Aint Tré vérins, de saint Eusichius, et de saint Léger; les miracles de saint Julien. .

1 Deerant quoque littora ponta

Ûtsdu Ihr. i.

* Les colons même n'étoient pas tous serfs : voyez les lois xviii et xxiii, an code de agricolis tt ctmitU etcpfaltfêt e* la vingtième du même titre. „

43 de l'esprit des lois.

hommes libres qui cultivoient les arts se trouvèrent être des serfs qui dévoient les exercer : les servitudes rendoient aux arts et au labourage ce qu'on leur avoit ôté.

Ce fut unechose usitée que lqs propriétaires des terres les donnèrent aux églises pour les tenir euxmêmes à cens, croyant participer par leur servitude à la sainteté des églises.

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