LIVRE XXX, CHAPITRE XIII
Il y a plus ; nous avons une infinité de Chartres où Ton donne les privilèges des fiefs à des terrés ou districts possédés par des hommes libres, et dont je parlerai * beaucoup dans la suite. On
exempte ces terres de toutes les charges qu'éxigeoient sur elles les comtes et autres officiers du roi ; et, comme on énumère en particulier toutes ces charges, et qu'il n'y est poipt question de tributs y il est visible qu'on n'en levoit pas*
Il étoit ais4 que la maltète romaine tombât d'elle-même dans la monarchie des Francs : c'était un art très-compliqué et qui n'entrent ni dao§ les idées ni dans le plan de ces peuples simpjçs. Si les Tartares inondoient aujourd'hui l'Swfâpe^ A faudrait bien des affaires pour leur faire ççtepdre ce que c'est qu'un financier parmi nous. . ;
L'auteur incertain dç la vie de Louis-lerDé^onr naire ' , parlant des comtes et autres officier* de la nation des Francs que Charlerûagne établit en Aquitaine, dit qu'il leur donna la garde d$,la frontière, le pouvoir militaire % et l'inteijd^nce des domaines, qui appartenaient à la çourpfln^. Cela fait voir l'état des revçnus du prince dans 1$ seconde race. Le prince avoit gardé des domaines qu'il faisoit valoir par ses esclaves. Mais les indictions, la capitation, et autres impôts levés du
1 Voyez ci-après le ch. xx de ce livre.
* Dans Ducbesne, tome n , p. 387.
56 de l'esprit des lois.
temps des empereurs sur la personne où les biens des hommes libres, avoient été changés en une obligation de garder la frontière, ou d'aller à* la guerre.
4 On voit, dans la même histoire % que Louis4e~ Débonnaire ayant été trouver son père en Allemagne, ce prince lui demanda comment il pouvoit être si pauvre, lui qui étoit roi} que Louis lui répondit qu'il n'étoit roi que de nom , Jtt que les seigneurs tenoient presque tous .ses domaines; que Charlemagne craignant que ce jeune prince ne perdît leur affection s'il reprenoit lui-même ce qu'il avoit inconsidérément donné, il envoya des commissaires pour rétablir les choses.
- Les éveques écrivant à Louis ', frère de Charlesle-Chauve,lui disoient : a Ayez soin de vos terres, « afin que vous ne soyez pas obligé de voyager « sans cesse par les maisons des ecclésiastiques , « et de fatiguer leurs serfs par des voitures. Faites « en sorte, disoient-ils encore , que vous ayiez de « quoi vivre et recevoir des ambassades. » Il est visible que les revenus des rois consistaient alors dans leurs domaines \
{ * Duche&ne, tome n, p. 89. '
3 Voyez le capitulaire de l'an 858, art. 14.
» *Hs levoient encore quelques droits sur les rivières lorsqu'il y avoit un pont ou un passage. .