CHAPITRE Xfcllt
Idée générale da. livre de V Etablissement de la monarchie françoist, danjs. les Gaules , par M. l'abbé Dubos^
Il est bon qu'avant de finir ce livre j'examine an peu l'ouvrage de M. l'abbé Qubos, parce que mes idées sont perpétuellement, contraires aux. siennes; et' que, s'il a trouvé» la .vérité, je ne Fa* pas trouvée..
.Cet ouvrage a séduit beaucoup de gens, parce qu'il est écrit avec beaucoup d'art 7 parce qu'on y suppose éternellement ce qui est en question ; parce que, plus on y manque de preuves , plus on y multiplie les probabilités; p^rœ qu'une infinité dé conjectures # sont mises en principe, et tqu'ôn en tire comme conséquences d'autres conjectures* Le lecteur oublie qu'il a douté , pour commencer à croire* Et comme une érudition sans, fin > est placée, non pas dans le système r mais à côté du système, l'esprit est distrait par dès accessoires, et ne s'occupe plus du principal. D'ailleurs tant de recherches nepermettent pas d'imaginer qu'on n'ait rien trouvé: la longueur du voyage fait croire qu'on est enfin arrivé. ; . ,
Mais, quand on examine bien,, on trouve un
t>8 DE L'ESPRIT DES LOIS;
colosse immense qui a des pieds d'argile ; et c'est parce que les pieds sont d'argile que le colosse est immense. Si le système de M. l'abbé Dubos avoit eu de bons fondements , il n'auroit pas été obligé de faire trois mortels volumes pour le prouver; il aurait tout trouvé dans son sujet; et, sans aller chercher de toutes parts ce qui en et oit très-loin, 1* raison elle-même se serait chargée 4e placer cette vérité dans la chaîne des autres vérités. L'histoire et nos lois lui auraient dit : « Ne prenez <t pas tant de peine, nous rendrons témoignage « de vous, a