LITM XXX , CHAPITRE XXV. III
ainsiHébon, que ce prince avoit tiré delà servitude et avoit fait archevêque : « Quelle récompense « Tempereur a-Nil reçue de Çâpt de bienfaits *? Il « t'a fait libre , et non pas noble; il nepouvoit pas « te faire noble après tfavoir donné la liberté. »
Ce discours; qui prouve si formellement deux ordres de citoyens r n'embarrasse point M. Fabbé Dubôs. Il répond ainsi * : «Ce passage ne veut « point dire qae Louis-le-Débonnaire n'eût pas pu « faire entrerHébon dans l'ordre des nobles.Hébon, « comme archevêque de Reims /eût été du pre-, « mier ordre, supérieur à celui de la noblesse. »
Je laisse au lecteur à décider si ce passage ne le vent point dire; je lui laisse à juger s'il est ici question d'une préséance du clergé mur la noblesse*
<r Ce passage prouve seulement, cantique * M. l'abbé
* Dubos', que les citoyens nés libres étoient qua- « lifiës denobies-hoihmes i dans l'usage du monde, « noble-homme et homme né libre ont signifié « long-temps la même chose. * Quoi ! sur ce que , dans nos temps modernes, quelques bourgeois ont pris la qualité deodbles-hommes, an passage de la vie de Louis4e-Déboiïnaire Rappliquera à ces sortes de gens! v Peut-être aussi, ajoute-t-il
1 O qnalemrcmniierationem reddidisti ei! Fecit te Jîbevum, non notilem , qnod unpowJMc est jmwI Iftertatem. ,Uid.
1 Établissement de ht monarchie françoise, tome m, Ut. ti, ch. rr,p. 9i6: " t •
» ïbid.
113 DE l'ESPRIT, BBS LOIS.
« encore ?, qu Hébon n'avoit point été esclave dans «la nation des Francs, mais dans la nation saxonne « ou dans une autre nation germanique où les « citoyens étaient divisés en plusieurs ordres. » Donc, à cause dix peut-être de M. l'abbé Dubos , il n'y aura point, eu de noblesse dans la nation de^ Francs. Mais il n'a jamais plus mal appliqué de peut-être* On vient de voir que Tégan ■ distingue les évêques qui avoient été opposés à Louis-le- Débonnaire, dont les uns avoient été serfs, et les autres étaient d'une nation barbare. Hébon éf oit des premiers, et non pas des seconds. D'ailleurs je ne sais comment on peut dire qu'un serf tel qu'Hébon aùroit été Saxon pu Germain : un serf m'a point de famille, ni par conséquent de nation, Louis-le-Débonnaire affranchit Hébon ; et comme les serfs affranchis prenoientla loi de leur maître, Hébon devint Jranc, et non pas Saxon ou Germain. Je viens d'attaquer, il faut que je me défende. On me dira que le corps des an trustions forinoit bien dans l'état un ordre distingué de celui des hommes libres; mais que , comme les fiefs furent
d'abord amovibles et ensuite^ vie , cela nopouvoit
4 Établissement de la monarchie Françoise ) tome m, Ht. yi, ch. iy. p. 3i&
1 Qmhes episcopi molesti Juerant Ludovico, et maxime û quo* e senrili conditione honOratos habel*at, cum hit qui ex barbant nationihus ad hoc fastigium perducti sunt. De gestu Ltufanci Pu, cap. xi.in et sur.