‹ de lesprit des loisChapitre 78 sur 168 · LIVRE XXX , CHAPITRE XXV. 1 IO · texte numérisé non relu

LIVRE XXX , CHAPITRE XXV. 1 IO

M. l'abbé Dubos l'a rendu fameux, parce qu'il s'en est servi pour prouver deux choses; l'une J , que toutes les compositions que Ton trouve dans les lois des barbares, n'étoient que. des intérêts civils ajoutés aux peines corporelles, ce qui renverse de fond en comble tous les anciens monuments ; l'autre,* que tous les hommes libres étoient jugés directement et immédiatement par le roi % ce qui est contredit par une infinité de passages et d'autorités qui nous font connaître l'ordre judiciaire de ce temps-là \ , N .

H est dit dans ce décret, fait dans une assemblée de la nation 4 , que si le juge trouve un voleur fameux, il le. fera lier pour être envoyé devant le roi, si c'est un Franc (Francus); mais si c'est une. personne plus faible (debiUQt persona) j il sera pendu sur le lieu. Selon M. l'abbé Dubos, Francus est un homme libre, debilior persona est un serf. J'ignorerai pour un moment ce que peut signifier ici le mot Francus f et je commencerai

tahliss'ement de la monarchie française, tome ut, ut. ti,

au tf , p. 307 et 3o8. c ' \

1 Chi nr y p. 309; et au ch, %uiv. p. 319 et 3*o.

1 Voytz le liv. xxvin de cet ouvrage, ch. xxvin; et le lîv. xxxi, ch.nii* ''.'*'

* Itaque colonîa' convenft et ita bannitimus y Ht unùsquisque judex eriminosum latronfcm nt audierit, ad casant suam ambulet, et ipsum ligare faciat : ita ut , ai Francus 'fuerit , ad nostram pnssentiam dirigatur ; et , si debilior persona fuerit , in loco pendatw. Ci* pitulaires de l'édition dé Baluze, tome 1, p. 19. J

par examiner ce qu'on peut entendre par ces mots une personne plus foible. le dis que, dans quelque langue que ce soit, tout comparatif supposé nécessairement trois termes , le plus grand , le moindre , et le plus petit. S'il n'étoit ici question

que des hommes libres et des serfs, on auroit dit un serf, et non pas un homme d'une moindre puissance. Ainsi dèbilior persona ne signifie point là un serf, mais une personne au-dessous de laquelle doit être le serf. Gela supposé, Franeus ne signifiera pas un homme lihre , mais un homme puissant : et Fraricus est pris ici dans cette acception, parce que parmi les Francs étaient toujours ceux quiavoient dans l'état une pins grande puissance, et qu'il étoit plus difficile au juge ou au comte de corriger. Cette explication s'accorde avec un grand nombre de capitulaires r qui donnent les cas dans lesquels lés criminels pouvoient être renvoyés devant le roi , et ceux où ils ne le pouvoient pas. • x .

On trouve dans la. vie de Louis-le-Débonnaire 9 écrite par Tégah *, que les évêques furent - les principaux auteurs de l'humiliation de cet empereur , surtout ceux qui avoient été serfs et ceux qui é*** né. panai L barbares. Tégan apostrophe

* Pûymz\t Ihr* ToxtaAt cet ouvrage , ch. xaran ; «t le Ut. xxh 9

1 Ch. XLIII €t XUT.

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