CHAPITRE VIL
Continuation du même sujet. Nécessité de bien compenser
les lois.
La loi de l'ostracisme fut établie à Athènes, à Àrgos et à Syracuse '. À Syracuse elle fit mille maux, parce qu'elle fut faite sans prudence. Les principaux citoyens se bannissoient les uns les autres en se mettant une feuille de figuier à la main * ; de sorte que ceux qui avoient quelque mérite quittèrent les affaires. A Athènes, où le législateur avoit senti l'extension et les bornes qu'il devoit donner à sa loi, l'ostracisme fut une chose admirable : on n'y soumettoit jamais qu'une seule personne ; il falloit un si grand nombre de suffrages, qu'il étoit difficile qu'on exilât quelqu'un dont l'absence ne fut pas nécessaire.
v Aristote, Républ.y liv. t. chap. ni.
* Plutarque, Vie de Denys.