‹ de lesprit des loisChapitre 84 sur 168 · LIVRE XXXI , CHAPITRE I. I · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI , CHAPITRE I. I

une conjuration contre lui-même; et, soit qu'il fut mal habile ou qu'il fut forcé par les circonstances, il se rendit accusateur de Brunehault, et fit faire de cette reine un exemple terrible.

Waraachaire avoit été l'âme de la conjuration contre Brunehault : il fut fait maire de Bourgogne; il exigea de Clotaire qu'il ne seroit jamais déplacé pendant sa vie \ Par là le maire ne put plus être dans le cas où avoient été les seigneurs françois ; et cette autorité commença à se rendre indépendante de l'autorité royale.

Cétoit la funeste régence de Brunehault qui avoit surtout effarouché la nation. Tandis que les lois subsistèrent dans leur force , personne ne put se plaindre de ce qu'on lui ô toit un fief, puisque la loi ne le lui donnoit pas pour toujours : mais quand l'avarice , les mauvaises pratiques , la corruption , firent donner des fiefs , on se plaignit de ce qu'on étoit privé par de mauvaises voiçs des choses que souvent on avoit acquises de même. Peut-être que si le bien public avoit été le motif delà révocation des dons, on n'auroit rien dit : mais on montrait l'ordre sans cacher la corruption ; on réclamoit le droit du fisc, pour prodiguer les biens du fisc à sa fantaisie; les dons ne furent plus la recoin-

pense ou l'espérance des services. Brunehault, par

* Chronique de Frédégaire, ch. xlii, sur l'an 61 3. Sacramento a Clotario accepto, ne unquam vit» sua; temporibus degradureinr.

un esprit corrompu , voulut corriger les abus de la corruption ancienne. Ses caprices n'étoient point ceux d'un esprit faible : les leudes et les grands officiers se crurent perdus ; ils la perdirent.

U s'en faut bien que nous ayions tous les actes qui furent passés dans ces temps- là ; et les faiseurs de chroniques , qui savoient à peu près de l'histoire de leur temps ce que les .villageois savent aujourd'hui de celle du nôtre , sont très-stériles. Cependant nous avons une constitution de Clotaire, donnée, dans le concile de Paris ' pour la réformation des abus, qui fait voir que ce prince fit cesser les plaintes qui avoient donné lieu à la révolution '. D'un côté , il y confirme tous les dons qui avoient été faits ou confirmés par les rois ses prédécesseurs ' ; et il ordonne de l'autre que tout ce qui a été ôté à ses leudes ou fidèles - leur soit rendu \

Ce ne fut pas la seule concession que le roi fit dans ce concile ; il voulut que ce qui avoit été fait contrelespriviléges desecclésiastiques fùtcorrigé';

4 Quelque temps après le supplice de Brunehault, Tan 6i&. Voyez 1* édition des capitulaires de Baluze, p. ai.

2 Qua? contra rationis ordinem acta vel ordiuata sunt , ne in antea, quod avertût divinitas, contingant, disposuerimus» Christo prae- *nle, per hujus edicti nostri tenorem generalit'er emendare. In proœinio, édit. des capitul. de Baluze, art. 16.

» Ibid.

4 Ibid, art. 17.

* Et quod per tempora ex hoc prsetermissum est vel dehinc perpelualiter observetur. Ibid. in proœmio.

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