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Rousselot (1), en 1769, fit paraître le premier ouvrage en France qui ait trait aux affections du pied. Dans sa préface, le « chirurgien de Monseigneur le Dauphin, des princes et des Mesdames » dit « qu'il a dû combattre contre le titre de guérisseur des cors », dont on l'accablait. ILtient à honneur de proclamer que lui le premier a su attirer l'attention sur une partie de la chirurgie, avant lui méprisée, qui ne mérite pas l’avilissement où elle est plongée. Il s'élève contre les chirurgiens qui ont considéré cetle question « comme indigne de leur grade » ; de là vient que les charlatans, « avec des remèdes plus nuisibles qu'utiles », s’en sont emparé.
Laforest (2), le successeur de Rousselot, adopte les idées de son maître. Il va plus loin : il étudie avec soin les orteils, fait l'anatomie pathologique des cors, des oignons, des durillons, il recherche les causes étiologiques et pathogéniques de ces affections, et il établit sur des bases sérieuses une théorie hygiénique de la chaussure. À lui appartiennent la première description et le premier dessin du gros orteil dévié en dehors. Camper (3), écrivain hollandais, fit paraître en 1791 une brochure dans laquelle il discute les conditions suivant lesquelles doit être construite une bonne chaussure.
À la suite de ces travaux, l'attention des chirurgiens fut éveillée : d’ailleurs, déjà en 1726, Ledran (4) avait am-
(4) Rousseor, La toilette des pieds. Paris, 1769.
(2) Laroresr, L'art de soigner les pieds. Paris, 1782.
(3) Camper, Dissertation sur la meilleure forme des souliers. Traduit du hollandais, 1791.
(4) Lebran, Observations de chirurgie, t. I. observation CXII, Paris,