CHAPITRE II
LE PHOSHORE NUCLEOTIDIEN RIBODESOSIQUE PROPOSE
Historique.
Obtention à partir du sperme de hareng.
Structure chimique.
Le Phosphore nucléotidien ribodésosique
__ L'acide nucléique est connu depuis quatre-vingts ans. L'étude des nucléines avait conduit directement HOPPE-SEYLER à la levure de bière (1871) et MIESCHER (1874) aux spermatozoïdes de poissons. Les travaux de KOSSEL de 1885 à 1894 et surtout ceux de LEVENE et de son école, de 1905 à 1935, ont défini très exactement l’acide nucléique et ont établi qu’il entrait dans la constitution des cellules animales et végétales.
Il fut introduit dans la thérapeutique à une date que nous ne sommes pas parvenus à fixer, malgré nos recherches, mais qui doit être légèrement antérieure à 1900. L’opothérapie était à ses débuts. Cette substance extraite des parties les plus mystérieuses des tissus, provoqua, tout d’abord, une certaine curiosité.
Ingérée per os, on lui reconnut, immédiatement, des propriétés toniques et reconstituantes si peu discutables qu’elle fut, dès cette époque, la base de spécialités pharmaceutiques (1900-1910), encore exploitées aujourd’hui.
Elle acquit aussi la réputation d’un médicament d’une activité cytologique certaine, capable de modifier rapidement et sensiblement, les rapports des éléments figurés du sang; capable aussi, en raison de son action sur Jes leucocytes (hyperleucocytose provoquée) d’aider l’organisme à réagir, au cours de diverses infections.
A cet effet, on l’utilisait sous forme de nucléinate de soude, en injections intraveineuses. Mais les réactions extrêmement violentes qu’il déterminait et qui allaient jusqu’au collapsus, bien qu'universellement salutaires, inquiétaient le praticien et le laissaient per-
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plexe. Le mot « choc » qualifia l’incident et il semble que l’on en resta là.
Quelques années plus tard, vers 1918, on essaya de reprendre l'étude de cette réaction : maïs en vain; le. nucléinate de soude existant alors était complètement inactif.
- Nous croyons savoir que l'acide nucléique utilisé tout d’abord, était un acide d’origine animale, alors que l'acide du commerce, en 1918, était d’origine végétale. Nous pensons que c’est là qu'il faut chercher les causes des insuccès. Il est probable, sinon certain, que les propriétés physiologiques et pharmacologiques d’une substance tenant, dans l’organisation des êtres, un rôle aussi fondamental que l’acide nucléique, varient dans de larges mesures, selon l'espèce, végétale ou animale, d’où provient cette substance.
La substitution des deux acides comportait quelques excuses. D'une part, les effets assez mal connus du médicament, n’aidaient pas une discrimination méthodique; d'autre part, l'acide nucléique d’origine animale, tiré exclusivement du thymus de veau, ne suffisait plus aux besoins de la consommation croissante, tandis que la levure de bière constituait une matière première pratiquement inépuisable.
Il y eut donc deux acides nucléiques : l’acide thymonucléique et l’acide zymonucléique, dont les noms révèlent les origines.
La Pharmacopée française a admis à son Codex, l’acide zymonucléique.
Dans le but de reprendre, sur de nouvelles données, l'étude expérimentale de l’acide nucléique et de sortir ce précieux remède de l’injuste oubli où l’avaient plongé des préparations inefficaces et pharmacologiquement insuffisantes, une société Lilloise, « Stabili », a orga-
| de na que te. hàreng habite es mers roidés. Dans. | la Mer du Nord, dès “le rintemps, il se rapproche des côtes des îles Shetland et de la Norvège. Vers le mois d’'Août, les bancs sont descendus assez au sud pour
. être à portée des bateaux de pêche de Boulogne- Dieppe- Fécamp. Is parviennent au littoral franco-belge vers la mi-Novembre et arrivent vers la fin de Décembre,
au large de Dieppe. A cet endroit, on ne sait pourquoi,
mais très régulièrement, les harengs frayent. On les
rencontre un peu partout dans la Manche, jusqu’au
mois de Mars. Puis ils disparaissent totalement des
côtes de la Mer du Nord et rejoignent l'Océan Arctique, d’où ils repartiront, pour recommencer leur périple annuel.
Dès le mois d'Août, les harengs sont dits « pleins ». La laitance (organe mâle) et la rogue (organe femelle)
‘ont acquis un développement assez considérable pour
constituer 1/5 du poids total du poisson; un hareng de 125 gr. contient 25 gr. de laitance ou de rogue.
A partir du milieu de Décembre, les harengs, après avoir déposé laitances et œufs sur les frayères de Dieppe, sont appelés « guais ».
“He A terre, est vidé. Les laitan es sont soigneusement triées et mises RTS glacière die elles ne peuvent être utilisées immédiatement. RENNES
Te
On soumet les laitances do. :: plusieurs lava- LE ges à l’acétone, afin de les délipider et de les deshydra- è Le ter. Puis on les exprime fortement, sous des presses . hydrauliques travaillant à 200 kg de pression par cm2. On obtient ainsi des gâteaux de laitance, qui ont l’apparence cornée, sont durs et compacts et de conservation ; indéfinie.
La laitance ainsi « stabilisée », représente environ 35 % du poids de la laitance brute. Elle contient en moyenne 2,75 % de phosphore, c’est-à-dire «environ -25 D de son poids de nucléotides. Le traitement chimique permet d’en extraire environ 20 à 23 -% d'acide nucléique.
Le traitement consiste essentiellement en une hydrolyse à la soude, à 75° C, suivie d’une précipitation d’un nucléinate de soude, dans l'alcool. Le nucléinate, redissous dans l’eau, est finalement précipité, À l’état d’acide nucléique, dans l'alcool chlorhydrique à 3 1%.
Le produit est un tétranucléotide à ribodésose. Il répond aux spécifications du Codex.
Les procédés analytiques, compliqués et minutieux, qui permettent d'identifier les éléments nucléotidiens, ont confirmé, quantitativement et qualitativement, la. présence des bases pyrimidiques et puriques, du ribodésose et du phosphore.
: — 33 — Sa formule chimique est celle d’un tétranucléotide à ribodésose :
Ste = P— O0 — C5H7O — thymine 4 |
— O — C5 H7O — adénine |
HO 04 0 O = P — 9 — C5 H7O — cytiné
| O = P — O — C5 H8$ O2 — guanine
TO
HO
Cette structure est loin d'être sans signification. Elle montre le parti que l’on peut tirer, par la voie gastro-intestinale, de l’acide nucléique d’origine animale : |
diverses actions hydrolytiques et diastasiques transformeront, tout d’abord, le tétranucléotide en quatre mononucléotides ;
puis, chaque reste phosphorique sera libéré, soit sous forme d’ester-phosphate de ribodésose, abandonnant sa base purique ou pyrimidique, soit sous forme de reste phosphorique, abandonnant un nucléoside.
Les bases puriques, expérimentalement les moins résistantes, seront séparées les premières. Elles représentent une très faible partie de l'acide nucléique (environ 6 %). Leur sort est à peu près indifférent : par des phases successives de désamination et d’oxydation, elles aboutiront à l’acide urique.
A ce point de désintégration, c’est-à-dire, au stade où ils sont privés seulement des bases puriques, les nucléotides sont de remarquables solvants de l’acide urique. Une partie, en poids, d'acide thyminique, —
qui n’est qu’un nucléotide à ribodésose, privé de ses bases puriques par une hydrolyse acide —, dissout, in, vitro, deux parties en poids d’acide urique.
Les pyridines, scindées à leur tour, se comportent comme les purines et finissent à l’état d'acide urique.
Si l’action hydrolytique et diastasique a mis en liberté des nucléosides, il est permis de croire que la présence d’adénosine, par exemple, dans FORTE, ne sera pas indifférente.
Reste le phosphore.
Sous forme de phosphoryle ou sous forme d’esterphosphate de ribodésose, il est appelé à jouer un rôle des plus importants, ainsi que notre travail le montrera.
En effet, cet acide phosphorique, en pleine activité biologique,
retient le calcium nécessaire à la ob o du
squelette, à la plasticité du sang, à l'activation des ferments digestifs,
favorise l'élimination de l’urée, par sa présence dans le parenchyme rénal,
améliore la formule sanguine par son action directe sur l'appétit du malade, transforme enfin le tonus général du sujet traité.
Na
Quelques définitions sommaires :
1°) Phosphoryle — reste phosphorique.
Acide phosphorique — PO HS.
L’acide phosphorique estérifiant une fonction alcool du ribodésose, perd de l’hydrogène et devient, selon sa position :
O=P—0O soit PO4 H2